novembre 30, 2020

Le Jugement Dernier… L’Enigme du Codex Lucis – Stéphane Haumant

9791090278400

Résumé :

La fin du monde était un jour comme les autres.
Des bombes sèment la terreur au Brésil, aux États-Unis, au Japon, en Inde. Pas des bombes ordinaires, mais celles du « Jugement dernier », des engins miniaturisés d’une effroyable efficacité!
Qui se cache derrière ces attentats et pourquoi sont-ils commis, causant des milliers de morts?
Des hommes se lancent sur la piste des mystérieux coupables qui ne formulent aucune revendication : un policier américain et un journaliste français.
Comment imaginer qu’ils devront remonter à un texte apocalyptique, le Codex Lucis des Cathares, pour identifier la source d’un complot vieux de neuf siècles et posant une question cruciale : l’humanité a-t-elle un avenir ?

Avis :

Le thème de l’Apocalypse, tout comme celui des complots à grande échelle est un sujet récurrent chez les auteurs de thrillers. Il y a tellement de matières, d’approches possibles et de portes à ouvrir (ou à enfoncer) que ces ouvrages disposent d’une diversité assez éloquente. Le plaisir de la lecture met en valeur des préoccupations tangibles et d’actualité. Pour son premier livre, Stéphane Haumant (journaliste et présentateur TV de l’émission « Spécial investigation », entre autres) cuisine un roman à la croisée des chemins où polar, anticipation et un soupçon d’ésotérisme se mélangent dans une course contre la fin du monde. Rien que ça !

On ne s’entiche pas des salutations d’usage ni d’une entame ronflante avec un attentat qui se produit à Sao Paulo. Le rythme de l’intrigue est soutenu pratiquement du début à la fin. On ne s’ennuie pas, les chapitres sont très courts (127 pour 380 pages) et les situations se suivent sans se ressembler. L’on sent un véritable effort pour maintenir le suspense au plus haut sans jamais faiblir. De ce côté, la tension reste présente et encourage à poursuivre l’aventure. À cela, la progression se montre assez vive pour offrir non seulement deux points de vue principaux différents (FBI et journaliste), mais aussi un petit voyage aux quatre coins du globe des plus appréciables.

La course contre la montre qui s’engage pour éviter de nouvelles explosions et l’avènement de l’apocalypse permet un tour d’horizon assez diversifié. Entre le Brésil, les États-Unis, le Japon, la Russie, la France, la Roumanie, la Transnistrie ou les îles des Caraïbes, on voit du pays ! Revers de la médaille, cette effervescence ne retranscrit pas comme il se doit les ambiances, les us et coutumes de chaque nation ou l’exploration d’endroits insolites, à tout le moins qui sortent de l’ordinaire. Il est vrai que cela aurait pu ralentir l’histoire, mais les descriptions sont beaucoup trop succinctes et furtives pour étayer un semblant d’atmosphère.

Au niveau du contexte, l’on se situe environ 25 ans après notre époque. L’auteur a souhaité exposer les conséquences des problèmes actuels (socio-économiques, politiques, spirituels…) avec une vision peu reluisante et néanmoins crédible de l’avenir de notre civilisation. L’approche géopolitique se montre soignée et soucieuse des relations internationales et diplomatiques, mais aussi entre les institutions gouvernementales. Les interactions jouissent d’un réalisme tout particulier où les conflits d’intérêts se confrontent à ceux des états et au devenir de l’humanité. Cet aspect est très bien traité et joue sur les échelles du pouvoir avec une certaine habileté.

De ce côté, on n’a rien à redire, mais là où pèche principalement le roman est dans la profusion des histoires secondaires. Entre les attentats, la découverte du Codex Lucis, les cathares, les complots comme l’assassinat sur JFK ou la présence sous-jacente d’une mystérieuse société secrète, trop de points sont abordés pour conserver une ligne directrice nette. On passe souvent d’un sujet à un autre sans trop s’y attarder. À ce titre, si la succession des séquences se révèle vive, ces dernières ne sont pas toujours des plus crédibles. Par exemple, la scène du viol est tellement furtive qu’on la prend pour des attouchements. D’ailleurs, le comportement de la victime va en ce sens.

Des protagonistes qui, au demeurant, se multiplient à ne plus savoir qu’en faire. C’est bien simple, on a droit à 39 personnages principaux et secondaires ! Dans ces circonstances, la caractérisation pâtit d’une certaine facilité. On ne sombre pas dans la caricature ou les clichés, mais chaque individu ne parvient pas à imposer sa présence. Ils défilent au gré des pages comme un panel de figurants dans un film. Les rôles sont tenus, mais avec détachement vis-à-vis du lecteur. On ne les déteste pas, mais ils ne se montrent pas pour autant attachants et encore moins marquants. D’ailleurs, leurs comportements s’avèrent parfois inattendus, voire peu crédibles. Le dénouement, quoiqu’un peu précipité, en est le parfait un exemple avec un retournement de dernière minute alambiqué et saugrenu.

Au final, ce premier roman de Stéphane Haumant ne manque pas de qualités. Même si la trame reste confuse à certains égards, les sujets évoqués sont intéressants et permettent d’étayer un suspense bien ficelé. Le mélange des genres est assez discret et se fond dans un contexte géopolitique à la fois dense et réaliste. On saluera également une intrigue où le rythme est soutenu du début à la fin. Toutefois, les protagonistes se montrent trop nombreux et trop effacés pour les garder en mémoire. D’ailleurs, les dialogues demeurent assez conventionnels avec des réparties très courtes, parfois répétitives. On regrettera aussi que l’atmosphère de ce tour du monde mené à cent à l’heure ne soit pas plus développée, ainsi qu’un final qui laisse un goût d’inachevé. Un thriller ésotérique sympathique sur le fond, mais perfectible sur la forme.

Note : 12/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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