Speedway

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Résumé :

La planète A:xis a été choisie pour accueillir la première course de la saison de Formule A, la course automobile star du 27e siècle. Une course ultra dangereuse et exigeante, puisque se déroulant sur 40 jours et 40.000 kilomètres ! Deux problèmes se posent aux organisateurs et remettent en cause la course aux enjeux économiques énormes : pour commencer le champion en titre ne veut plus jouer les règles du jeu. Il a décidé de se prouver qu’il pouvait être le meilleur sans le dopage habituel dans sa discipline. ET deuxièmement, la planète ne semble pas être inhabitée, comme les lois l’exigent : un message vieux de plusieurs siècles, envoyé par une équipe d’explorateurs abandonnée, révèle au dernier moment l’existence d’une civilisation autochtone… Qui, des enjeux économiques ou du respect des lois et de l’éthique sportive, l’emportera ?

Avis :

La Science-Fiction est un domaine de prédilection dans la BD franco-belge. Les titres qui essayent de partir dans le cosmos pour fournir des scénarios intéressants sont nombreux et il en sort chaque semaine. Parmi les plus connus, on peut citer Golden City, Sillage, l’Incal, Sky-Doll ou encore Universal War One. Il faut dire que ce format est idéal, offrant un imaginaire sans limite aux dessinateurs et scénaristes. Et puis, c’est aussi un genre qui se vend très bien, il est donc logique de voir de nouvelles sorties. Speedway s’appuie sur un univers de science-fiction pour tisser une histoire autour du sport automobile, un peu comme Golden Cup. Série terminée en deux tomes, Speedway a l’avantage de présenter des dessins par le dessinateur d’Aquablue et le scénariste est un célèbre journaliste de sports automobiles. On peut donc espérer une histoire palpitante et presque trop pointue pour le novice. Mais de quoi en retourne-t-il vraiment ?

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Le scénario se passe dans un futur plus ou moins proche. Les formules 1 sont devenues des formules A et le championnat se déroule sur plusieurs planètes. Les véhicules vont vite et les circuits durent plus de 40 jours. Pour pouvoir tenir, les conducteurs prennent des pilules et des traitements qui améliorent leur état physique. Froilan est le tenant du titre mais il a décidé d’arrêter de prendre des pilules pour prouver que l’humain est capable de prouesses techniques sans dopage. Il et alors victime d’un attentat lors de son entrainement. Il s’en sort et va participer au championnat dont la première épreuve se déroule sur A :Xis, une planète récemment découverte. Seulement, quelques années auparavant, une équipe d’explorateurs avaient trouvé cette planète et ont découvert une entité extraterrestre qui peut s’avérer dangereuse.

Ce qui peut s’avérer comme une banale histoire de SF teintée de course automobile va en fait être une critique acide du système sportive ainsi que du dopage et autres manipulations et magouilles qui sévissent dans le sport de nos jours. On va bien que le scénariste s’appuie sur ce qu’il se passe aujourd’hui pour tisser sa toile narrative. Le fait de placer cela dans le futur signifie tout de même que le scénariste est relativement pessimiste concernant le dopage et surtout la main mise sur le sport de riches entrepreneurs qui finalement n’y connaissent rien. La fin est d’un grand cynisme, montrant que quoi que l’on fasse, rien ne change et que les petits seront toujours écrasés par ceux qui ont l’argent et le pouvoir. Cette partie est plutôt bien foutue et demeure intéressante. Malheureusement, la partie SF avec l’entité extraterrestre va s’avérer inutile et on a presque l’impression qu’elle n’est là que pour remplir des planches. Alors certes, il y a un lien ténu entre l’alien qui ressemble à un ange et l’histoire globale, mais il aurait pu ne pas être là que cela n’aurait pas dérangé. Du coup, les fans de SF pure auront surement la sensation de vide et d’arnaque, alors que le récit s’appuie plus sur la dénonciation de magouilles dans le sport.

D’un point de vue du dessin, Siro fait le job. Les personnages sont crédibles et on les différencie bien. Les émotions sont lisibles et on se rend vite compte de qui sont les méchants et qui sont les gentils, bien que tout n’est pas aussi manichéen. On restera par contre de marbre sur tout ce qui touche aux décors ou aux designs des véhicules. C’est relativement froid, avec des lignes droites et c’est assez simpliste. Néanmoins, cela reste assez cohérent avec l’univers et la froideur de certains personnages profondément détestables.

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Au final, Speedway n’est pas une série désagréable. Son côté critique du système sportif et de tous les abus que s’octroient les politiques et autres riches mécènes est bien fichu, mais il est entaché par un aspect SF trop lisse et trop vite expédié. Le froid ambiant est aussi assez rédhibitoire, puisque quasiment tout le monde est intéressé et prêt à tout pour sa réussite. Il n’en demeure pas moins que la fin est très nihiliste et pessimiste, montrant le peu d’espoir de changement dans le futur qu’entrevoit le scénariste.

Note : 12/20

Par AqME

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