Maps to the Stars

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De : David Cronenberg

Avec Julianne Moore, Mia Wasikowska, Olivia Williams, Sarah Gadon

Année: 2014

Pays: Etats-Unis, Canada, France, Allemagne

Genre: Drame

Résumé:

A Hollywood, la ville des rêves, se télescopent les étoiles : Benjie, 13 ans et déjà star; son père, Sanford Weiss, auteur à succès et coach des célébrités; sa cliente, la belle Havana Segrand, qu’il aide  à se réaliser en tant que femme et actrice.
La capitale du Cinéma promet aussi le bonheur sur pellicule et papier glacé à ceux qui tentent de rejoindre les étoiles: Agatha, une jeune fille devenue, à peine débarquée, l’assistante d’Havana et le séduisant chauffeur de limousine avec lequel elle se lie, Jerome Fontana, qui aspire à la célébrité.
Mais alors, pourquoi dit-on qu’Hollywood est la ville des vices et des névroses, des incestes et des jalousies ? La ville des rêves fait revivre les fantômes et promet surtout le déchainement des pulsions et l’odeur du sang.

Avis:

Sur la planète cinéma, il y a un réalisateur qui ne me laisse pas indifférent. Ce mec, c’est David Cronenberg. Son cinéma, c’est toujours une sacrée expérience et je n’arrive pas à lui trouver de juste milieu. Chez Cronenberg, c’est soit je déteste et je prends en horreur comme ce fut le cas avec « Cosmopolis« , « Scanners » ou « Spider » ou alors j’adore, je jubile et j’ai envie de hurler au génie (« EXistenZ« , « A History of Violence« , « Les Promesses de l’ombre » ou « A Dangerous Method« ).

À la découverte de la bande-annonce de Maps To The Stars, son nouveau film, de suite, elle m’a fait rêver, mais je suis resté sur mes gardes, car je dois avouer que « Cosmopolis » est l’une de mes plus infectes expériences cinématographiques, si bien que même si le film me plaisait beaucoup, j’attendais de voir et à la sortie de ma séance, il est clair que « Maps To The Stars » fait partie de cette catégorie de films qui me fascine chez Cronenberg et j’ai adoré ce cru 2014. Je peux même dire qu’il rentre dans mon top du réalisateur de suite !!!

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Hollywood, la Mecque du cinéma, cette ville surplombée de son nom, capable de créer ou détruire quelqu’un en très peu de temps. Dans cette ville de toutes les tentations, de toutes les luxures et toutes les démesures, David Cronenberg nous invente à suivre le destin de plusieurs personnages qui se fréquentent sans trop se fréquenter. Une actrice rêve d’un rôle tenu par sa mère. Un père de famille voit d’un mauvais œil le retour d’une fille dans sa vie. Un jeune acteur vedette d’une série se voit dériver. Un jeune qui se rêve comédien travaille comme chauffeur en attendant et une jeune fille revient à Hollywood pour tout recommencer. Tous ces personnages vont alors se croiser et se décroiser pour simplement raconter la face cachée, sombre et peu inavouable du rêve Hollywoodien…

Cynique, viscérale, opportuniste, vicieux, vulgaire, glauque, méchant et juste, David Cronenberg n’y va pas avec le dos de la cuillère et défonce Hollywood dans un film tout simplement extraordinaire et jubilatoire.

Le réalisateur a choisi cette fois comme toile de fond Hollywood et a décidé de nous monter cette face cachée qu’on devine, que les magazines à scandales laissent entrevoir de temps en temps, mais qui reste assez secrète.

« Maps To The Stars » est donc un film qui ne fait pas dans la dentelle, sorte de « Mulholland drive » Cronenbergien, j’ai trouvé ce film fascisant de son premier plan à son dernier et je ne l’ai pas vu passer. Après cette énorme déception qu’avait été pour moi « Cosmopolis« , je trouve que ce film fait encore plus de bien.

Le scénario est incroyable, tellement virulent et intelligent en même temps. Cronenberg parle d’Hollywood et nous révèle une bonne partie de cet univers sans langue de bois, sans tabou, sans démesure. Il dresse un portrait lourd et dur qu’on imagine parfaitement réel. Avec sa galerie de personnages aussi infects qu’attachants, on va suivre les destins croisés de chacun d’eux. « Maps To The Stars » est donc un film puzzle sur les dérives d’Hollywood.

Le film est très riche et le réalisateur aborde ici une multitude de thèmes avec tous ses personnages. Le réalisateur nous parle du regard des autres, de l’envie, de la solitude, des névroses, des égos de ces comédiens, les désillusions, des rêves inachevés, les enfants stars, le fait de vivre en dehors de la réalité, le sexe, l’apparence, c’est incroyable comme ce film est riche, le réalisateur traite tout de manière dure et sincère en même temps. Il sait de quoi il parle et à aucun moment, on ne doute de lui.

En y pensant « Maps To The Stars « , c’est un pour le « Freaks » des années 2010. Chaque personnage a un côté très sombre, très monstrueux, les portraits sont très bien écrits et pensés, bien loin d’être lisse, tout est nuancé et Cronenberg est capable de révéler ce côté monstrueux en une scène et changer la vision qu’on a d’un personnage comme un rien, c’en est même déconcertant et on se demande bien jusqu’où le film va bien pourvoir aller. Et « Maps To The Stars » va partir très loin, bien plus loin que ce que j’ai imaginé.

En plus de ça, David Cronenberg a réalisé un film fascinant à regarder. « Maps To The Stars » a de la classe. Les scènes sont belles et bien imaginées. J’ai adoré l’ambiance survoltée qu’il a, alors que le film reste assez lent. David Cronenberg filme aussi parfaitement Hollywood et en fait même un vrai personnage du film. Tour à tour belle ou plus sombre, elle en ressort très intense et elle vit à cent à l’heure.

Enfin, on ne peut pas parler de « Maps To The Stars » sans parler de Julianne Moore. Avant même de parler des autres comédiens qui sont tous impeccables, c’est bel et bien l’actrice qui reste sur nos lèvres. L’actrice trouve là son rôle le plus intense, le plus dur, le plus excentrique, le plus glauque, le plus sombre et elle est tout simplement grandiose. Je n’ai jamais vu Julianne Moore aussi naturelle, possédée et décomplexée et son prix à Cannes est amplement mérité. Elle est drôle, agaçante, et touchante. Le reste du casting est tout aussi Jubilatoire que le film lui-même. On pourra y croiser la jeune Mia Wasikowska, qui décidément a vraiment beaucoup de gout dans le choix de ses projets et est encore une fois très bien dans son rôle. Ensuite, il y a la belle révélation avec le très jeune Evan Bird qui joue un ado qui vit en dehors de la réalité. L’acteur est génial, très mature pour son jeune âge. Il campe un personnage insupportable que j’ai adoré détester. Je pense que c’est un bon nom à suivre, car il est bluffant et on devrait encore en entendre parler. John Cusack est très bien lui aussi dans un rôle qui le change. Robert Pattinson qui retrouve Cronenberg pour la deuxième fois est bon. Je trouve que l’acteur gère très bien l’après « Twilight« . On pourra retrouver aussi l’espace d’une scène la cultissime Carrie Fisher, ou Olivia Williams, Sarah Gadon, toute sont bien même si j’ai trouvé Olivia Williams un poil sous-exploitée.

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Bref, ce Cronenberg made in 2014 est tout simplement un film terrible. Un film qui remet un peu Hollywood à sa place, qui montre ce qu’on n’aime pas montrer, qui parle intelligemment d’un lieu qui fait rêver, mais qui en réalité brise la plupart des rêves qui viennent s’égarer sous ces grandes lettres si connues. Un monde emprisonné sans le savoir qui rêve de liberté.

« Maps To The Stars » est donc un très beau coup de cœur, c’est l’un de ces films qui ne vous laissera pas indifférent, qu’on aime ou pas et qui reste dans votre esprit après l’avoir vu. Depuis que je l’ai regardé, je n’ai que ce film en tête et je me laisserais bien tenter par une deuxième vision.

Note : 18/20

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Par Cinéted

Casey SlybackNote de Casey Slyback: 14/20

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