octobre 27, 2020

Hostel 3

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De: Scott Spiegel

Avec Kip Pardue, Brian Hallisay, Thomas Kretschmann

Année: 2011

Pays: Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé:

A Las Vegas, pendant un enterrement de vie de garçon, quatre amis sont entraînés par deux femmes sexy qui les invitent à les rejoindre dans une soirée privée. Une fois sur place, ils sont horrifiés de constater qu’ils sont pris au piège au cœur d’un jeu de torture macabre des plus sadiques.

Avis :

Et ça continue, en gore et en gore, c’est pas le début, d’accord, d’accord. Cela pourrait être le refrain du générique de Hostel 3, le nouveau et dernier (je l’espère) film de la franchise lancée par Eli Roth en 2005. Alors pour resituer un peu le bordel, Eli Roth est un réalisateur assez talentueux pour tout ce qui touche au gore, au sang, au sale. Le premier Hostel avait créé l’émoi en proposant quelque chose de viscéral, de très gore et de très réaliste. Malheureusement, le scénario très léger et la violence gratuite sortant de ce métrage avait aussi donné la réputation de branleur au réalisateur. Il récidivera deux ans après, avec un deuxième opus un peu plus travaillé et se mettant à la place des victimes et des tueurs.  Seulement, le film s’enlise dans un faux rythme et des promesses non tenues avec un gore moins présent mais moins impressionnant. C’est sans surprise qu’un troisième opus sort en 2012 directement en DVD. Ce n’est jamais bon signe de voir un film sortir directement en vidéo et ce Hostel 3 n’échappe pas à la règle. Alors quels sont ses défauts ? Les enchères commencent messieurs les chasseurs !

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Un film qui donne le cafard…

Si les deux premiers films avaient le défaut d’avoir un scénario simpliste au possible et ne présentant qu’un film d’horreur binaire, modèle de choix pour tous les torture-porns, le troisième va essayer de s’affranchir pour présenter quelque chose de plus élaboré. Mais malheureusement, le côté réaliste des deux premiers opus n’est plus du tout présent dans le troisième film, montrant une société de riches personnes profitant des plaisirs de la torture. En gros, on va suivre quatre jeunes hommes qui partent à Las Vegas pour fêter un enterrement de vie de garçon. Ils font la connaissance de deux jeunes demoiselles qui les amène dans une boîte craignos. Le lendemain, un de leur ami manque à l’appel et en le cherchant ils s’aperçoivent que la fille qui l’accompagnait a disparu aussi. Ils vont alors se faire enlever, puis participer bien malgré eux à un jeu de torture où de riches hommes parient sur les armes ou sur les paroles que vont proférer les victimes. On est bien loin de la société secrète de chasseurs achetant leurs victimes aux enchères dans le plus grand secret. Bien entendu, on voir nos amis se faire prendre, puis essayer de s’échapper entre deux scènes de torture sanglante et bien dégueulasse si possible, avec des meurtriers complètement tarés. En s’éloignant du modèle des deux ainés, le film s’enlise dans quelque chose de superficiel et de franchement inexploitable. Il en ressort un manque de crédibilité affligeant et une incohérence flagrante.

On se souvient encore du lieu des deux premiers films. Eli Roth avait choisi l’Europe de l’Est pour ces décors assez glauques, ses jolis filles et surtout pour le paysage campagnard où règne un calme plat, assurant une jolie discrétion. Dans le troisième film, on change de décor et on part dans LE lieu de la discrétion et de l’anonymat, j’ai nommé Las Vegas. Non, mais sans déconner, s’il y a bien un lieu où on ne peut pas faire ce genre de jeu, c’est bien dans une grande cité lumineuse avec des millions de personnes. Alors c’est vrai que c’est grand, c’est vrai que personne ne se connait, mais cela reste plus civilisé et plus habité que la campagne de l’Ukraine ou de la Pologne, non ? D’autant plus que l’atmosphère, l’ambiance en prend un coup dans l’aile. On peut dire adieu au glauque humide des salles de torture. On peut dire adieu aux bonnes têtes de vainqueur des habitants ruraux des villages de l’Europe de l’Est. On peut dire adieu à l’obscurité et à l’insalubrité des locaux. Dans ce troisième chapitre, on veut faire du blingbling, du clinquant et cela ne va pas du tout avec l’univers du torture-porn. Mettant en avant une salle de crime qui ressemble plus à une salle d’opération et présentant cela comme un spectacle, le film perd de sa force de terreur et donne plus dans le grandguignolesque et dans le gore à outrance sans une once de second degré. Parce qu’il faut aussi dire que l’humour, parfois graveleux, n’est plus présent et que l’on se retrouve dans un film qui se prend trop au sérieux. Le seul point positif provient des quiproquos au début du film, nous laissant hésiter sur l’identité des tueurs jouant sur l’origine des personnages.

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Non, ce film n’est pas un remake de Volte-Face !

Bien entendu, l’ambiance n’est pas la seule chose ratée de ce film, puisque le casting se révèle être d’une nullité crasse. Le héros, Brian Hallisay, beau gosse de service au regard vide est surement l’un des acteurs les plus mauvais de sa génération. Jeu vide, aucune implication, pas un poil qui dépasse, bref, un plagiat éhonté de la jeunesse actuelle. On retrouve aussi Kip Pardue, en méchant de service qui se révèle à la fin et il n’est pas crédible pour deux sous. Vulgaire, moche, il donne à son personnage une platitude affligeante, mais en plus les raisons de son personnage sont d’une connerie incroyable. On a aussi Thomas Kretschmann, déjà vu dans King Kong, U-571 ou encore Le Pianiste et le voilà perdu dans ce film moisi avec un rôle de méchant moisi et finissant comme une grosse moisissure. Il devait avoir des factures à payer, je ne vois que ça. Mais le pire dans tout ce bordel, c’est résolument Chris Coy dans le rôle du kidnappeur, qui est aussi crédible que Geneviève de Fontenay dans Expendables. Par contre, on pourra apprécier le jeune John Hensley, jouant le rôle du pote handicapé et qui s’en sort plutôt bien, en étant cynique et fataliste. Au niveau féminin, on a deux belles nanas, dont Sarah Habel et Zulay Henao, mais qui, hormis leur physique de rêve ne servent pas à grand-chose. Quand on compare le casting de ce film avec les opus précédents, on peut se demander où est passé le budget.

Bien entendu, ce qui relève le niveau du film, ce sont les effets gores. Bien que grossier et surement inutiles, ils sont ce qui maintient en éveil et comblent un peu l’attente que l’on a de ce film. Alors au programme on a du sang, des insectes, des coups de fusil à pompe, des membres tranchés de la brûlure, de l’arbalète, de l’écrasement, des coups de couteau, des coups de Morgenstern, bref, une bonne pléiade de massacres en bonne et due forme, mais qui manque cruellement de sens et d’initiative. En effet, si les mises à mort sont intéressantes, elles rentrent le plus souvent dans des combats idiots et mal filmés, un peu comme un vieux Chuck Norris. On se demandera alors la nécessité de montrer le type couper le bras de l’autre, alors qu’il pourrait très bien lui trancher la tête, ou encore pourquoi le type arrache le tatouage de son pote alors qu’il pourrait en plus le tuer pour en être débarrassé. Bref, tout cela manque de réalisme et surtout d’inventivité. De plus, tout cela est filmé à la truelle, dans un marasme saccadé et vomitif. Les effets spéciaux restent plutôt bien fichus, sauf le sang de synthèse qui gicle par moment et on émettra de sérieux doute sur le look improbable de la tueuse à l’arbalète. La fin ne relève pas le niveau, pitoyable et tout aussi improbable que tout le reste du film.

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T’as vu, il a dit qu’on était bonnes, il est gentil ce monsieur !

Au final, Hostel 3 est une grosse déception et montre que la série a atteint sa limite. Vulgaire, irréel, avec des effets à deux balles comme la mort par les cafards, le film ne sauvera la franchise qui avait déjà bien baissé avec le deuxième épisode. Les acteurs sont pitoyables et desservent totalement le film. Si vous aimez les effets gores dans un scénario à la con, alors vous serez comblés, mais il faut dire que ce film fait partie de la moyenne basse des torture-porn et qu’il n’apporte absolument rien au genre. Pour les autres, évitez-le, vous gagnerez une heure et demi…

Note : 06/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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