octobre 27, 2020

Halloween 2

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De : Rob Zombie

Avec Tyler Mane, Malcolm McDowell, Scout Taylor-Compton

Année : 2009

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Michael Myers est un tueur psychopathe. Depuis ses dix ans, il croupit dans un asile psychiatrique. Devenu adulte, il n’a qu’une obsession : retrouver sa sœur Laurie. Échappé de l’asile, plus sauvage et terrifiant que jamais, Michael entame une traque jalonnée de cadavres…

Avis :

Quand on fait un remake, il y a différents types d’attente. Par exemple, beaucoup de personnes espèrent voir quelque chose de nouveau tout en gardant une certaine fidélité au premier. D’autres préfèrent que tout soit nouveau sauf le fil conducteur. Enfin, certains attendent le même film mais avec de nouveaux acteurs et des effets spéciaux améliorés. Dans le premier remake, Rob Zombie avait réussi à partager les fans. Si certains lui reprochaient la liberté prise par rapport à la jeunesse de Michael Myers, d’autres ont applaudi son travail, aimant la première partie novatrice et la deuxième partie plus classique, faisant vraiment remake. Quand l’annonce de faire un deuxième film sur Halloween mais qui serait plus un reboot qu’un remake a été faite, les fans étaient toujours divisé. Alors que vaut ce second volet version Rob Zombie ? Le film va-t-il encore plus diviser les fans ou bien les rassembler devant un œuvre majeure du cinéma d’horreur ? Pénétrons donc dans l’univers glauque et malsain de Zombie et de Myers.

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Eh file-moi un .38 et un paquet de clopes !

Pour le scénario, je ne pourrai pas dire si cela est fidèle ou pas au film de Rosenthal, le réalisateur du deuxième film, car je ne l’ai pas encore vu, mais le film de Zombie commence là où s’était arrêté le premier. On se souvient que l’on avait laissé une Laurie blessé et un Myers laissé pour mort que l’on embarquait dans une ambulance. D’entrée de jeu, Zombie nous plonge dans l’ambulance emmenant Myers à la morgue et Laurie dans son lit d’hôpital. Sauf que Laurie fait un vilain cauchemar voyant son frère dézinguer tout l’hôpital puis s’en prendre à elle. De l’autre côté, on voit Myers qui se réveille dans l’ambulance et qui crée un accident. Toujours obsédé par sa sœur, il va alors entreprendre un voyage initiatique semé de cadavres pour retrouver sa sœur. Loin de jouer seulement sur cette dualité, Zombie va aussi s’appesantir sur le sort de Loomis, l’éminent psychiatre qui a suivi Michael Myers quand il était enfant. Loin de se douter qu’il allait se mettre à dos les critiques et pas mal de spectateurs, Zombie a voulu présenter une évolution très humaine des personnages et il a sans le vouloir démystifier la légende de Myers. Mais honnêtement, ce n’est pas temps le fait d’avoir rendu tous ces personnages si humains qui m’a gêné, bien au contraire, car il s’agit là d’une évolution presque normal, plus terre à terre.

Alors il est vrai que l’on peut critiquer le fait que l’un des plus célèbres boogeyman de la planète, à côté de Freddy et de Jason, soit mal traité ainsi, mais cela donne tout de même un aspect humain à Myers et donne l’envie de se prendre d’affection pour lui. Seulement, Zombie s’est fourvoyé dans une sorte de mélo psychologique dans lequel notre psychopathe préféré voit sa mère en dame blanche, symbolisant la pureté et la puissance, sur un cheval blanc. C’est résolument ces passages qui m’ont le plus gonflé, car ils ne servent absolument à rien et de plus montrent la mère de Myers comme une matrone qui veut voir sa fille les rejoindre dans le paradis. Tout cela est bien trop religieux pour moi et n’a pas sa place dans ce genre de film. Néanmoins, et comme d’habitude avec le Zombie, on va avoir droit à notre monde bien craspec et à des personnages tous plus ignobles les uns que les autres. Il dépeint alors un milieu obscur et des personnages en dehors des normes avec un savoir-faire inouï. Sans être le cirque des horreurs comme il a pu le faire dans la maison des 1000 morts ou dans The Devil’s Rejects, il croque certains portraits comme jamais en dévoilant le pire de la nature humaine. Ainsi, la scène dans le club de striptease est assez savoureuse et bien dérangeante. Et c’est ce qui fait le charme des films de Zombie, cette ambiance poisseuse, glauque, sombre et décadente, et il faut dire que cela colle à merveille avec le thème de Halloween.

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Myers, il ne fait d’œil au beurre noir, il fait des yeux au trou noir.

Le principal problème du film, c’est l’évolution des personnages et le traitement réservé à Myers. Dans la saga initiée par John Carpenter, on ne sait pas qui est Myers, hormis un garçon démoniaque qui ne ressent aucune émotion, mais Zombie a voulu donner un autre sens à ce tueur de légende. En dévoilant le visage de Myers et en lui donnant un but ainsi qu’un sens à ses pensées, le réalisateur donne trop de détails sur la vie et sur le mode de fonctionnement de ce meurtrier violent et silencieux. Du coup, tout le mythe qui tournait autour de lui durant de longues années et qui finalement terrifiait un grand nombre de spectateurs est parti à vau l’eau. Mais peut-on reprocher une tentative d’évolution à Zombie ? Je ne crois pas, parce que tout le reste du casting devient vraiment intéressant. En commençant par Laurie, campée, par Scout Taylor-Compton, qui la joue à merveille et qui devient une espèce de jeunes adolescentes obsédée par tous le côté dark et rock n’roll de la vie. Il me semble, pour être honnête que c’est une évolution plus que crédible quand on a frôlé la mort plus d’une fois et que l’on a comme frère un psychopathe un peu collant. Mais je pense que ce qui a le plus choqué les fans, c’est l’évolution de Loomis, devenu un riche écrivain mais complètement obsédé par la gloire et les médias. Ce traitement demeure, pour moi, une évolution logique du personnage. Qui n’a jamais rêvé de gloire en écrivant un bouquin ? Sans s’en rendre compte, Zombie rend des personnages mythiques plus humains et dans l’air du temps et je pense que c’est ce qui a perturbé un grand nombre d’aficionados.

Pour ce qui est de la violence et du gore, si Zombie est passé maître dans l’art de la violence graphique, il s’en donne à cœur joie dans ce métrage. Si les meurtres sont moins nombreux, ils n’en demeurent pas moins très vifs et d’une rare brutalité. Niveau arme de destruction massive, on fait rarement mieux. Ca taille, ça coupe, ça déboîte à tours de bras et les résultats ne sont pas très beaux à voir. Le passage dans le club de striptease est surement le moment le plus dur, car il est graphiquement réussi et travaillé. Entre celui qui se fait dégommer le crâne à grands coup de savate et celle qui se fait exploser la tête contre une vitrine jusqu’à avoir le visage en bouillie, on en a pour notre argent et on frissonne devant une telle violence. Bien entendu, ce n’est pas la seule scène de massacre, puisque l’attaque de l’hôpital et le résultat final donne l’ampleur de la force Myers. Sans parler de cette pauvre Danielle Harris qui se fait gentiment charcuter. Mais la scène la plus dure et la plus crue, c’est surement la décapitation du pauvre infirmier, filmer en gros plan avec un morceau de verre brisé. Néanmoins, il ne suffit pas d’aligner quelques moments gores pour faire oublier les moments d’errements dans le scénario et dans les pensées de Myers et on gardera en tête plus facilement le mal qui a été fait plutôt que les scènes de massacre.

8

Monsieur Myers, on pense bien au planter de bâton, pas de couteau !

Au final, Halloween 2 version Zombie n’est pas le ratage annoncé. Perçu comme une traîtrise par les fans et conspué par la critique, le film demeure un slasher de bon acabit, faisant même partie du haut du panier. Ciblant plus l’aspect humain et l’évolution psychologique normale de chaque personnage, le réalisateur désacralise tout un pan du cinéma d’horreur. Si certains ne peuvent pas piffrer le film pour avoir déstructuré ce qu’avait mis en place Carpenter, il faut, je pense, le prendre comme un film à part dans la saga, une sorte de spin-off montrant une façade inconnu du tueur. Personnellement, j’ai plutôt apprécié le film malgré des moments qui m’ont bien gonflé (comme l’apparition de Sheri Moon en dame blanche) mais encore une fois, je n’ai pas vu le deuxième version originale.

Note : 13/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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