Marilyn Manson – Holy Wood

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Avant d’écouter cet album, il est important de se remettre dans le contexte de l’époque. Nous sommes en 2000. L’année précédente, deux adolescents commettent un véritable massacre en tuant 13 personnes et en blessant des dizaines d’autres à l’école secondaire de Columbine. Après avoir conclu que ce tragique accident était dû à un excès de jeux vidéo et de films violents, un autre bruit se propage, celui que les tueurs furent inspirés par les textes haineux de Marilyn Manson. Celui-ci devient la bête noire de toute l’Amérique. Manson est blessé de tout ce qui se dit, et l’on sent dans cet album toute la tristesse, la rage et la colère qu’à l’antéchrist superstar pour ce pays.

D’entrée de jeu, on se rend compte qu’on ne va pas faire dans la dentelle. Ici, plus question du strass et des paillettes de Mechanicals Animals, son précédent opus. Non, retour dans la crasse, la violence et les textes ultra provocateurs. En effet, les thèmes principaux de cette galette sont Dieu, la mort, le culte des armes à feu ou encore les médias. Des thèmes chers à l’Amérique puritaine qui a chassé le Révérend.

Comme sur Antichrist Superstar, Holy Wood nous conte une histoire. Celle d’un habitant de la « vallée de la mort » se révoltant contre Holy Wood, endroit où vivent les « Beautiful People ». Les médias s’accaparent de cette histoire, détruisent son combat, ce qu’il n’accepte pas et fini par se suicider.

Dès le premier morceau, nous sommes plongés dans le bain : « Godeatgod » (jeu de mot avec l’expression « dog eat dog » qui signifie « loi du plus fort ») qui sonne comme une véritable lettre de menace à Dieu (Dead God if you were alive you know we’d kill you *1). Vient par la suite « The Love Song : Détrompez-vous, il ne s’agit pas d’une chanson d’amour mais bien d’une critique acerbe sur le lobby des armes à feu aux USA.

Voici le tour de « The Fight Song », un pur concentré de violence et de haine, qui appuie où ça fait mal. Ici, Manson règle ses comptes avec les associations religieuses qui se servent de l’accident de Columbine pour le faire tomber (And when we were good you just close your eyes, so when we are bad we’ll scar your mind*2 ). Il ne peut s’empêcher de leur lancer quelques piques (I’m not a slave to a god that doesn’t exist *3) et emprunte une parole de Staline (The Dead of One is a tragedy, but the dead of a million is just a statistic *4), directement dirigée vers les medias. Voici le tour de Disposable Teens, qui, ressemblent étrangement à « The Beautiful People » et qui est peut-être, la moins réussie de l’album.

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Plongeons nous maintenant dans mon morceau préféré de l’album, « Target Audience » qui critique les médias avides de scoop et sont prêt à tout dans leur course à l’audimat. Un thème qui reviendra dans le morceau « Lamb Of God » (If you die when there’s no one watching, Then your ratings drop and you’re forgotten. But if they kill you on the TV, You’re a martyr and a lamb of God. *5). Manson aime les références et c’est encore le cas sur le morceau « President Dead » car la chanson dure 3min13 : l’image 313 du film de Zapruder sur l’assassinat de Kennedy est l’instant où le président se prend la balle fatale (lien déjà établi dans l’album précédent du Révérend). «In the shadow of the valley of death », fait quant à lui référence au psaume 23 de la Bible.

Les deux morceaux suivants sont un peu moins éloquents (« Cruci-fiction in space »et « A Place In The Dirt ») bien qu’ils conservent le côté noir, sombre et triste de l’album. Place maintenant à une vraie bombe : « The Nobodies ». Sur ce morceau, Manson se veut le porte étendard de tous les « Nobodies ». La référence avec la tuerie de Columbine y est ici flagrante (We are the nobodies, wanna be somebodies. When we’re dead, they’ll know just who we are *6). Le titre fait également penser à une interview de Charles Manson qui, lorsqu’on lui demande « qui il est » il répondit « Nobody, I’m Nobody »

Place ensuite à deux morceaux bien plus entrainants : « Burning Flag » dont on sent bien l’anti américanisme rien que dans le titre et « Born Again ». Ces deux morceaux plus violents laissent place à « Coma Black », version triste de « Coma White » ; un morceau de son précédent album.

Les 3 derniers morceaux sont les moins biens réussis de l’album : « Valentine’s day » (que l’on retrouve dans la BO du slasher moyen Mortelle Saint Valentin) « King Kill 33° » et « The Fall Of Adam ». Le dernier morceau qui clôture cet album est « Count to Six and Die », le bruit d’un barillet de revolver accompagne la totalité de la chanson, lors d’un final de roulette russe dont on n’entendra pas la détonation finale.

En résumé, ce Holy Wood est pour moi le meilleur album de l’Antéchrist Superstar, à la fois sombre, violent, triste, cet album a grandement contribué à façonner la personne que je suis aujourd’hui, m’a permis de m’échapper des affres de l’adolescence, m’a appris ce qu’était le libre arbitre et à ne pas suivre le troupeau. Cet album est le dernier de sa discographie à avoir défrayé la chronique, Manson préférant depuis concentrer ses efforts sur des morceaux bien plus conventionnels, devenant maintenant un simple chanteur dark pour jeunes filles en manque de sensations fortes, alors qu’il était avant le porte-parole de millions de jeunes rebelles. Triste fin.

*1 Cher Dieu, sais-tu que si tu étais vivant nous te tuerions

*2 Quand j’étais bon vous avez juste fermé les yeux comme ça quand je serai mauvais, je marquerai vos esprits

*3 Je ne suis pas l’esclave d’un dieu qui n’existe pas

*4 La mort d’un homme est une tragédie, mais la mort d’un million de personne est juste une statistique

*5 Si tu meurs quand personne ne te regarde, ton indice d’écoute chute et tu es oublié; mais s’ils te tuent en direct à la télé, tu es un martyre et un agneau de Dieu

*6 Nous ne sommes personne, voulant être quelqu’un, quand nous serons morts, ils sauront qui nous sommes

           

  1. Godeatgod
  2. The Love Song
  3. The Fight Song
  4. Disposable Teens
  5. Target Audience (Narcissus Narcosis)
  6. “President Dead”
  7. In the shadow of the valley of death
  8. Cruci-fiction in space
  9. A place in the dirt
  10. The Nobodies
  11. The Dead Song
  12. Lamb Of God
  13. Born Again
  14. Burning Flag
  15. Coma Black
  16. Valentine’s Day
  17. The Fall Of Adam
  18. King Kill 33°
  19. Count to six and die (The vacuum of infinite space emcompassing)

Note: 19/20

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Par Trasher

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