septembre 28, 2020

La Horde

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De : Yannick Dahan et Benjamin Rocher

Avec Claude Perrin, Jean-Pierre Martins, Eriq Ebouaney

Année : 2009

Pays : France

Genre : Horreur

Résumé :

Au Nord de Paris. Décidé à venger la mort d’un des leurs, un groupe de policiers prend d’assaut une tour HLM, dans laquelle s’est barricadée une bande de gangsters, et se retrouve sans le savoir confronté à une horde de zombies. Flics et malfrats n’auront d’autre solution qu’unir leurs forces pour venir à bout de ces êtres terrifiants…

Avis :

S’il y a bien un thème qui demeure bouché dans le cinéma d’horreur, c’est bien e film de zombies. Vu et revu sous toutes les coutures et depuis un bon moment déjà, le zombie a souffert aussi bien qu’il n’a profité de bons films. Si certaines bouses se sont glissées parmi nos Direct to video, comme Automaton Transfusion ou encore les Resident Evil, il y a certains films qui demeurent et demeureront des chefs d’œuvre, tels que Zombies, L’Armée des morts ou encore 28 jours plus tard. Bien souvent, il s’agit de films américains avec ce bon vieux George Romero, parfois britanniques et de temps en temps italiens, mais rarement français. C’est alors que sort La Horde, film de zombies français, visuellement réussi mais souffrant d’un scénario un poil poussif. Essayant de faire la différence entre le bien et le mal et la fine ligne qui sépare ces deux camps, le film de Dahan et Rocher va se porter sur des points que l’on a déjà vus mais avec une ambiance particulière et des personnages hauts en couleurs. Partisans d’un cinéma français ayant une grosse paire de couilles, les deux garçons vont se mettre à fond dans leur aventure et proposer un film de zombies badass, souvent vulgaire mais dont l’action ne dépérira jamais. Alors entrons dans cet HLM et voyons un peu la population locale.

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Pourquoi c’est toujours moi qui prend cher ?

Si le scénario peut sembler idiot, il essaye néanmoins de pointer du doigt un problème de différenciation et surtout il montre que flics ou voyous, la frontière est mince lorsqu’il s’agit de vengeance ou de « famille », dans le sens collègues. Alors on pourrait reprocher le côté simpliste et clichés, avec des noirs et des gitans en gangster, et de jolis blancs en flics revanchards, mais tout n’est pas si tranché. En effet, que ce soit dans les dialogues ou dans les attitudes, les deux parties se ressemblent et cela démontre que malgré nos guerres, nos combats, ou encore nos rivalités, nous sommes tous pareils. Alors évidemment, tout cela passe au second plan, mais ce moment est vraiment fort dans l’appartement du vieux et quand ce dernier explique aux autres pourquoi il reste dans ce quartier. Alors l’histoire de zombie n’est ici qu’un prétexte pour faire avancer nos personnages vers une alliance improbable et forcée, mais qu’y-a-t-il de mieux qu’une horde de morts-vivants affamés pour faire cause commune ? C’est donc en s’infiltrant dans un HLM pour buter une bande de gangster qui a tué un flic, qu’une bande de quatre policiers entrent en cachette et se font lamentablement prendre en otage. Sauf qu’au moment fatal, un zombie entre dans la pièce et s’attaque aux gangsters. Cela peut paraître très con et très binaire, mais faire du philosophique avec des zombies, il faut être sacrément fort sinon ça devient très vite chiant à mourir.

Voulant mettre un coup de pied au cul au cinéma français, les deux réalisateurs n’ont pas hésité un seul instant pour proposer quelque chose de violent, vulgaire et véritablement badass. S’abrogeant ainsi des vacuités françaises et des inepties dramaturgiques de ce cinéma latent, on va avoir droit à du sang, de la chair, de l’action et une grosse dose de dialogues aussi vulgaires que grammaticalement pauvres. Mais le pire dans tout ça, c’est que l’on s’en fout, car le film se veut décomplexé et profondément tourné vers une action non-stop. Et ça marche ! Si certains vieux cons vous diront que c’est nul, et à quelque part, ils n’ont pas forcément tort, on prend tout de même un pied terrible devant tant de bonnes volontés françaises. Evoluant dans un univers bien sale et délabré, on ne se sent déjà pas tellement en sécurité dans ce pauvre immeuble, mais avec une horde de zombies, le tout devient carrément terrifiant pour un peu que l’on y rentre dedans. Alors l’ambiance environnante n’est pas ce qu’il y a de plus travaillé dans ce métrage, mais on ressent tout de même cette promiscuité et cette insalubrité qui règnent dans certains bâtiments. On ressent aussi un certain étouffement, notamment dans les déplacements, puisque tout cela est étroit et mal entretenu. Enfin, certaines séquences dédramatisent tout ça, mettant en avant un humour potache, mais qui rentre bien dans le film.

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Moyen-Orient : depuis que la branlette est interdite, les hommes se battent pour se faire trancher la main et ne plus être tenté.

Quand on fait un premier film, et que notre seul bagage est un court-métrage, il est parfois difficile de trouver des acteurs voulant prendre le risque de tourner pour vous. Surtout si le film est un film français de zombies avec d sang et des tripes dedans. Et pourtant, dans celui-ci, le casting est assez bon, proposant certains clichés mais aussi quelques personnages assez savoureux. Parmi les personnages emblématiques, on retrouve Claude Perron, incarnant la seule femme du film et il s’agit là du personnage le plus fort. Jouant à merveille un personnage torturé et qui vrille définitivement dans une espèce de folie, elle en devient insupportable et possède le titre du protagoniste que l’on aime détester. A ses côté, on a Jean-Pierre Martins, le chanteur de Silmarils, qui joue le flic au grand cœur et qui demeure le personnage le plus emblématique. Profondément sérieux et dévoué, il incarne le juste du film et il le fait très bien. Crédible et prêt à tout pour sauver ceux qu’il aime, il incarne le personnage le plus aimé du métrage. Eriq Bouaney, déjà vu dans des films comme 600 kilos d’or pur, incarne avec justesse le chef des gangsters et s’il parait pénible au départ, il demeure crédible et l’évolution de son personnage est la plus grande. On notera aussi les prestations de Jo Prestia en gitan ultra violent et Yves Pignot en vieux de la vieille au franc-parler très drôle et surtout détenteur de la clé de l’histoire sur le pourquoi certaines personnes préfèrent rester dans les HLM qui craignent.

Au niveau du gore, voulant s’affranchir d’un cinéma français en dormance, les deux réalisateurs vont se faire plaisir et proposer quelque chose qui n’est pas outrancier mais qui est pas mal tout de même. Si tripes, boyaux et autres organes semblent absents du film, il n’en est pas de même pour certains passages bien dégueulasses comme le mec qui se fait exploser la tête à coup de chevrotine ou encore le sympathique fracassage de figure contre un pilier en béton, scène efficace, bien fichue et assez dérangeante. Le seul gros point noir concernant les effets gores, c’est le sang. En effet, si les effets sur la bouche, les blessures ou les vêtements sont assez classique, entendez par là du sirop de framboise à foison, il n’en est pas de même avec le sang qui gicle notamment lors des scènes de grand massacre, car on aura droit à des images de synthèse et un faux sang vraiment terrible. Il est vrai que son utilisation reste restreinte eu que l’on ne verra cela qu’à deux reprises, mais c’est assez dommage, surtout pour moi qui aime les effets old school. Certaines scènes sont de même assez jouissives, comme le coup de la mitraillette dans le couloir ou encore le sacrifice du héros sur le toit d’une bagnole, déchiquetant des mains à grands coups de machette. La fin reste assez décevante, même si elle correspond à l’évolution presque logique d’un des personnages.

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Chiens pas bons, nous vouloir humains maintenant !

Au final, La Horde est un film sympathique qui change des métrages actuels français. Profondément bête et méchant, il assume un cinéma badass et qui envoie du bois dans le massacre de zombies. Vulgaire et parfois idiot, le film peut avoir ses détracteurs, mais il en résulte un défouloir jubilatoire, parfois drôle et parfois sale qui s’assume complètement. Les acteurs sont convaincants, la réalisation est propre et surtout les effets gores sont assez réussis. Un divertissement chaud bouillant bien loin de la comédie grasse.

Note : 14/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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