avril 16, 2021

Les Sentiments

De : Noémie Lvovsky

Avec Jean-Pierre Bacri, Nathalie Baye, Isabelle Carré, Melvil Poupaud

Année : 2003

Pays : France

Genre : Comédie, Drame

Résumé :

Jacques, médecin, et Carole, son épouse, habitent une maison en région parisienne. Dans la maison voisine s’installent François et Edith. Ce dernier doit succéder à Jacques et reprendre sa clientèle.
Jacques passe beaucoup de temps avec François pour lui transmettre sa succession. Carole et Edith, pendant ce temps, deviennent amies.
Très vite, Jacques tombe amoureux d’Edith. Elle est tout d’abord émue par le trouble qu’elle provoque chez lui. Puis elle se met à l’aimer. Mais elle ne voit pas qu’elle est également « amoureuse d’elle-même en train d’aimer ». Elle ne voit pas non plus qu’ils courent vers la violence des sentiments…

Avis :

Noémie Lvovsky est une réalisatrice et actrice qui m’a toujours séduit, aussi bien dans ce qu’elle raconte à travers ses films, que dans son jeu bourré de nature et de charme. Réalisatrice et scénariste avant d’être comédienne, Noémie Lvovsky a débuté au début des années 90, et même si dès son début de carrière, elle tient une jolie filmographie, aussi bien pour elle-même que dans ses collaborations (elle a notamment travaillé avec Arnaud Desplechin, Emmanuelle Devos, Valeria Bruni-Tedeschi, ou encore Philippe Garrel) c’est bien dans les années 2000 qu’elle prend son envol. Ainsi, elle passe à la comédie, notamment chez Yvan Attal, rôle pour lequel elle sera nommée au César de la meilleure actrice dans un second rôle.

Le succès en salle, en tant que réalisatrice, arrivera avec son quatrième long-métrage, « Les sentiments« . Pour ce film, Noémie Lvovsky n’offre rien de neuf du côté de son intrigue, puisque la réalisatrice s’aventure dans un film très convenu. Deux couples se côtoient et bien évidemment l’adultère pointe le bout de son nez. Or, si son film ne réinvente rien, il est tenu par des personnages adorables et décalés qui font qu’on passe un petit, mais sympathique, moment.

François et Edith sont jeunes, amoureux, et viennent de se marier. Le couple s’installe à la campagne, où François vient d’accepter de remplacer Jacques, un médecin qui ne va pas tarder à partir à la retraite. D’ailleurs, c’est Jacques et sa femme Carole qui ont aidé le jeune couple à s’installer en leur trouvant une jolie maison, qui se trouve être juste en face de la leur. Très vite, les deux couples s’entendent très bien et passent du temps ensemble. Puis entre les découvertes et les dîners, Jacques et Edith vont apprendre à se connaître plus intimement…

« Les sentiments« , c’est le film qui a permis à Noémie Lvovsky de s’affirmer et de sortir de son cercle restreint, et si la metteuse en scène offre là un joli film, ces « … sentiments » est un métrage qui est plus difficile qu’il n’y paraît. Entre son côté rien de neuf, les émotions qui parcourent son film et ses personnages, et l’idée d’une chorale qui parcourt et marque tous les grands moments de l’œuvre, Noémie Lvovsky propose un film décalé, aussi touchant que parfois agaçant.

Ce qu’il y a de très beau avec « Les sentiments« , c’est sa liberté de ton. Certes, il n’est pas bien difficile de deviner le schéma de ce que Noémie Lvovsky va nous raconter, tant ce dernier est presque connu d’avance. Et pourtant, malgré ça, « Les sentiments » est un petit tourbillon qui arrive à nous entraîner dans son marivaudage sans mal. Drôle, fun, décalé et surtout émotionnel, Noémie Lvovsky offre un film très lumineux et attachant. Puis un film qui est tenu par des personnages auxquels il est difficile de résister, tant ils sonnent plus vrai que nature. Que ce soit Carole et Edith, ou Jacques et François, chacun de ces personnages a de quoi intéresser et surtout, ils ont de quoi toucher. Ils touchent dans leur amour, leurs non-dits, leur folie, ou encore leur regard sur eux-mêmes, et la vie de manière générale. Puis ces personnages sont tenus par un quatuor de comédiens tous impeccables. « Les sentiments« , c’est la folie enfantine d’Isabelle Carré, c’est les sentiments et les émotions de Jean-Pierre Bacri, c’est la douleur de Nathalie Baye ou encore le charme de Melvil Poupaud. Bref, ces quatre acteurs sont au top et fonctionnent parfaitement entre eux, dans leur couple et leur aventure et l’on a envie de les suivre en permanence.

Si « Les sentiments » est un joli film agrémenté d’un brin de folie, oscillant gentiment et efficacement entre léger et grave, comme je le disais plus haut, c’est aussi un film qui est plus « difficile » qu’il n’y paraît. Car oui, dans son envie de cinéma, et dans ses idées, pour ce film-là, Noémie Lvovksy a eu l’idée de faire chanter une chorale pour accompagner certains des moments forts de son œuvre et si l’idée et la démarche sont intéressantes en un sens, dans une autre direction, « Les sentiments » peut être agaçant, car là où il aurait été plus facile et juste de laisser faire les émotions déjà fortes de son film, la réalisatrice appuie trop avec cette idée et surtout, elle nous sort parfois de son film. D’un coup, entre deux ou trois chants, très jolis par ailleurs, on se dit qu’ils sont de retour et que ça s’entend trop. Cette idée laisse donc un sentiment mitigé sur l’ensemble, car entre deux agacements, l’idée en elle-même n’est pas mauvaise et quand elle est bien employée, elle donne quelque chose de vraiment chouette. Mais voilà, faut-il encore qu’elle soit bien employée partout et ce n’est pas vraiment le cas.

« Les sentiments » est donc un joli petit film. Ce cru 2003 pour Noémie Lvovsky est certes inégal et parfois agaçant, ce qui laisse un goût de mitigé, mais sur l’ensemble de l’œuvre, entre ses personnages adorables, ses comédiens au top, l’esprit bohème de ce film, on se laisse gentiment emporter dans cette petite œuvre lumineuse, un brin folle, et surtout touchante.

Note : 13/20

Par Cinéted

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