septembre 24, 2020

Skrillex – Recess

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Avis :

Fer de lance d’un nouveau style électronique, le dubstep, qui se base sur des distorsions de sonorités et une rythmique rapide, Skrillex s’est imposé comme une référence dans ce genre. En seulement trois ans, il est rapidement devenu le phénomène à suivre dans la musique électro. Sous ses airs de gnome gothique sous acides, le petit gars a montré qu’il avait un sacré talent pour faire bouger les têtes et déchainer les foules. Seulement, et malgré un travail avec des artistes aussi variés que Avicii ou Korn, le DJ n’avait jamais sorti d’album complet, simplement des EP et quelques partenariats. C’est en mars 2014 que le bougre décide de s’y mettre en proposant Recess, un album qui comprend 11 titres, dans un style bien précis. Et c’est quand on écoute un album complet que l’on peut mesurer les qualités artistiques d’un artiste. Outre des prestations scéniques impressionnantes, le petit DJ a-t-il la carrure pour faire un album complet ? Son style peut-il tenir la distance sur plus de quarante minutes ? La réponse va être dure, mais autant la dire tout de suite : non ! Si le skeud n’est pas mauvais dans sa globalité, il aura du mal à retenir l’attention sur la longueur et plusieurs pistes ne semblent pas du tout innovantes. Retour mitigé sur un premier album.

Le skeud commence avec un titre qui mélange Ragga et Dubstep dans une osmose toute relative, même si finalement le tout fonctionne agréablement. Il ne faudra pas chercher de finesse là-dedans, Skrillex fait ce qu’il sait faire et propose des sons avec de nombreuses ruptures et distorsions, avec un rythme finalement assez lent. Bref, All is Fair in Love and Brostep demeure sympathique et on ne sera pas surpris. C’est à partir du deuxième morceau que l’on se demandera ce qu’il se passe. Il faut dire que faire un duo avec Big Ali, c’est vraiment le syndrome de la beauferie par excellence. Reprendre un vieux titre house pour en faire quelque chose de plus Dubstep ne suffit pas à sauver le désastre auditif avec forces redondances. On peut dire que Recess est une grosse déception. Stranger essaye de faire plus original que les deux titres précédents, avec une ouverture calme qui dure une bonne minute, pour partir ensuite vers des distorsions dont seul Skrillex a le secret. C’est sympa, mais encore une fois, c’est hyper répétitif et n’apporte finalement pas grand-chose au genre électro. Try it Out sera plus dans la veine de ce à quoi le DJ nous avait habitués. C’et pêchu, blindé de distorsions et de sons qui partent dans tous les sens et le tout reste finalement assez cohérent. Par contre, on tirera pus volontiers la gueule sur Coast is Clear, mélange de rap US sur fond de musique électro rapide mais sans saveur. Les paroles sont super vulgaires dans un style qui se veut cool et lounge, avec trompettes et autres cuivres. Le chanteur chante faux et c’est relativement pénible à écouter.

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Heureusement que ce très mauvais morceau est compensé par Dirty Vibe, un titre qui est un vrai morceau de Dubstep, un savant mélange de rap, électro et hardcore. Le titre est savoureux par sa vitesse et rappelle les vieux morceaux de Hardcore que l’on a tous écouté lors de parties de laser game. Ragga Bomb n’est pas désagréable, d’autant plus que le mélange des deux genres (Ragga et Dubstep pour ceux qui n’ont pas suivi) n’est pas dégueulasse, mais il s’agit-là d’un titre que l’on a l’impression d’avoir déjà entendu au sein du même album et c’est un peu dérangeant. Il faut aussi accrocher au ragga, ce qui n’est pas une mince affaire, surtout quand on voit la pauvreté de ce genre. Doompy Poomp est l’ovni de l’album. Mou, bizarre, sans réel rythme, le morceau interpelle par la vacuité d’un genre qui risque fort de s’épuiser sans featuring adéquate. Il s’agit d’une pièce qui n’est ni agréable, ni entrainante et qui ne trouve sa place dans aucun endroit pour l’écouter ce qui est dommage. Un titre bouche-trou en somme. Fuck That ne sera guère mieux malgré la légère différence de Dub dans un style plus posé et plus hachuré. On reste dans quelque chose d’assez nébuleux et qui ne possède pas d’univers particulier alors que c’était l’adage des précédents titres (en dehors de cet album). Ease my Mind, qui dépasse les cinq minutes, est un titre plus commun dans le sens où on a une chanteuse qui pose sa voix avant que tout cela parte en vrille. Le titre reste tout de même sympathique, plus mélodique que tout le reste de l’album et on a tout de même la présence de Dub, notamment lors du refrain, avec des essences arabisantes qui sont plutôt sympathiques. Un bon morceau, original et agréable. Fire Away clôt l’album et c’est le morceau le plus planant de tout le skeud. Aérien, on est loin de ce que propose le DJ. Néanmoins, cela reste chiant et franchement pas entrainant ou même joli, ce qui en fait un morceau fast-food, sur lequel on ne s’attardera pas.

Au final, Recess, le premier album de Skrillex est une amère déception. Si certains titres valent le coup parce qu’ils sont originaux, entrainants ou bien intéressants, certaines pistes sont carrément dégueulasses et lassent très vite. Un essai manqué pour le DJ roi du Dubstep que l’on préférera dans des featuring ou dans un univers bien particulier comme il l’a fait dans ces précédents clips.

  1. All is Fair in Love and Brostep
  2. Recess
  3. Stranger
  4. Try it Out
  5. Coast is Clear
  6. Dirty Vibe
  7. Ragga Bomb
  8. Doompy Poomp
  9. Fuck That
  10. Ease my Mind
  11. Fire Away

Note: 08/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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