décembre 2, 2020

24 Jours, la Vérité sur l’Affaire Ilan Halimi

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De : Alexandre Arcady

Avec Zabou Breitman, Pascal Elbé, Jacques Gamblin, Sylvie Testud

Année : 2013

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

Elle est entrée dans une boutique de téléphonie sur le boulevard Voltaire. Elle a fait mine de s’intéresser aux nouveaux portables, a obtenu le numéro du vendeur et s’en est allée. Elle l’a rappelé dès le lendemain, lui a dit qu’elle voulait le revoir. Ilan ne s’est pas méfié. Il avait vingt-trois ans, la vie devant lui…
Comment pouvait-il se douter qu’en rejoignant cette jolie fille dans un café de la porte d’Orléans, il avait rendez-vous avec la mort ?
Le vendredi 20 janvier 2006, Ilan Halimi, choisi par le gang des Barbares parce qu’il était juif, est enlevé et conduit dans un  appartement de Bagneux. Il y sera séquestré et torturé pendant trois semaines avant d’être jeté dans un bois par ses bourreaux. Retrouvé gisant nu le long d’une voie de chemin de fer à Sainte-Geneviève-des-Bois, il ne survivra pas à son calvaire.
Dans ce film, Ruth Halimi revient sur ces 24 jours de cauchemar. 24 jours au cours desquels elle aura reçu, elle et son mari, Didier, plus de six cents appels, des demandes de rançon dont le montant ne cessera de changer, des insultes, des menaces, des photos de son fils supplicié…  24 jours d’angoisse de toute une famille, contrainte de garder le silence pour laisser travailler la police criminelle.
Mais le 36 Quai des Orfèvres ne sait pas à quels individus il a affaire. Personne ne mesure la haine antisémite qui habite les ravisseurs, et ne s’imagine qu’Ilan allait perdre la vie…

Avis :

Février 2006, le corps d’un jeune homme est retrouvé agonisant. Ce jeune, c’est Ilan Halimi, un jeune enlevé et séquestré depuis presque un mois. L’affaire va secouer la France et le gang des Barbares, va faire couler énormément d’encre.

Sept ans plus tard, le très bon Alexandre Arcady décide de rendre hommage à la famille Halimi en adaptant leur histoire au cinéma et le résultat est un film dur et sans concession, un film qui m’a profondément bouleversé de par mon impuissance face aux événements.

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21 Janvier 2006, Ilan Halimi sort pour prendre un verre avec une jeune femme rencontrée plus tôt dans la journée. Lorsqu’il s’en va de chez lui, personne ne se doute qu’il va droit vers un piège.

Le lendemain matin, sa famille reçoit un e-mail, Ilan a été enlevé et ses ravisseurs demandent quatre-cents cinquante mille Euros sinon ils le tueront. Commence alors vingt-quatre jours de calvaire pour libérer Ilan des mains de ses kidnappeurs. Vingt-quatre jours d’une enquête menée en toute discrétion, vingt-quatre jours d’angoisse et d’espoir pour peut-être revoir ce fils.

Je me souviens très bien de ce fait divers. À l’époque, ce fait divers m’avait déjà bouleversé et le voir transposé à l’écran par ce très bon réalisateur qu’est Alexandre Arcady était plus qu’alléchant.

À la découverte de la bande-annonce le film s’annonçait éprouvant et il va l’être. C’est de façon très simple qu’Alexandre Arcady a choisi de nous raconter cette histoire. Il s’appuie sur des faits et axe beaucoup son film sur les discussions téléphoniques du père au ravisseur et l’enquête que fait la police pour retrouver en vain le jeune homme.

Le film est étouffant, Arcady nous livrant un drame dur, fort et très pudique en même temps. Sa façon de procéder est très simple, le film apparaît presque comme un documentaire de cet enlèvement. Chaque petit détail est important, est bien construit, et l’on sent que derrière il y a un gros travail de recherche pour nous donner le maximum de faits et de vérités.

La tension ne retombe jamais, le film oscille entre drame personnel et thriller. Il y a peu d’action, mais pourtant, on ne s’ennuie pas une minute. Arcady a fait un film très réaliste aussi, avec plusieurs scènes très difficiles, aussi bien dans le visuel que dans la psychologie. C’est un film devant lequel je me suis insurgé, il m’a énervé. C’est un film que j’ai vécu et malheureusement que j’ai profondément aimé (oui, je dis malheureusement, car si ce drame n’avait pas eu lieu, le film n’existerait pas).

Le réalisateur nous place au plus près de la famille Halimi. Le film est aussi captivant qu’il est tragique. C’est un film qui m’a profondément touché et bouleversé, car je trouve qu’on est totalement impuissant face à ce qui va arriver.

Bien sûr, on espère, un peu comme la famille, il y a même un certain suspens qui s’installe, mais en vain, on sait la fin, on sait ce qui va arriver et quoi que la police ou bien la famille puissent faire, rien ne changera ça. Ce qui donne un côté un peu agaçant au film, mais il reste très bon.

Il n’y a vraiment qu’un moment qui m’a un peu dérangé. C’est au moment de l’enlèvement, je trouve que les scènes de tristesse, de choc et d’horreur, quand la famille découvre ce qui se passe, sont un peu caricaturales, avec de profonds hurlements, des cris atroces à n’en plus finir et c’est un peu dommage, car tout le film évite assez bien les caricatures. Mais bon là, je chipote un peu.

Pour ce film Arcady a fait appel à un casting des plus alléchants. Chaque acteur est bien à sa place, il est bien dirigé et chacun va contribuer à cet hommage. Le film est principalement tenu par un Pascal Elbé très émouvant, un Jacques Gamblin excellent et une Sylvie Testud assez surprenante dans le rôle d’une psychologue de la police.

Zabou Breitman est vraiment bouleversante. L’actrice est habitée par son personnage et elle trouve là l’un de ces meilleurs et plus beaux rôles malheureusement. Tony Harrisson, qui a la très dure tache d’incarner Youssouf Fofana est tout simplement parfait. Il est parfaitement détestable, il fait presque flipper et il ne tombe pas dans la caricature du délinquant de base. Et puis il y a Syrus Shahidi, qui joue Ilan, malgré lui aussi, peu de présence à l’écran, le comédien devrait vous bouleverser.

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En fait, chaque acteur est tellement bien à sa place qu’ils font tout le film et l’on ne peut enlever personne. Un casting sacrément bien réussi.

C’est donc un très beau film qu’a réalisé Alexandre Arcady. Un film simple dans son déroulement, simple dans sa façon de nous peindre ces vingt-quatre jours de terreur.

C’est un film qui m’a touché, ému, qui m’a révolté et auquel je n’arrête pas de repenser depuis que je l’ai vu.

Enfin, c’est un film qu’il serait vraiment dommage de louper quand il va sortir dans nos salles obscures.

Note : 17/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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