avril 15, 2021

Ouvre les Yeux

Titre Original : Abre los Ojos

De : Alejandro Amenabar

Avec Eduardo Noriega, Penélope Cruz, Fele Martinez, Chete Lera

Année : 1998

Pays : Espagne, France, Italie

Genre : Fantastique, Thriller

Résumé :

César, un jeune homme de 25 ans, est enfermé dans une unité psychiatrique carcérale. Un psychiatre l’aide à prendre connaissance des circonstances qui l’ont amené à commettre un meurtre. Le récit de César fait peu à peu apparaître de graves confusions dans sa perception de la réalité. Désespéré, il met en doute son équilibre psychique et imagine être victime d’une vaste machination.

Avis :

Après deux courts-métrages au début des années 90, Alejandro Amenábar fait une entrée dans le monde du long-métrage assez fracassante. « Tesis » fera l’ouverture du Festival de Berlin, il trouvera un grand succès auprès des spectateurs, mais aussi de la critique et enfin, il sera couronné par pas moins de sept Goya, dont les précieux meilleur film et meilleur nouveau réalisateur. Pas dégueulasse comme début de carrière.

Deux ans après « Tesis » et son incursion dans le thriller, Alejandro Amenábar était de retour, et cette fois-ci, il se lançait dans un film d’anticipation, œuvre métaphysique qui pose de belles réflexions sur la vie et la mort, « Ouvre les yeux » fit l’effet d’une bombe quand il fut montré (au point d’ailleurs que lorsqu’un certain Tom Cruise a mis les yeux dessus, il a acheté les droits pour en faire un remake). Intéressant dans ce qu’il raconte, original, solidement mis en scène, ce deuxième film pour Alejandro Amenábar assure son statut de prodige, et même si l’ensemble a quelque vieilli aujourd’hui, « Ouvre les yeux » reste encore et toujours un joli morceau de cinéma très bien mené et imaginé.

César, vingt ans, a tout ce qu’un homme peut rêver, beau, séduisant, riche, bien dans sa peau et dans sa vie. Mais tout ça bascule le jour où César fait la connaissance de Sofia. Si l’idylle commence comme un conte de fée, l’espace d’une soirée, cette dernière n’est pas du goût de Nuria, une ex de César qui prend très mal le fait d’être délaissée. Un matin comme un autre, proposant à César de le véhiculer, Nuria va crasher sa voiture contre un mur, laissant le jeune homme défiguré…

Cela faisait des années que je voulais m’arrêter sur ce deuxième film de Alejandro Amenábar, j’en connaissais déjà son remake, et je dois bien avouer que je considère son remake comme un petit chef-d’œuvre. Ainsi, j’étais curieux de voir les origines du film de Cameron Crowe et à la découverte de « Ouvre les yeux« , même si le film s’est avéré moins beau et puissant émotionnellement que son remake, j’ai été loin d’être déçu.

Certes, l’ensemble a pris un coup de vieux, notamment le maquillage de Eduardo Noriega qui a vraiment du mal à être convaincant dans l’ensemble, qui fait prothèse. Il y a une sensation au départ de longueur, les éléments ont du mal à se mettre en place. Puis delà de ça, il y a un sentiment qui se dégage, comme si Amenábar avait « du mal » à nous emmener là où il veut. Mais malgré ceci, finalement, l’intrigue trouve son petit rythme, et l’on se laisse prendre au jeu et plus que ça, cette histoire, qui tient des sujets terribles, se fait touchante. Si le scénario a ses hésitations, s’il a ses moments moins clairs que d’autres, ce puzzle fait son effet, et ce scénario se trouve être très beau.

Avec ce film, le metteur en scène espagnol évoque la vie, la mort, les regrets, l’amour, les amis, les rêves, les espoirs et le destin. Tous ces sujets se mélangent, se conjuguent, et il en ressort une belle philosophie. Certes, c’est alambiqué, mais tout prend sens et tout s’éclaire au final, avec notamment un twist très surprenant et génialement mis en scène.

Après, comme je le disais plus haut, si l’histoire et les réflexions sont touchantes, il manque au film de Amenábar un petit quelque chose de bouleversant. Pour faire la comparaison, et peut-être parce que j’ai découvert son remake bien avant son original, je trouve « Vanilla Sky » vraiment bouleversant aussi bien dans son exécution que dans ce qu’il raconte des regrets de ses personnages, ou de leur histoire et de leur choix, alors que chez Amenábar, même si le film est quasi le même, son intrigue si belle et bonne soit elle, n’apparaît que touchante. Toujours en comparaison et pour expliquer, ce que le film de Amenábar n’a pas, par rapport à celui de Crowe, c’est le fait que Crowe ait développé bien plus ses personnages, et notamment le passé de son personnage principal.

Après, malgré ça et les autres petits défauts que peut avoir le film de l’espagnol, « Ouvre les yeux » reste un bon et beau film, original, singulier, prenant et intéressant et je ne regrette en aucun cas de m’y être arrêté, car en plus de découvrir une œuvre audacieuse, qui démontre encore une fois tout le talent de son cinéaste, quand on s’enchaîne les deux films à la suite, « Ouvre les yeux » rehausse encore un peu plus l’amour que l’on peut avoir pour le film de Cameron Crowe. « Ouvre les yeux » n’est pas le chef-d’œuvre que j’aurais espéré voir, mais indéniablement, il est un film à découvrir.

Note : 14/20

Par Cinéted

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