avril 16, 2021

Les Chroniques Saxonnes T.01 – Le Dernier Royaume – Bernard Cornwell

Auteur : Bernard Cornwell

Editeur : Bragelonne

Genre : Historique

Résumé :

Au IXe siècle, les féroces Vikings débarquent sur le sol saxon, avides de conquête et de destruction. Aucun royaume ne résiste au raz-de-marée barbare, à l’exception d’un seul. Bientôt le destin de toute l’Angleterre – et le cours de l’Histoire elle-même – reposera sur les épaules d’un homme. Uhtred, un jeune guerrier saxon aux origines nobles déchiré entre deux vies, deux voies, deux peuples : celui des Vikings qui l’ont élevé comme l’un des leurs après l’avoir arraché à sa famille, et celui de son sang et de ses origines…

Avis :

La littérature scandinave ayant trait aux Vikings n’a pas attendu le succès de la série éponyme pour se développer. Depuis plus de 20 ans, elle tend à fournir de discrètes incursions qui pâtissent d’un faible rayonnement dans l’hexagone. Preuve en est avec le présent ouvrage au milieu des années 2000 sous le titre « Le Dernier royaume » qui aura surtout retenu l’attention des amateurs de Bernard Cornwell et de récits historiques. L’auteur est notamment connu pour avoir exploré différentes époques, dont les conquêtes napoléoniennes avec Sharpe et les légendes arthuriennes avec sa trilogie sur le roi Arthur, sans oublier celle dédiée à la quête du Graal.

Soutenu par le succès de la série The Last Kingdom, le premier tome inaugure une réédition progressive des romans de la saga. On plonge alors dans un IXe siècle tourmenté où l’archipel britannique est en proie à de nombreux conflits ; que la menace provienne des terres saxonnes ou, en l’occurrence, de la Scandinavie. À l’instar de son protagoniste, le statut d’envahisseurs des Vikings se dispute à celui de partenaires commerciaux. Dans ce dernier cas de figure, on les désigne sous le patronyme de danes. Cette ambivalence identitaire occupe une place essentielle dans le récit. De cette spécificité découle un traitement qui évite tout manichéisme afin d’offrir une approche plus nuancée.

On s’éloigne donc de l’imagerie communément admise. Certes, on retrouve la connotation guerrière qui sied aux peuples du Nord. Cependant, elle ne marque nullement le pas au regard de leur mode de vie, de leur aspiration et de leurs croyances. Ces aspects ont beau rester en retrait par rapport aux conquêtes de territoire et à la confrontation avec les Saxons, ils n’en sont pas moins bien assimilés à l’intrigue. Cela se confirme avec Uthred, personnage central, qui évolue de prisonnier au sein de la communauté dane pour en faire partie intégrante, tout en bénéficiant d’une véritable reconnaissance. Il est d’autant plus intéressant de constater son tiraillement entre ses origines et sa vie avec les danes.

D’ailleurs, ce dernier point s’avance comme l’un des principaux enjeux de l’histoire. En effet, les choix du protagoniste ne tiennent pas seulement compte de son parcours, mais de l’orientation des conflits. Les décisions d’un seul homme ne changent pas le cours d’une guerre ou le visage d’un pays, mais elles modèlent son environnement. Là encore, la progression s’avère subtile pour présenter plusieurs niveaux d’évolution avec l’entrecroisement de destinées apparemment aux antipodes. Récit historique oblige, on notera la présence de nombreuses figures de l’époque. À ce titre, la reconstitution au IXe siècle d’une Grande-Bretagne morcelée par différents royaumes est particulièrement soignée.

Quant aux scènes de batailles et autres confrontations, elles se montrent violentes ; qu’il s’agisse d’un affrontement généralisé ou d’un duel. Des murs de boucliers aux joutes sur les navires, tout est orchestré de telle sorte à disposer d’un aperçu global, avant de se focaliser sur le point de vue d’un ou de plusieurs protagonistes. L’ensemble reste fluide et suffisamment varié pour ne pas instaurer un cycle redondant au fil de tractations politiques, combats et séquences de la vie quotidienne. De ce fait, l’auteur parvient à exposer les bases de sa saga, s’appuyant autant sur un réalisme de circonstances que sur une sensibilité d’évolution de la part des personnages.

Avec Le Dernier royaume, ce premier tome des Chroniques saxonnes s’avance comme une incursion probante dans une période phare de l’histoire britannique et scandinave. Bernard Cornwell ne se contente pas de dépeindre les Vikings comme de simples envahisseurs face aux royaumes anglo-saxons. Il développe une fresque beaucoup plus complexe et nuancée qui permet de tisser un portrait crédible des différents intervenants et de la période historique visée. À savoir, le IXe siècle. De par les personnages, l’atmosphère et la trame, on devine que le roman a été l’une des grandes inspirations de la série Vikings avant d’être lui-même adapté pour le petit écran.

Note : 17/20

Par Dante

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