octobre 25, 2021

Djinns

De : Hugues Martin et Sandra Martin

Avec Grégoire Leprince-Ringuet, Thierry Frémont, Aurélien Wiik, Saïd Taghmaoui

Année : 2010

Pays : France

Genre : Fantastique

Résumé :

Algérie, 1960. Une section de paras français est envoyée à la recherche d’un avion disparu dans le désert algérien. L’épave de l’avion est rapidement localisée, mais il n’y a aucun survivant, juste une mallette estampillée « secret défense ». Prise d’assaut par des soldats ennemis, la troupe trouve refuge dans une étrange citadelle abandonnée. Malgré les mises en garde de la Gardienne des lieux, ils réveillent les Djinns, les esprits maléfiques du désert…

Avis :

Couple à la ville mais aussi derrière la caméra, Hugues et Sandra Martin ont commencé par travailler pour la télévision. Par la suite, les deux réalisateurs s’intéressent au clip vidéo. Pendant près de vingt ans, ils vont alterner les deux « univers ». Étant parti tourner un clip dans le désert il y a dix-neuf ans de cela, les deux cinéastes sont littéralement tombés amoureux de l’univers, des couleurs, ou encore des sons qu’il peut y avoir dans cet endroit.

Faire un premier film en France est compliqué. Faire un film de genre est compliqué. Faire un film qui parlerait de la guerre d’Algérie est compliqué. Alors imaginez donc quand tous ces éléments se retrouvent ensemble ? Le défi fut grand, et c’est petit à petit, pendant dix-neuf ans que les deux metteurs ont travaillé pour que « Djinns » voit le jour et l’on peut dire qu’ils ont bien fait de tenir, puisque sans être incroyable non plus, ce premier métrage se pose comme une bonne petite surprise. Original, osé, oscillant entre le drame, le film historique et le film fantastique, abordant un mythe peu connu, Hugues et Sandra Martin nous offrent un bon petit film, qui ne méritait absolument pas de se faire taper sur les doigts comme ce fut le cas.

Algérie 1960, un avion s’est écrasé dans le désert. Une équipe est alors dépêchée pour retrouver la carlingue et les survivants. Parmi les soldats dirigés par le Capitaine Durieux, se trouve Michel, un jeune bleu, apprenti cinéaste, qui est là pour découvrir le terrain et en termes de découverte, le jeune homme, comme le reste de la troupe, était très loin d’imaginer ce qu’ils allaient devoir affronter.

Partant avec une histoire somme tout assez bateau, un avion s’écrase dans le désert et une équipe de soldat est envoyée pour retrouver l’épave, le film de Hugues et Sandra Martin va vite se retrouver plus intéressant et plus prenant que ce prétexte de départ. D’ailleurs, c’est même dès sa première scène que le film intrigue et il ne va cesser de piquer la curiosité pendant sa petite heure quarante. Tenu par un scénario assez dense, même si on n’évitera pas quelques clichés, facilités et autres emportements non mesurés, il faut dire que dans le genre, Thierry Frémont en fait beaucoup pour jouer les gros durs… Bref, quoi qu’il en soit, derrière ça, « Djinns » se pose comme un petit film fantastique qui gère plutôt bien son intrigue. Le couple Martin oscille très bien entre le film historique, avec comme toile de fond la guerre d’Algérie, le film de genre qui s’aventure dans le fantastique, explorant la culture et la mythologie arabique, ce qui change des univers maléfiques qu’on a l’habitude de voir.

De plus, les deux cinéastes développent un bon univers. Un univers qui aurait mérité d’être exploré plus en profondeur, car il y a vraiment de quoi faire avec ces créatures qui s’emparent de l’esprit humain pour le rendre fou, mais il ne faut pas oublier que « Djinns » reste un premier film, qu’il a peu de budget et qu’au-delà de ça, c’est un film de genre français, qui se pose dans un paysage à la production frileuse.

L’univers évoqué plus haut est aussi plutôt bien rendu dans les idées que peuvent avoir Hugues et Sandra Martin. Leur mise en scène est simple, parfois même facile, voire peu originale (l’idée du flashback par exemple est déjà vue et revue), mais elle tient très bien la route et elle est efficace. Que ce soit dans le rythme du film, dans ses effets spéciaux très bien fichus, dans le visuel des djinns, dans les hallucinations et les peurs qui prennent le dessus, ou encore et simplement dans l’ambiance qu’ils développent, leur film a son petit cachet et surtout, on se laisse gentiment prendre dans cette histoire. Jamais l’on ne s’ennuie et le tout passe très rapidement, peut-être même trop rapidement, ce qui est dommage, car on aurait bien aimé avoir un peu de rab. On aurait aimé descendre plus en profondeur dans cette histoire, dans ces mythes, ou dans la folie qui s’empare de ces personnages.

Personnages qui d’ailleurs sont tenus entre mesure et abus, par une bande d’acteurs convaincants. Une bande d’acteurs entre valeurs sûres, Thierry Frémont (même si…) et Saïd Taghmaoui, et une jeune génération, Grégoire Leprince-Ringuet (« Les chansons d’Amour« ), Aurélien Wiik (« Frontière(s)« ), Stéphane Debac (« Modern Love« ), Matthias Van Khache (« Sexy boy« ) ou encore le cascadeur reconverti en acteur Cyril Raffaelli (« Banlieue 13« ). À noter une très magnétique et énigmatique Raouïa Harand.

Pour leur premier film, Hugues et Sandra Martin s’aventurent là où peu de cinéastes osent le faire, et même s’ils livrent un film imparfait, qui aurait mérité d’aller plus en profondeur dans la mythologie qu’ils approchent, « Djinns » tient une bonne ambiance, une bonne intrigue, et un bon rythme et l’on se laisse très facilement entraîner dedans. Il est dommage que « Djinns » se soit autant fait taper sur les doigts, tout comme il est dommage que le duo, ensemble ou séparé, n’ait refait un film.

Note : 12/20

Par Cinéted

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