octobre 27, 2020

Robocop

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De : Paul Verhoeven

Avec Peter Weller, Nancy Allen, Daniel O’Herlihy, Ronny Cox

Année : 1987

Pays : Etats-Unis

Genre : Action, Science-Fiction

Résumé :

A l’aube de l’an 2000, Detroit est la proie du crime et de la corruption. Pour pallier ce terrible état, les services de police inventent une nouvelle arme infaillible, Robocop, mi-homme, mi-robot, policier électronique de chair et d’acier qui a pour mission de sauvegarder la tranquillité de la ville. Mais ce cyborg a aussi une âme…

Avis :

Comment définir la filmographie de Paul Verhoeven ? Sulfureuse ? Surement ! Etonnante ? Evidemment. Redondante ? Certainement pas ! S’il y a bien un réalisateur qui possède une carrière exemplaire, c’est bien Paul Verhoeven. Avec des films cultes comme Starship Troopers, La Chair et le Sang, Total Recall ou encore Black Book, le fou hollandais possède une carrière bien remplie. Malheureusement, un peu comme John Carpenter ou George Romero, le réalisateur se fait constamment brimer par Hollywood et il disparait petit à petit du grand écran. C’est vraiment dommageable, car la nouvelle génération va être nourrit à partir de remakes insipides de ses films (Total Recall et Robocop) et non pas de ses films et c’est dramatique. Alors que le remake de Robocop sort le 05 février, il est de bon ton de revenir sur l’original de 1987 et qui est un indispensable.

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Tu l’as vu mon gros calibre ?

L’histoire de Robocop peut paraître complètement superficielle et presque ridicule aujourd’hui. En effet, le film se déroule durant les années 2000 et on voit bien que rien de tout cela ne s’est vraiment déroulé. Mais la force du film fait que l’on passe outre l’aspect temporel pour rentrer directement dans un film qui a une grosse paire de couilles. Pour la petite histoire, on se retrouve à Memphis et le vieux centre est gangréné par le banditisme. Une entreprise du nom de OCP compte construire un immense projet immobilier pour réhabiliter ce centre. En lien avec la police, l’entreprise veut améliorer la défense de la ville et essaye divers procédé comme des robots de surveillance. C’est lors d’une opportunité que nait Robocop, mi-homme mi-machine qui doit nettoyer le centre de Memphis. Mais les souvenirs sont tenaces et derrière a carapace de ferraille se trouve un homme qui veut justice et vengeance. Et comme c’est souvent le cas avec les films de Paul Verhoeven, il faut voir au-delà de l’aspect geek, fantastique, SF. Parce que le type ne se contente de faire un film d’action, il dénonce une certaine réalité et ne fait pas dans la dentelle.

Dénonçant la corruption, la manipulation, mais aussi l’opportunité et l’absence de sentiment face à la réussite. Parce que Robocop ne sera plus vu comme un humain à partir du moment où le héros meurt et rentre dans l’armure. Installé dans un climat presque intemporel (quasiment tous les thèmes traités sont toujours d’actualité), le film se paye le luxe de ne pas vieillir et d’envoyer encore en pleine gueule des exemples de mise en scène que l’on ne voit plus aujourd’hui. Par exemple, le fait de ne pas voir le Robocop en entier après transformation est une magnifique idée, sublimant alors l’apparition complète. Certes le procédé n’est pas nouveau puisque Ridley Scott l’a utilisé pour Alien le Huitième Passager, mais ici Verhoeven l’utilise différemment. Il fait des plans intelligents, utilisant les écrans de caméra de surveillance, la vue des policiers qui s’amassent autour, pour laisser planer un mystère délicieux.

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Sublime design !

D’autres plans sont magnifiques, mettant en avant la stature du robot et sa puissance, mais aussi sa sensibilité et son côté humain. On repense à ces plans lorsque le robot prend la pose après avoir défoncé une porte, toute lumière derrière et écran de fumée. Certains passages demeurent mythiques comme l’assaut du laboratoire de drogues ou encore le moment de la mort du héros en début de film. Mais en plus de cela, le film est ultra violent et n’hésite à mettre de l’hémoglobine dans tous les sens. La scène la plus frappante sera bien évidemment la mise à mort de Murphy, d’une violence inouïe et d’un sadisme incroyable, renforçant l’aspect mauvais des méchants du film. S’il fallait trouver un défaut au film, cela viendrait de la narration, qui est très linéaire mais construite à la perfection.

Bien évidemment, le casting est parfait. Peter Weller est monumental dans le rôle du flic. Touchant lorsqu’il évoque son fils, le film ne tombe pas dans le pathos où les sentiments familiaux sont renforcés à grand renfort de repas de famille et de discussions stériles. Avec l’acteur, on voit qu’il aime son fils et qu’il veut être le héros de son enfant. Mais le top, c’est que même avec son armure il demeure émouvant. A ses côtés, Nancy Allen est parfaite dans le rôle de l’acolyte qui fait tout pour l’aider et qui le reconnait même dans son armure. Mais les méchants du film sont eux aussi vraiment très bons. Kurtwood Smith incarne avec un talent fou le taré du film, dégageant un charisme hallucinant et devenant vraiment détestable. Autre méchant du film, mais plus subtil, Miguel Ferrer est le créateur de Robocop et c’est une ordure opportuniste qui se fout royalement de l’humain. Il est impeccable dans son rôle de jeune premier. On notera aussi la prestation folle de Ray Wise en méchant ricanant.

Enfin, on peut s’arrêter deux secondes sur les effets spéciaux. Si certains moments ont assez mal vieilli, notamment dans l’animation des robots vigilants, cela reste tout à fait honorable. L’animation du Robocop, ainsi que le passage où il enlève son casque sont vraiment très bons et même aujourd’hui restent bluffants. Les effets gores sont encore exceptionnels comme la main qui s’arrache, moment ultra percutant, et on est vraiment dans le haut de gamme. En 27 ans, le film n’a quasiment pas pris une ride et c’est vraiment un gage de qualité.

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Ca va péter !

Au final, Robocop est un film majeur dans le monde de la science-fiction et du cinéma en général. Possédant des films de folie, percutant et très intelligente, le film possède toutes les qualités d’un film de Paul Verhoeven. Un pur produit des années 80 qui possède un charme fou et qui en plus n’a pas du tout vieilli. Un exemple à montrer dans toutes les écoles de cinéma, parce que le vrai cinoche, il est là, il envoie du lourd et n’hésite pas à rentrer dedans.

Note : 20/20

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Par AqME

ServalNote de Serval: 20/20

TrasherNote de Trasher: 19/20 Un classique indémodable!

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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