octobre 18, 2021

L’Oubli que Nous Serons

Titre Original : El Olvido que Seremos

De : Fernando Trueba

Avec Javier Camara, Nicolas Reyes, Juan Pablo Urrego, Patricia Tamayo

Année : 2021

Pays : Colombie

Genre : Drame, Biopic

Résumé :

Colombie, années 1980. Le docteur Hector Abad Gomez lutte pour sortir les habitants de Medellin de la misère. Malgré les menaces qui pèsent sur lui, il refuse d’être réduit au silence. Le destin de ce médecin engagé et père de famille dévoué se dessine à travers le regard doux et admiratif de son fils.
Adapté de faits réels, L’OUBLI QUE NOUS SERONS est à la fois le portrait d’un homme exceptionnel, une chronique familiale et l’histoire d’un pays souvent marqué par la violence.

Avis :

Réalisateur espagnol, Fernando Trueba fait partie de ces artisans du cinéma qui sont là depuis des années, qui ont fait carrière, qui sont respectés et pourtant, malgré cela, ils n’ont jamais vraiment eu la grande carrière qu’ils méritaient. Débutant dans les années 70, se faisant bien plus connaître dans les années 80, Trueba, c’est pas moins de vingt films. Si Fernando Trueba a été très productif au début de sa carrière, enchaînant les films les uns à la suite des autres, arrivé dans les années 2000, le metteur en scène freine la cadence, se faisant plus rare, espaçant les projets. Après « La Reine d’Espagne« , suite du sympathique « La fille de tes rêves« , film qui demeure encore inédit chez nous, Fernando Trueba revient après neuf ans d’absence dans les salles françaises.

Pour son nouveau film, Fernando Trueba a posé sa caméra en Colombie, à Medellín, pour nous raconter la vie d’un homme immensément connu et respecté là-bas, mais aussi dans la culture ibérique. Intéressant dans son idée, dans la description de son époque, de sa ville, dans le portrait de cette famille, ou encore dans le doux regard que porte ce fils sur son père, « L’oubli que nous serons » avait bien des ingrédients pour se poser comme un puissant drame, et pourtant, ce vingtième film pour son réalisateur n’aura pas réussi à captiver. Plus dur encore, avec ses presque deux heures vingt, il s’est fait long, très long.

Medellín, dans les années 70, le docteur Hector Abad Gomez est un homme généreux et engagé qui met tout en œuvre pour sortir les gens de la misère. Chef de famille aimé et admiré, il est aussi un homme qui dérange. Au fil des années, plus il va prendre position, plus il va militer pour les droits de l’homme et plus les menaces sur sa personne vont se faire grandissantes.

« L’oubli que nous serons » est un film duquel je ressors assez embêté, car Fernando Trueba a réuni ici bien des ingrédients pour faire un film captivant et passionnant, et pourtant, malgré une multitude de bons arguments, « l’oubli que nous serons » n’aura jamais vraiment réussi à m’emporter.

Si l’on regarde comme ça le film, il est évidemment que ce dernier est intéressant. « L’oubli que nous serons » est un film qui mélange plusieurs genres en son sein. Ici, Fernando Trueba réalise à la fois un film d’époque, nous offrant une belle et grande plongée dans la Colombie des années 70/80. À la fois film politique, chronique de famille, portrait d’un père vu à travers les yeux plein d’admiration d’un fils ou encore drame social et engagé, Fernando Trueba livre un film riche, qui bouillonne. Un film plein de culture, un film qui oscille entre pouvoir, humanisme, ambition, obligation et don de soi.

Pour raconter tout ceci, le cinéaste a pris un parti intéressant, car à travers cette chronique familiale, Trueba nous présente toute cette histoire, cette époque, et cette vie à travers les yeux d’un fils adolescent, puis jeune adulte. À travers ce regard, il y a quelque chose de très doux et respectueux qui se dégage des images et plus largement de l’ambiance. Puis à travers ce regard, le réalisateur nous présente un homme incroyable. Un homme très connu en son pays, que beaucoup (et moi-même) vont découvrir. « L’oubli que nous serons » est un hommage à cet homme. L’hommage d’un fils à son père, puisque le film est adapté du livre que le fils publiera au début des années 2000, mais aussi l’hommage d’un réalisateur admiratif de l’homme.

Mais voilà, derrière cette multitude de bons arguments et encore, je n’ai pas parlé de la mise en scène très élégante, de la photographie superbe, même si l’on ne comprend pas vraiment l’idée d’alterner couleurs, et noir et blanc, ou encore de ces acteurs qui livrent un travail exemplaire, « L’oubli que nous serons » n’aura pas réussi à captiver. Très long, trop long, ce portrait, qui s’étale sur presque deux heures vingt de film, a une tendance à traîner la patte et donne le sentiment d’étirer la plupart de ses scènes. De plus, le film a des problèmes de rythme, un peu comme s’il n’avait pas de rythme justement et ainsi, il a bien du mal à avancer, d’autant plus que bien souvent, il fait des détours pour raconter son histoire. On aura même plusieurs instants où le réalisateur s’attarde sur des détails qui n’ont pas de grandes importances. Certains d’entre eux sont même confus, et l’on peut avoir du mal à les comprendre, ou du moins, on a du mal à comprendre pourquoi ceci précisément nous est raconté.

« L’oubli que nous serons« , le nouveau Fernando Trueba, se pose donc comme une déception. Une belle déception dans un sens, car comme je le disais, le film est intéressant sur plus d’un point, et esthétiquement parlant, même s’il y a des choses à en redire, il demeure magnifiquement filmé. Malheureusement, malgré le portrait, malgré la plongée dans la Medellín des années 70/80, malgré le paysage politique, le regard de ce fils ou encore ces acteurs impeccables, Javier Cámara en tête, tout ceci n’aura pas suffi à nous captiver et surtout éviter qu’on s’ennuie devant les plus de deux heures que dure le film.

Note : 9,5/20

Par Cinéted

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