octobre 18, 2021

L’Oeil du Mal

Titre Original : Eagle Eye

De : D.J. Caruso

Avec Shia LaBeouf, Michelle Monaghan, Rosario Dawson, Billy Bob Thornton

Année : 2008

Pays : Etats-Unis

Genre : Thriller, Action

Résumé :

Jerry et Rachel ne se connaissent pas, mais un cauchemar leur a donné rendez-vous. Parce que quelqu’un l’a fait passer pour un terroriste et qu’il est désormais recherché par toutes les polices, Jerry n’a pas d’autre choix que d’obéir à la mystérieuse voix qui contrôle chacun de ses faits et gestes. Rachel est elle aussi obligée d’obéir, sinon ce sera son fils, Sam, qui le paiera de sa vie.
Dans une course contre la montre où la manipulation et l’hypertechnologie sont reines, les deux jeunes gens doivent accomplir tout ce que la voix leur demande, quels que soient les risques. S’ils veulent survivre au piège, ils vont devoir à la fois échapper à leurs poursuivants et percer le secret de ceux qui mènent ce jeu infernal…

Avis :

Réalisateur américain, D.J. Caruso fait partie de ces cinéastes qui n’ont jamais visé autre chose que d’offrir du divertissement. Après avoir passé les années 90 à se former notamment sur les films de John Badham avec qui il effectue une très riche collaboration, D.J. Caruso présente son premier long-métrage de cinéma, « Salton Sea« , en 2002. Depuis, le metteur en scène a enchaîné les thrillers, « Taking Lives« , « Two For The Money » et « Paranoiak« .

Après avoir livré de plus ou moins bons thrillers, D.J. Caruso décide de conclure ses années 2000 en changeant quelque peu de style. Ou plutôt en restant dans le domaine du thriller, tout en y injectant une touche de science-fiction. Retrouvant Shia LaBeouf un peu plus d’un an après « Paranoiak« , D.J. Caruso revient avec « L’œil du mal« , un thriller façon Big Brother, qui va se révéler être une terrible série B. Ultra efficace, ultra soutenu, offrant une intrigue bien foutue, des personnages attachants, et un sens de l’action quasi parfait, avec « L’œil du mal« , D.J. Caruso livre là une très bonne surprise, qui en plus de ça, peut très facilement prétendre à être l’un des meilleurs films de son réalisateur, si ce n’est même son meilleur.

Jerry vient de perdre son frère jumeau. Rachel, elle, vient d’emmener son petit garçon à la gare, car ce dernier avec d’autres enfants s’en va donner un petit concert à Washington. Jerry et Rachel ne se connaissent pas et pourtant, tout deux vont recevoir un coup de téléphone d’une femme et ils vont se retrouver dans l’obligation d’exécuter les ordres que la femme leur demande et ainsi, ils vont se retrouver mêlés à un terrible complot dont la sortie ne pourrait être que fatale.

Ce qui est surprenant avec ce film, c’est qu’il ne réinvente rien et dans un sens, on pourrait même dire que son intrigue est déjà vue. Oui, une intelligence artificielle qui décide de prendre le contrôle pour tuer, pour sauver l’être humain, ou du moins ici une nation, on ne peut pas dire que ce soit franchement neuf. Et pourtant, malgré ça, D.J. Caruso livre là un film ultra efficace et réjouissant. Un film intelligent, qui s’amuse de la technologie pour livrer quelque chose de paranoïaque de bout en bout.

Ainsi, si l’intrigue ne réinvente rien, dans ses grandes lignes, elle se trouve être ingénieuse et totalement maîtrisée par D.J. Caruso qui sait parfaitement jouer avec cette histoire. Entre thriller, science-fiction et film d’action, le metteur en scène mélange le tout et certes, c’est parfois un peu tiré par les cheveux, et l’on peut se dire que cette A.I se complique la tâche, mais entre le mystère qui entoure le tout, les pièces de ce puzzle qui se rassemblent petit à petit, le background des personnages, et surtout le tension paranoïaque que Caruso tient tout le long de son film, fait que l’on se laisse totalement emporter et l’on ne voit absolument pas passer les presque deux heures que dure cet « … œil du mal« .

L’intrigue est donc sympathique et prenante, mais ce n’est pas là où le film de D.J. Caruso met une petite claque. Non, là où le film nous tient totalement, c’est dans sa mise en scène qui ne nous laisse que très peu de temps pour souffler. C’est bien simple, une fois commencé, « L’œil du mal » ne s’arrête jamais, et mieux encore, il ne va faire qu’accroître sa tension. Nerveux, percutant, doté de scènes d’action assez démentes, très riche dans ses actions d’ailleurs, entre courses-poursuites, idées de joie avec l’high tech en permanence, paranoïa, puis au-delà de ça, D.J. Caruso ne cesse de renouveler ses scènes d’action pour offrir autant de spectacle que de divertissement. On sera aussi saisi par la qualité des scènes d’action, et surtout des cascades et le choix du réalisateur pour les mettre en scène. Ici, il y a assez peu d’effet spéciaux, et le peu qu’il y a sont quasi invisibles, ce qui donne à l’ensemble un effet très réaliste et violent des impacts, comme on en voit plus beaucoup aujourd’hui.

« L’œil du mal » est aussi emmené par une BO impeccable de Brian Tyler. Le compositeur livre là une soundtrack qui habille parfaitement le film, soulignant les moments tendres et touchants, et accentuant l’intensité des scènes d’action ou encore ce final, qui ne s’arrête pas.

En plein boom des « Transformers » de Michael Bay, Shia LaBeouf retrouve D.J. Caruso qui lui offre son meilleur rôle à cette époque-là de sa carrière. Ici, l’acteur offre d’autres facettes de lui et si l’on regarde bien, c’est peut-être à partir de ce film qu’il commence à « grandir », et montrer autre chose. Ici, alors que son personnage ne cesse de courir et de s’échapper, LaBeouf arrive sans mal à le rendre touchant et très attachant. En tête d’affiche, aux côtés de LaBeouf, on trouve la talentueuse Michelle Monaghan. L’actrice monte petit à petit à cette époque-là et c’est toujours un plaisir de la retrouver, surtout dans ce genre de film où en plus d’y être étonnante, apporte beaucoup au duo qu’elle forme avec l’acteur. Pour le reste, D.J. Caruso a sorti l’artillerie lourde, entre Billy Bob Thornton, Rosario Dawson, Michael Chiklis, Ethan Embry, Anthony Mackie, William Salder, ou encore un tout jeune Cameron Boyce.

« L’œil du mal » est donc un excellent film. Paranoïaque, nerveux et tendu, avec ce film, D.J. Caruso nous entraîne dans une intrigue certes loin d’être neuve, mais terriblement bien fichue. Une intrigue qui nous tient jusqu’à son final, assurée par une mise en scène assez folle, surtout dans la carrière de D.J. Caruso. Puis le tout est tenu par acteurs convaincants et étonnants qui tiennent des personnages attachants. Bref, le film fut à l’époque une bien bonne surprise, et aujourd’hui, à l’heure de la redécouverte, la surprise, tout comme la petite claque de l’époque, tiennent encore très bien la route.

Note : 15/20

Par Cinéted

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