septembre 28, 2020

La Nuit Déchirée

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Titre Original: Sleepwalkers

De : Mick Garris

Avec Brian Krause, Alice Krige, Mädchen Amick

Année : 1992

Pays : Etats-Unis

Genre : Fantastique

Résumé :

Une mère et son fils, survivants d’une race millénaire qui ne craint que les chats, s’installent dans une nouvelle communauté.

Avis :

Il est toujours très compliqué d’adapter des œuvres littéraires sur un écran. La preuve en a été faite plusieurs fois et je ne vais pas me faire chier à énumérer toutes les daubes qui sont sorties au cinéma à partir de livres vraiment fort, à part Je Suis une Légende qui est une insulte au livre de Richard Matheson. En fait, ce qui est difficile, c’est de retranscrire toute les informations d’un livre dans un format d’au moins 1h30, et bien souvent, les films sont beaucoup moins travaillés que les livres. Il y a tout de même un homme, un réalisateur, qui arrive à cerner toute la quintessence des livres de Stephen King. Il s’agit de Frank Darabont, qui a réalisé, entre autre, The Mist, Les Evadés ou encore La Ligne Verte. Le seul problème, c’est que ce La Nuit Déchirée (The Sleepwalkers en anglais) n’est pas réalisé par Darabont, mais par Mick Garris, le papa des Critters 1 et 2. Alors qu’est-ce que ça vaut au final ? Le film est-il efficace ? Les effets spéciaux tiennent-ils toujours la route ? Stephen King était-il inspiré ? Aiguisez vos griffes amis félins, ça va trancher !

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Un tire-bouchon ne sert pas qu’à tirer les bouchons, dans ce film, il peut aussi crever des yeux.

Le scénario est écrit par Stephen King, mais on ne le trouvera jamais dans un livre ou un recueil. Enfin, pour l’instant, car il s’agit d’une nouvelle que l’écrivain n’a jamais publiée. Mais que raconte donc cette histoire ? Avec la Nuit Déchirée, Stephen King part d’une légende, celle-là même qui aurait inspiré le mythe des vampires, où l’on croise une race millénaire de félinidés, qui, pour survivre et se sustenter doit aspirer la vitalité de jeunes vierges. C’est assez bizarre, car cette espèce, très peu connu, n’est ni extraterrestre, ni associé à des expériences interdites, mais ils semblent que comme les vampires, elles soient existantes dans notre monde. Le seul problème, c’est que ces espèces de chats géants à deux pattes possèdent des pouvoirs magiques, comme se rendre invisible ou changer de forme. Du coup, le film va nous raconter comment un jeune félinidé, se faisant passer pour le parfait beau gosse, va essayer de ramener une jeune vierge à sa mère qui meurt de faim. Histoire fort simple, qui reprend le mythe de la bête qui doit vivre cachée et mentir aux autres pour survivre, King n’hésite pas à aller vers le bien dérangeant, montrant des scènes de sexe entre fils et mère ou encore présentant des personnages qui adorent faire des frottages de pierres tombales. Non sans être extraordinaire, le scénario a le mérite d’explorer quelque chose de nouveau au niveau du bestiaire fantastique et il ne s’emballe pas de détails superflus. Alors on pourra peut-être reprocher certains personnages caricaturaux ou encore certaines scènes un peu débiles, mais l’histoire est assez original, dans le mythe traité tout du moins.

Le plus gros problème du film, c’est qu’il n’a pas l’envergure d’un film, mais plutôt d’un téléfilm. En effet, que ce soit dans la réalisation, dans les acteurs ou encore dans l’atmosphère qui se dégage de la pellicule, on ressent un faible budget et une durée faite pour tenir moins d’une heure trente. Malheureusement, ce n’est pas pour ça que le film sera plus dynamique. Volontairement gore dès le début, le film va subir une descente infernale vers un final assez banal et les quelques tentatives d’action ou de gore au milieu du métrage ne servent pas à grand-chose. C’est lent, les dialogues ne sont pas super intéressants et surtout, on oscille entre une ambiance horrifique et mystérieuse avec une ambiance potache et blagueuse du plus mauvais effet. Par exemple, on commence avec un plan sur des chats pendus et martyrisés, sur un fond sonore mélancolique et triste, ou encore on a les scènes efficaces entre le fils et sa mère, relation ambigu puisqu’ils couchent ensemble et tout cela donne un certain malaise, une certaine ambiance un peu morbide, et c’est bien. Mais, certaines scènes débiles viennent tout gâcher comme le merveilleux meurtre à l’épi de maïs avec la réplique : « Il faut toujours finir son maïs si on veut sortir de table » ou encore les monologues très expressifs entre le policier et son chat qu’il trimballe toujours dans sa voiture. Bref, Mick Garris ne sait pas sur quel pied danser et c’est assez déroutant pour le spectateur.

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Chalut, Chalope !

L’autre plus gros défaut du film, c’est résolument son casting. Alors ce n’est pas que les acteurs jouent mal leur rôle, mais plutôt un déséquilibre flagrant entre plusieurs acteurs. Ici, c’est Brian Krause qui tient le rôle titre et le rôle du méchant. Alors pour ceux qui ne sont pas très nom d’acteur, il s’agit de Léo dans la série Charmed. Sauf qu’ici, il est jeune et il a beaucoup de cheveux. Il joue son rôle de manière assez déséquilibré, car si au début il est assez bon, il perd complètement pied sur la fin, jouant vraiment très mal et n’étant ni inquiétant, ni crédible. Sa mère est jouée par Alice Krige, et il s’agit là d’une bonne actrice. Que ce soit son physique, à la fois attirant et froid ou son attitude, elle remplit parfaitement son rôle et demeure finalement, la grande méchante du métrage. L’héroïne est interprétée par la jolie Mädchen Amick, qui reste crédible, malgré son côté potiche et qui s’accroche à son rôle. Mais quand on y regarde de plus près, le pire du pire, c’est l’expérimenté Ron Perlman qui détient la palme du plus mauvais acteur, chose rare car il s’agit de mon acteur préféré, une vraie gueule du cinoche comme on en fait plus. Absolument pourri et en roue libre, on ne le voit que très peu, mais il demeure d’une nullité affligeante et ne fait que rendre le film plus médiocre. Une contre-performance donc. Par contre, on pourra applaudir les petites apparitions de plusieurs maîtres de l’horreur, comme Stephen King qui joue le gardien du cimetière ou encore John Landis, Tobe Hooper, Joe Dante et Mark Hamill.

Les effets gores qui parsèment le film sont assez sympathiques et demeurent finalement la chose la plus réussi du métrage. Alors il n’y en a pas des tonnes, mais ils sont assez efficaces et parfois drôles. Par exemple, lorsque le méchant arrache la main de son professeur reste un moment savoureux dans le métrage. Bien entendu, certaines scènes demeurent hautement improbables et c’est là que l’on voit que le film n’est pas abouti. Le meurtre avec l’épi de maïs planté dans le dos en est un exemple flagrant, montrant que le film n’a pas vraiment choisit sa voix. D’autres passages demeurent sympathiques, comme le flic qui se fait planter un crayon dans l’oreille ou encore lorsque le méchant en prend plein la gueule avec sa nana, dont un bon coup de tire-bouchon dans l’œil. Les effets spéciaux de transformation demeurent assez réussi, mais son très kitsch, surtout lorsqu’il y a un changement successif. Mais le pire, c’est lors de la transformation finale en homme-chat géant, ou le costume en plastique est assez risible. Bon, il faut dire aussi que l’on est en 1992 et que ce n’était pas encore ça au niveau effet numérique. La fin est assez décevante, car malgré son espèce de feu d’artifice, elle fait vraiment téléfilm et non pas film d’horreur tant on est dans la démesure. C’est d’autant plus dommage car il y avait un bon matériel de base pour faire quelque chose de sympathique, surtout avec des chats !

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Ta gueule, il y en a qui sont nés avec un bec de lièvre et moi, je suis né avec une gueule de chat, tu trouves ça drôle ?

Au final, La Nuit Déchirée est une semi déception car je savais à quoi m’attendre. Si le scénario ainsi que le bestiaire est très sympathique, le métrage pêche par un manque de rythme et surtout par un déséquilibre entre des acteurs mal dirigés et une ambiance qui ne trouve pas sa place. Oscillant entre humour et horreur, le film ne sait jamais quel chemin prendre et le spectateur non plus. Néanmoins, pour un film des années 90, il se laisse regarder sans trop de problèmes.

Note : 11/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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