avril 15, 2021

Wonder Woman 1984

De : Patty Jenkins

Avec Gal Gadot, Chris Pine, Kristen Wiig, Pedro Pascal

Année : 2021

Pays : Etats-Unis

Genre : Super-Héros

Résumé :

Suite des aventures de Diana Prince, alias Wonder Woman, Amazone devenue une super-héroïne dans notre monde. Après la Première guerre mondiale, direction les années 80 ! Cette fois, Wonder Woman doit affronter deux nouveaux ennemis, particulièrement redoutables : Max Lord et Cheetah.

Avis :

Patty Jenkins est une réalisatrice qui a débuté sa carrière au début des années 2000 avec quelques courts-métrages. Elle trouve le succès en 2005 avec son premier film, « Monster« . Film qui verra alors Charlize Theron recevoir un Oscar de la meilleure actrice. Avec un succès comme celui-là, on aurait pu s’attendre à ce que Patty Jenkins enchaîne avec un nouveau projet, mais ce ne va pas être le cas et il va falloir attendre douze ans avant de revoir la réalisatrice prendre de nouveau une caméra. Si « Monster » était un petit film venant du circuit indépendant, le second métrage de Jenkins est bien plus énorme, puisque c’est elle qui est choisie pour mettre en scène la première aventure de Diana Prince, alias Wonder Woman.

« Wonder Woman » est un succès et c’est en toute logique que Patty Jenkins resigne pour réaliser un nouveau film. Prévu à l’été 2020, puis repoussé pour la fin de l’année, avant de trouver une date pour Avril 2021, « Wonder Woman 1984 » sortira finalement directement en DVD et Blu-ray et franchement, à la vue du résultat, c’est malheureusement et tristement pas plus mal que cela, car pour son troisième film, Patty Jenkins se rate en beauté. Long, interminable, bâclé, assez peu intéressant, caricaturé et finalement totalement oubliable, « Wonder Woman 1984 » est une belle déception devant laquelle il faut gratter pour lui trouver de bons côtés, c’est dire…

Depuis la fin de la Première Guerre mondiale, Diana s’est très bien intégrée au monde des hommes et elle vit aujourd’hui à Washington. Travaillant dans un musée, elle réenfile le costume de Wonder Woman pour venir en aide à ceux qui en ont besoin. Après le braquage d’une bijouterie, des objets précieux et rares sont envoyés au musée où travaille Diana. Parmi eux se trouve une pierre dont la légende raconte qu’elle pourrait exaucer des souhaits.

Sorti en 2017, le premier « Wonder Woman » s’était posé comme une bien belle surprise, et un film tout ce qu’il pouvait y avoir de divertissant. Forcément avec les résultats et surtout avec Gal Gadot dans le rôle, un deuxième film s’est mis en chantier, et ce « Wonder Woman 1984 » était de ces films qui piquaient un peu plus ma curiosité et oserais-je même dire ma petite impatience. Après avoir tenu, et tenu, et tenu, finalement, la première déception que le film de Patty Jenkins impose sera sa sortie directement en DVD. Résolu, on ne découvrira donc pas cette virée dans les années 80 sur grand écran. Trouvant alors le plus grand écran possible, convoquant des potes, nous nous sommes lancés dans ce deuxième film et là, « Wonder Woman 1984 » va tristement enchaîner déception sur déception. C’est bien simple, il est difficile de savoir par où commencer tant rien ne va dans ce film.

Alors avant de s’aventurer dans le naufrage du film de Jenkins, et peut-être parce que l’on a envie de mettre en avant le bon côté des choses, on pourrait alors parler du côté comédie amusant que tient le film au départ, notamment avec le personnage incarné par la divine Kristen Wiig, qui insuffle un peu de sa folie, de son côté gauche, de son humour et de son univers dans un blockbuster de super-héros. Ça donne au départ un côté frais, qui amuse et ça fait du bien. Puis on pourrait parler de la BO signée Hans Zimmer, qui sans être non plus exceptionnelle, fait tout à fait le job et livre même quelques petits scores badass à souhait.

Mais voilà, en cherchant bien, c’est tout ce que ce deuxième film « Wonder Woman » a pour lui, car le reste est un enchaînement parfaitement maîtrisé de désastre et surtout d’ennui.

Interminable, ayant de gros problèmes de rythme, « Wonder Woman 1984 » laisse cette impression que jamais il ne va commencer. Jouant la carte de la romance sur presque tout son long, on pourra s’amuser l’espace de dix minutes sur le fait que le film inverse les rôles par rapport au premier. Ici, ce n’est pas plus Diana qui découvre le monde, c’est elle qui le fait découvrir à Steve revenu d’entre les morts. Mais voilà, cette idée tient dix minutes et la prolonger encore et encore dans cette intrigue qui peine à se mettre en place, c’est fatiguant et surtout on finit par être plus attentif aux minutes qui passent, qu’à finalement ce qui se passe à l’intérieur de ce film.

Et quand on parle de l’intérieur du film, là encore « Wonder Woman 1984 » est une déception, car outre le fait qu’il ne s’y passe pas grand-chose, le peu qui s’y passe n’est pas intéressant. Entre romance et une intrigue tirée par les cheveux, les sentiments opposés se bousculent en nous. On ajoutera à cela que le film enchaîne les incohérences au point qu’on finit parfois par être totalement largué, ne comprenant pas vraiment l’intrigue, où même ses personnages. Des personnages absolument pas touchants, des personnages qui se noient dans la caricature, Pedro Pascal arriverait même à en être tordant tant il en fait de trop, mais malheureusement, il se prend bien trop au sérieux pour arriver à ce résultat. D’ailleurs, tout le film se prend bien trop au sérieux, pour finalement ne rien raconter d’intéressant.

Mais bon, à la rigueur, cette intrigue avec cette pierre de vœux qui détruit les âmes aurait pu tenir le coup, offrant un film qui se regarderait et s’oublierait peut-être, si la réalisation de Patty Jenkins tenait la route et offrait un style cool, et du spectacle, mais malheureusement, dans cet esprit d’enchaînement de déceptions, c’est bien là le clou du spectacle. À la découverte de ce film, on a bien du mal à croire que tout le monde en amont ait pu valider ce résultat, ou alors on va nous faire le coup de la Patty Jenkins Director’s Cut, non parce que là, il n’y a rien qui va. Le film est sans rythme, ne commençant jamais vraiment et se cherchant en permanence. On a la désagréable impression que la réalisatrice (qui est quand même crédité au scénario) ne sait pas quoi faire avec son film et cette histoire. Ayant du mal à raconter son intrigue, oubliant tout le côté cool des années 80 qu’on aurait pu trouver, on va surtout rester scotcher devant le visuel du film, qui tient des effets franchement dégueulasses. Entre le ringard et le bâclé, Patty Jenkins et ses équipes n’ont pas choisi et ont tout conjugué et l’on reste bouche bée devant Wonder Woman qui se met à courir ou qui vole, et là, c’est peut-être le comble du comble, auquel on ne croit pas un seul instant tant le film est dépassé et vieillissant avant même sa sortie. Ce constat est assez dingue, car Jenkins arrive à bâcler un film où il n’y a rien vraiment que trois grosses scènes d’action sur deux heures et demi de film….

Ces nouvelles mésaventures de Diana Prince sont donc on ne peut plus décevantes, c’est même la définition parfaite du mot déception. Partout où l’on tourne notre regard sur ce film, rien ne va et rien ne tient la route. L’intrigue est intéressante au possible, la morale finale est aussi facile que déjà vue mille fois. Le film est truffé d’incohérences, de facilités et d’éléments qu’on a bien du mal à comprendre. Visuellement, c’est un carnage, trois grandes scènes, enfin, qui se veulent grandes, alors que le tout est tristement risible et catastrophique (ah oui, oubliez le coup de l’armure vendu partout, ça dure trois minutes dans ce film…). Puis il y a ces acteurs qui ont bien du mal à garder la tête hors de l’eau, tant leurs personnages sont mal fichus et Jenkins leurs en fait faire de trop.

Bref, mauvais, raté, et surtout long, très long, trop long. Deux heures et demi de film qui passent comme quatre…

Note : 08/20

Par Cinéted

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