octobre 27, 2020

Halloween

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De : Rob Zombie

Avec Malcolm McDowell, Sheri Moon Zombie, Tyler Mane

Année : 2007

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Un 31 octobre, à Haddonfield, Illinois, le soir de la fête des masques de Halloween… La vie du jeune Michael Myers, 10 ans, bascule.
Troublé par des pulsions morbides, moqué par ses camarades d’école parce que sa mère est strip-teaseuse, harcelé par son beau-père, tourmenté par les premiers émois sexuels de sa soeur aînée, il revêt un masque en latex et, dans un accès de folie, assassine la moitié de sa famille au couteau de cuisine.
A la suite de cette nuit de cauchemar, il est pris en charge par le Docteur Sam Loomis, un brillant pédopsychiatre, mais tue sauvagement une infirmière, précipitant le suicide de sa mère, désespérée.
Un 31 octobre, 17 ans plus tard. Toujours dissimulé derrière un masque et enfermé dans son mutisme, Michael s’échappe de la prison psychiatrique où il a grandi et recommence à semer des cadavres sur sa route.
Convaincu qu’il est une incarnation du mal à l’état pur, le Docteur Loomis part sur sa piste. Celle-ci mène directement à Haddonfield, là où se trouve toujours la petite soeur de Michael, Laurie, seul membre de sa famille encore en vie.

Avis :

En général, et selon les clichés actuels dans la tête des gens, le métal est quasiment indissociable du gothique et donc de l’horreur. C’est un peu comme la pornographie et les films d’horreur, qui, pour les soi-disant intellectuels croyant détenir le monopole du bon gout, pensent que c’est du pareil au même. C’est donc sans grande surprise qu’un certain Rob Zombie, chanteur et musicien de métal, ayant fondé le super groupe White Zombie puis entamant une carrière solo, se lance dans une carrière de réalisateur avec à son actif quatre films d’horreur. Le premier, la maison des 1000 morts est un peu un pot-pourri de tout ce qui a fait la vie de Zombie, avec des personnages haut en couleurs et complètement timbrés, des monstres, et surtout une ambiance très lugubre. Son second film est un pur chef d’œuvre du genre, The Devil’s Rejects est vraiment l’un des meilleurs films d’horreur que j’ai pu voir mélangeant western et violence exacerbée. Mais aujourd’hui, c’est son troisième film qui nous intéresse et il n’est pas des moindres, puisqu’il s’agit du remake du mythique Halloween de Big John Carpenter. Alors que vaut ce remake ? Zombie a-t-il su conserver le mythe Michael Myers ?

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Tu vois garçon, tu as intérêt à mettre une bonne note sinon on le lâche sur toi et il ne fait pas bon lui tourner le dos !

Pour tous ceux qui ont vu l’original, il est impossible d’oublier certaines scènes mythiques, notamment le tout début où Michael Myers enfant va buter sa sœur avec un couteau et que l’on voit cela à travers les yeux du gosse. Par la suite, le film va se concentrer sur la fuite de Myers, sa tuerie de jeunes filles légèrement vêtues puis la course folle pour l’arrêter du docteur Loomis et de la jeune Jamie Lee Curtis. Si le film reste bien présent dans les esprits, c’est grâce à une mise en scène exemplaire, une musique fabuleuse et surtout un tueur charismatique et énigmatique. Dans son remake, Rob Zombie a bien compris qu’il ne pouvait échapper à ces scènes de tuerie, mais il n’a pas versé dans le gore pour autant, et la première partie de son film, celle qui fait beaucoup moins remake, est surement la plus intéressante. En fait, on commence le film avec Michael Myers jeune, sauf que Zombie va longuement s’appesantir sur cette jeunesse et sur les blessures que va endurer le jeune Michael Myers. On va donc voir son beau-père alcoolique, sa mère, stripteaseuse, sa grande sœur dévergondée, et sa petite sœur encore innocente. A l’école il en prend plein la gueule et le soir d’Halloween il se retrouve seul car sa grande sœur s’envoie en l’air avec un type. Bref, le portrait dressé est implacable et très sombre. On comprend très rapidement pourquoi le jeune Myers va sombrer dans la démence.

Mais ce n’est pas pour autant que Rob Zombie va s’arrêter là, car ce serait trop facile et l’ellipse temporelle serait trop grande. Après une scène de tuerie d’une rare violence et d’une rare vraisemblance, Zombie va nous montrer la relation étroite que va entretenir le pédopsychiatre Loomis avec le jeune Myers. Puis il va nous montrer petit à petit la descente aux enfers du jeune homme qui ne souhaite que rentrer chez lui. Ces passages sont très forts, car il démontre l’incapacité des adultes à assumer leurs actes et surtout leur incapacité à comprendre les maux des enfants. Loomis, obstiné, veut absolument des réponses alors que Myers veut simplement rentrer chez lui. Passages très forts aussi car on voit progressivement la chute psychique de l’enfant, le point de paroxysme étant le suicide de la mère. Rob Zombie arrive à instaurer une ambiance assez noire, mais qui est en plus remplie de désespoir et de folie. Loin de son univers de prédilection avec ses hommes de cirque et ses monstres de foire, le réalisateur met en place une mécanique très huilée pour expliquer un comportement meurtrier et impulsif. Sur la deuxième partie, on restera plus dans le classique, avec des meurtres sympathiques et une partie survival rondement menée où on ne s’ennuiera jamais. Seulement, étant donné que l’on a déjà vu cela un paquet de fois, on sera forcément plus déçu en comparaison de la très bonne première partie.

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Avoir une bouche comme ça et refuser la fellation, c’est scandaleux !

Dans ses deux premiers films, Rob Zombie s’est entouré des mêmes acteurs, et il faut dire qu’il a eu raison car ils étaient diablement bons, sauf peut être sa très chère femme Sheri Moon Zombie. Actrice revenant sans cesse dans ses métrages, il était donc logique de voir la belle blonde dans cet Halloween. Mais, je dois confier que pour une fois, je l’ai trouvé très bonne et très convaincante en mère de famille désabusée puis désespérée. Elle m’a d’ailleurs bluffé durant les scènes à l’hôpital psychiatrique où elle parle avec son fils et montre un visage d’une détresse incroyable. Mais dans ce film, ce n’est pas la seule à être très forte, car Scout Taylor-Compton, incarnant la jeune sœur de Myers est vraiment très bonne et très convaincante notamment lors de la scène finale, lorsque la survie prend le pas sur la raison. Mais la force du casting réside dans les gueules du cinéma dont sait s’entourer Zombie. Malcolm McDowell en tête, remplaçant un certain Donald Pleasance dans le rôle de Loomis, et il faut dire qu’il reste un putain d’acteur avec une putain de gueule et une putain de classe. Incroyable de mégalomanie, il incarne un personnage à la fois attachant et détestable, mais qu’est-ce qu’il le fait bien ! En contre partie, on retrouve Brad Dourif, le fameux Chucky, dans le rôle du shérif impuissant et il démontre là aussi que son talent n’est plus à démontrer, jouant parfaitement le père de famille inquiet. Et que dire du jeune Daeg Faerch, très bon dans le rôle de Myers jeune. Enfin, je passerai sur les seconds rôles à la bonne trogne comme William Forsythe, Danny Trejo, Ken Foree ou encore Sid Haig.

Bien entendu, si l’on doit refaire l’historique de Rob Zombie, on voit bien que dans ses deux premiers films, le gore a une place assez importante. Bien que ce ne soit pas le premier truc mis en avant, puisqu’il privilégie tout de même une ambiance très glauque, dans cet Halloween, le gore n’est pas non plus hyper présent. En fait, plutôt que de montrer des décapitations, des membres arrachés ou autre, Zombie va favoriser une violence impressionnante et implacable dans les actes et dans les meurtres. Ainsi, Michael Myers, va s’acharner sur une victime, mais on ne va pas pour autant voir le résultat. Je pense notamment à ce pauvre Danny Trejo qui va en prendre plein la gueule et qui va voir sa tête éclatée contre un écran d’ordinateur. Ceci dit, la scène la plus marquante et la plus gore vient du meurtre de masse de Myers enfant, avec un petit égorgement de son beau-père, un matraquage à la batte du petit ami de sa sœur, et bien entendu le meurtre très efficace et sanglant de sa grande sœur. On reverra aussi la fameuse scène du mec planté dans un meuble avec le couteau, figure hautement artistique de la part Myers. Finalement, on se rend compte après coup, que si le film demeure violent, il n’est pas pour autant gore et c’est cette explosion de meurtres qui rend le film vraiment horrifique, mais aussi véritablement addictif.

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Quand je vous dis que les clowns c’est effrayant, la preuve, aux States, ils les utilisent pour Halloween.

Au final, Halloween version 2007 est une réelle réussite. Proposant une première partie vraiment jouissif et donnant corps au malaise de Myers et à son addiction pour les masques, Zombie rend honneur à Carpenter tout en y apposant sa patte. Si le métrage ne dépasse pas l’œuvre du maître, il n’en demeure pas moins un excellent film d’horreur, fort, violent, intelligent et qui ne décevra, en terme d’originalité, que dans sa deuxième partie plus classique, plus slasher. Bref, un film que je conseille fortement et qui fait que Rob Zombie est vraiment un réalisateur à suivre de très près !

Note : 16/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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