octobre 28, 2020

Invasion Los Angeles

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Titre Original: They Live

De : John Carpenter

Avec Roddy Piper, Keith David, Meg Foster

Année: 1988

Pays : Etats-Unis

Genre : Science-Fiction

Résumé:

Errant dans Los Angeles à la recherche d’un travail, John Nada, ouvrier au chômage, découvre un étonnant trafic de lunettes. Une fois posées sur le nez, elles permettent de détecter d’épouvantables extraterrestres décidés à prendre le contrôle de la planète.

 

Avis :

Quand Carpenter ne s’attaque pas à l’horreur, il fait des films fantastiques et des films de science-fiction. Avec Invasion Los Angeles (They Live pour le titre original), il va s’adonner à ses thèmes favoris sous couvert d’une invasion extraterrestre. Sauf que nous sommes à des millions d’années lumières d’un film comme La Guerre des Mondes, et que plutôt que de montrer des attaques incessantes de machines destructrices, Carpenter va montrer une invasion plus insidieuse, plus maline et surtout, il va réussir le tour de force de faire croire que les extraterrestres sont déjà parmi nous. Bien évidemment, de nos jours, on a déjà vu cela, je pense à The Arrival par exemple, mais quand Carpenter s’attaque à un métrage, il faut faire attention à tout ce qui entoure le film, car il y a des messages cachés et des thèmes cher au cœur de Big John. Alors que vaut ce Invasion Los Angeles ? Est-ce un bon Carpenter, comme The Thing, traitant aussi d’extraterrestre ? Mettons nos lunettes de soleil et observons ce film intelligent et en avance sur son temps.

Comme on le sait, Carpenter possède des scénarios toujours intéressants, et très souvent en avance sur son temps. Invasion Los Angeles ne fait pas exception à la règle, car il possède une histoire prenante et vraiment très intelligente. En gros, on va suivre un marginal qui recherche du travail. Il va se faire un ami qui l’amène dans une sorte de bidonville où tous les gens s’entraident. Il découvre alors un trafic de lunettes de soleil dans l’église du coin. Après une destruction très violente du bidonville par les forces de l’ordre et un incendie de l’église, notre héros va récupérer un carton de lunettes et en chausser une. Il découvre alors un autre monde, où certaines personnes sont des extraterrestres et les slogans publicitaires sont en fait des ordres déguisés. Il va rejoindre un groupuscule qui souhaite contrer cette invasion et surtout détruire l’émetteur qui leur permet de se camoufler. Dans ce sens, Carpenter donne un nouveau sens à l’invasion alien avec des méchants déjà présents dans la ville et contrôlant la plupart des postes importants comme la police, le gouvernement ou les chaines télévisées. De plus, cela lui permet de mettre en images ses thèmes favoris qui sont la marginalité, l’oppression des plus faibles par les plus forts, et le combat  de la minorité contre la masse. Il critique aussi de manière très acide les publicités et les magazines, leur donnant un nouveau sens, qui n’est autre que le mot maquillé. Par exemple, sur une pub pour les îles caraïbes, on peut voir avec les lunettes le mot Obéis, ou encore sur des magazines, on peut lire les mots Achète. Montrant de façon assez brutale les vraies intentions des extraterrestres, qui sont finalement très proche des publicitaires d’aujourd’hui, il envoie en pleine face de ces gens, ce qu’il pense vraiment et leurs véritables intentions. Mais ce n’est pas les seules critiques qu’il envoie. Il dénonce aussi un système politique vérolé et une police abusant de son pouvoir autoritaire. Profondément intelligent et encore d’actualité plus de 20 ans après, on peut dire que le film tient toutes ses promesses, malgré un côté fin année 80 très prononcé.

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Pour une fois que c’est le blanc qui en a une plus grosse que le black !

Il y a un fait assez rare dans ce film, car aucun des deux acteurs fétiches du réalisateur ne sont présents. En effet, point de Jamie Lee Curtis ni de Kurt Russell. Pour jouer le rôle-titre du vagabond, on aura droit à Roddy Piper, un colosse venant du catch et qui arrivait sur le ring avec un kilt et une cornemuse. Dès le début du film, on a du mal à croire en sa performance, car il arbore fièrement un torse velu et une coiffure digne de Jean-Pierre François dans Je te survivrai. Mais rapidement, il va prendre de l’assurance et prendre son rôle très à cœur. Du coup, il devient très vite attachant, en plus d’être drôle et d’voir une bonne gueule. Jouant en plus relativement bien, il a tout du héros nounours qui défouraille tout ce qui a autour de lui. Pour l’épauler, on a droit à Keith David, dans le rôle du black de service et lui aussi est très convaincant dans ce rôle. Jouant les gros bras et les gros lourd, il forme avec Roddy Piper un duo de choc très sympathique. Du côté féminin, on a l’énigmatique Meg Foster, avec ses magnifiques yeux bleus, jouant un double-jeu et devenant très énervante, surtout que notre héros se fait toujours prendre pour un pigeon. Les seconds couteaux sont toujours au top et Carpenter présente des personnages toujours à la marge, mais fortement ancrés dans la réalité. Au niveau des effets spéciaux, on pourrait rire de la gueule des extraterrestres, car avec leurs yeux vitreux en forme de balle de ping-pong, leur peau clairsemée virant vers le bleu et leur dentier apparent, ils font plus rire que peur. Cela dit, les effets spéciaux sont bons, même pour aujourd’hui, et les contrastes entre vision sans lunettes et vision avec et un modèle à reproduire. Quelques scènes valent le coup d’œil, comme la découverte avec les lunettes ou encore l’attaque de la station télévisée. La fin demeure intéressante et parfois très drôle.

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Comme ça, les messages publicitaires sont plus clairs !

Au final, Invasion Los Angeles est une réelle réussite, un film avant-gardiste qui tient toutes ses promesses et qui se révèle être très intelligent. Nous montrant tous ses thèmes le splus chères, Carpenter défie l’autorité et prône la libre pensée au travers une invasion insidieuse mais tellement vrai. Si les extraterrestres ne sont pas encore là, les politiques et les publicitaires sont bien présents et j’aime cette façon de penser. Bref un film à voir de toute urgence, tant il n’est pas démodé et reste d’actualité !

Note : 16/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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