décembre 2, 2020

Gotham Central

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De : Ed Brubaker, Greg Rucka et Michael Lark

Editeur : Urban Comics

Genre : Polar, Super-Héros

Résumé :

La vie de flic n’est pas simple à Gotham City. Protégée par un justicier taciturne, elle est la cible des pires criminels qui soient. C’est ce que vont apprendre à leurs dépends l’inspecteur Marcus Driver lorsque son partenaire est abattu par Mr Freeze, ou Renée Montoya lorsque son homosexualité est révélée au grand jour.

Avis :

Quand on évoque la ville de Gotham City, le premier mot qui vient en tête est Batman. Détective à ses débuts, le Dark Knight est devenu une référence en matière de super-héros au fur et à mesure des années et il parvenu à une vraie image iconique. De plus en plus sombre, violent, il se démarque des autres super-héros par un aspect très torturé psychologiquement, sans pour autant tomber dans la folie. Mais Gotham City n’est pas que le Batman. En effet, bien que le nom soit dissimulé, cette ville n’est autre que New-York et avec le nom de cette ville, on tombe de suite sur la légendaire police de New-York. Parce que derrière le justicier, il y a le commissaire Gordon et toute une pléiade de policiers. Gotham Central se focalise quasi uniquement sur ces hommes et femmes qui aident le Batman et qui dans un sens le détestent. Effet de style difficile tant on sait que les fans de l’homme chauve-souris aiment voir Bruce Wayne à l’œuvre. Alors que vaut vraiment ce premier tome d’une quadrilogie.

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Le premier tome se découpe en trois affaires. Parmi les trois affaires, la première est liée à la deuxième, alors que la troisième forme une enquête complète. Le premier constat que l’on voit, c’est que Batman est absent dès le départ, et ce sera le cas pour quasiment tout le comics. En effet, il n’apparait que dans une dizaine de case et ne sera qu’une ombre planant au-dessus de Gotham et aidant de temps à autre la police. Exercice risqué et complexe pour les deux scénaristes, et pourtant ils arrivent avec brio à faire du polar dans l’univers du Dark Knight sans pour autant le mettre en avant. Ici, on s’intéresse davantage aux policiers, inspecteurs menant des enquêtes qui aboutissent généralement sur un grand méchant (Freeze et Double-Face). Ce qui pourrait être un pamphlet pour montrer l’héroïsme de la police de Gotham et en projection celle de New-York, n’est en fait que des histoires d’hommes, à hauteur d’hommes, avec des conflits, des amours, des alliances.

Les deux scénaristes en profitent aussi pour montrer le côté négatif du Batman. S’il aide volontairement la police et que cette dernière pourrait lui en être reconnaissante, on peut voir que les réussites du Batman plombent le moral des policiers, se voyant comme inutile. Cette vision des choses, loin de la noirceur du héros et de son héroïsme, est très intéressante et montre que chaque acte a une conséquence. D’autant plus que les relations entre les policiers sont excellentes et que l’on ressent vraiment une ambiance lourde et sombre. On regrettera seulement le nombre trop important de policiers et de partenaires, rendant parfois la compréhension difficile. D’ailleurs, dès la page d’introduction, on voit tous les personnages et il est impossible de tous les mémoriser. Il n’en reste pas moins que les histoires sont focalisées sur seulement trois ou quatre policiers et ces personnages-là possèdent un fort charisme, à l’image de Renée Montoya qui occupe toute la dernière enquête.

Les dessins de Michael Lark collent parfaitement à l’ambiance voulue. Le rendu est sombre, avec des contours noirs épaissis renforçant le côté lugubre. D’autant plus que la plupart des actions se déroulent la nuit ou sous une pluie battante, ce qui donne un vrai sentiment glauque. Certains personnages bénéficient d’un traitement de faveur, comme Renée Montoya, qui a une forte personnalité (et dont le segment est très puissant d’un point de vue psychologique) ou encore son partenaire, un black au franc parler qui n’est pas sans rappeler Samuel L. Jackson. Bien entendu les méchants sont présents comme Freeze, d’une grande violence, Double-Face, complètement fou mais diablement intelligent pour détruire une personne et Firebug, qui reste mystérieux. On pourra cependant regretter certaines planches pas assez précises, notamment dans les décors, ou encore des visages parfois similaires et pas assez décris, manquant un peu de finesse.

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Au final, Gotham Central est un exercice relevé avec brio et possède des scénarios brillants. Si le personnage du Batman est très peu présent, on l’oublie presque au profit des policiers, les vrais héros de ce comics. A la fois sombre et nihiliste pour la police de Gotham, qui visiblement a bien du mal à résoudre des affaires sans Batman, on est face à un comics d’une grande qualité d’écriture et au design sombre et en adéquation avec l’univers du Batman. Un indispensable de la collection, à ranger à côté de Un Long Halloween ou Amère Victoire assurément !

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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