avril 15, 2021

Soldat Cyborg

Titre Original : Syngenor

De : George Elanjian Jr.

Avec Starr Andreeff, Mitchell Laurance, David Gale, Charles Lucia

Année : 1990

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur, Science-Fiction

Résumé :

Dans le laboratoire Norton Cyberdyne, après des années de recherches le soldat parfait est né. Mais un de ces soldats s’échappe du laboratoire et va même jusqu’à tuer son créateur. Sa nièce, aidée d’un journaliste, décide de s’attaquer au monstre.

Avis :

Il arrive souvent de penser que certains films sont des suites, alors que non. On peut évoquer le fameux Chromosome 3 de David Cronenberg, qui n’est en rien le troisième volet d’une saga. Mais parfois, on pense aussi tomber sur un film qui n’a aucun rapport avec d’autres métrages, alors qu’en fait, l s’agit d’une suite ou d’un spin-off. C’est le cas ici avec Soldat Cyborg. Sorti en 1990 dans nos contrées, le film est en fait la suite de Scared to Death de William Malone, sorti lui en 1981. Difficile de faire le lien avec les titres des films, même si quelques années plus tard, avec les sorties DVD, le premier fut rebaptisé Scared to Death : Syngenor, pour faire le lien avec Soldat Cyborg qui se nomme Syngenor en VO. Bref, un beau bordel qui n’empêche cependant pas de voir ce film sans avoir vu le premier.

Soldat Nanar

Bon, on ne va pas se le cacher plus longtemps, Soldat Cyborg est ce que l’on peut appeler un nanar. Le film commence avec un type qui amène trois personnes dans le sous-sol d’un laboratoire, et qui libère un monstre, soldat issu de manipulations génétiques pour alimenter l’armée américaine. Ce soldat bute trois personnes, en prenant soin de montrer les seins d’une des deux femmes, puis s’enfuit du laboratoire pour aller buter son créateur. Dès lors, la nièce du créateur, aidé par un journaliste qui fourre son nez là où il ne faut pas, vont mener l’enquête pour trouver les responsables de ces morts et faire condamner la boîte qui fabrique les super soldats. Le pitch est crétin, ce qui se passe dans le film est crétin, et le grand méchant est… crétin. Et il n’y a pas grand-chose de plus à dire sur le scénario.

De toute façon, on le sait pertinemment avec ce genre de métrage. On n’aura jamais un chef-d’œuvre avec un titre aussi pété et une production aux fraises, même pour le début des années 90. Le film tente d’aborder des thématiques intéressantes. Ici, il parle de manipulations génétiques pour créer des soldats qui échappent à tout contrôle. Mais ça parle aussi d’industriels qui sont prêts à tout pour gagner de l’argent et retourner l’opinion public en leur faveur. Manipulation des médias, intimidations, on va voir que le film, malgré toutes ses maladresses qui le confinent au nanar, tente d’apporter du fond à un film qui n’en avait pas vraiment besoin. Mais faut-il pour autant blâmer scénariste et réalisateur pour avoir essayer de mettre un peu d’intelligence dans le bousin ?

Cyborg pataud

Néanmoins, malgré le fond, rien ne masque la pauvreté du projet. Soldat Cyborg souffre clairement d’une mise en scène catastrophique, et d’un jeu d’acteur très mauvais. Entre le journaliste qui cabotine, la relation amoureuse qu’il noue avec la nièce plutôt jolie, la secrétaire débile, la femme d’affaire qui joue de son corps pour arriver à ses fins ou encore le grand méchant qui sautille de partout déguisé en lapin et qui lâche un rire sardonique toutes les deux minutes, autant dire que l’on regarde un truc halluciné. Ajoutons à cela un aspect très début 90, avec un grain à l’image et des effets spéciaux horribles. Bref, Soldat Cyborg ne trouve rien de bien dans sa composition. C’est mal joué, c’est mal filmé et le tout est parfois à la limite du bon goût. Le début annonce d’ailleurs la couleur avec un plan totalement gratuit sur les nichons d’une pauvre nana.

Le film loupe aussi le coche dans sa tonalité. Le film se prend très au sérieux quand il veut évoquer les attaques de soldats. Tout est monté pou faire croire à un slasher, mais rien ne parvient vraiment à convaincre. C’est mou, c’est souvent grotesque et le montage épileptique n’aide en rien, reprenant même parfois des plans pour rallonger la durée. D’un point de vue horreur, on reviendra donc. Mais c’est aussi le cas sur la partie humoristique. Car oui, quand on voit les réactions hystériques de la bonne femme sur la fin, ou encore du grand méchant PDG, on ne peut que se dire que le film a un côté comique voulu. C’est tellement irréel, c’est tellement surjoué, que l’on peine à croire ce que le l’on regarde. Et le rie ne vient pas d’une situation comique, mais bel et bien d’une moquerie ou d’un rire nerveux.

Sein Génor

Malgré tous les défauts inhérents à ce genre de production, Soldat Cyborg mérite son coup d’œil pour son dernier quart d’heure. Si, dans sa globalité, le film est laborieux et nanardesque, le final est assez intéressant dans son imagerie gorasse. Certes, on tombe dans le navet de luxe avec ce pistolet laser géant qui désintègre tout le monde, mais on a droit à des moments crades, des explosions et surtout un dernier monstre bien dégueulasse. Une fusion improbable, un amalgame de chair qui démontre une envie de faire dans le sale. Ce monstre de fin, que l’on pourrait tout à fait voir comme un boss final, est glauque à souhait et permet de voir tout le potentiel qu’aurait pu avoir le film s’il avait été mieux maîtrisé, mieux écrit, mieux joué. Ce décalage bis fait du bien au film et c’est dommage qu’il arrive si tardivement.

Au final, Soldat Cyborg est un vilain film. Datant du début des années 90, trouvable de nos jours dans une version DVD douteuse sans possibilité de le voir en version originale (les voix françaises valent le détour), ce film est ce qui se rapproche le plus d’un nanar véritable. Pour autant, malgré toutes ses maladresses, le dernier quart nous rattrape, avec des acteurs en roue libre et une créature dégueulasse qui démontre une réelle envie de tomber dans l’horreur organique. Dommage que tout le film ne soit pas de cet acabit, cela aurait promis de bons moments !

Note : 06/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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