avril 15, 2021

Sentier Mystique

Titre Original : Deadfall Trail

De : Roze

Avec Richard Anderson, Cavin Gray Schneider, Shane Dean, Katrina Matusek

Année : 2009

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

John, Julian et Paul pénètrent dans la Forêt Nationale de Kaibab pour une randonnée de trois semaines, munis d’un couteau, d’une bouteille d’eau et d’un sac poubelle chacun. Mais après une semaine de survie seulement, un événement désastreux survient et les trois amis doivent explorer les recoins les plus sombres de leur personnalité. Confrontés aux éléments, confrontés à eux-mêmes, l’enjeu est désormais d’en sortir vivant.

Avis :

On ne le répète jamais assez, le genre horrifique est un terreau fertile. C’est vraiment dans ce genre que de nombreux jeunes cinéastes trouvent une liberté d’expression, et parfois une ouverture vers d’autres projets plus grandiloquents. Cependant, l’horreur est aussi le genre le plus produit. Et quantité ne rime pas forcément avec qualité. De ce fait, quand on farfouille un peu partout pour se délecter de sa dose d’hémoglobine, il y a de bonnes chances pour que l’on tombe sur un navet. Et c’est tout à fait le cas avec Sentier Mystique. Premier (et visiblement dernier) film pour Roze, il s’agit-là d’un survival qui veut se trouver des airs mystiques et questionner sur la nature même de l’humanité. Un projet alléchant sur le papier, mais qui va vite tourner au vinaigre, la faute à un scénario indigent et à un manque d’application dingue.

Rando to Hell

Le pitch de base est d’une grande simplicité. Mais cette simplicité apporte surtout son lot d’incohérences. Et cela dès le début. On va donc suivre trois types qui vont partir faire une randonnée avec une bouteille d’eau, un sac poubelle et un couteau chacun. Le but : survivre. Pourquoi faire ? On n’en saura jamais rien. Et c’est bien là tout le problème du métrage qui va se contenter de suivre trois types dans la pampa qui végètent au soleil et s’engueulent pour trois fois rien. D’entrée de jeu, le film loupe le coche sur les personnages. On ne connait que leur nom, mais on ne sait pas leur motivation, ni leur lien de parenté. On aura que des prénoms à se mettre sous la dent et des psychologies de comptoir, avec un jeune qui veut faire ses preuves, un siphonné de la survie et un type cool.

Bref, c’est bien maigre, mais en plus de cela, ils ne possèdent aucun background. Les enjeux du film ne sont pas clairement établis, si ce n’est cette partie de survie. Mais rien n’évolue vraiment au cours de cette randonnée. Les hommes vont s’entraider, se prendre la tête, puis devenir violent au moment où l’un d’eux est grièvement blessé. Là, le film essaye de dérouler et de poser, strate après strate, un contenu horrifique qui ne peut mener qu’à l’inéluctable. Sauf que rien ne marche vraiment. L’histoire est trop bancale. On nous parle de peyotl, de trip écologique, mais concrètement, cela ne mène absolument à rien. Si ce n’est un ennui poli face à une histoire qui n’a ni queue ni tête et qui ne se donne aucun moyen pour se sortir la tête de l’eau. Ou de la forêt pour l’occasion.

Blaireau Witch

Selon toute vraisemblance, le film a voulu jouer la carte de la perdition et des repères qui se retrouvent bousculer. On pourrait presque y déceler une ressemblance avec le Projet Blair Witch, sauf qu’ici, la sorcière est la terre, lorsque l’on a pris un peu trop de drogue. Le film n’arrive jamais à jouer sur ce sentiment de perte. La mise en scène, basique, préfère s’attarder sur les personnages et sur quelques astuces pour survivre, plutôt que sur le milieu hostile. Malheureusement, les personnages n’étant pas intéressants et pas développés, on se retrouve à suivre trois pimpins dont on se fout éperdument. Et c’est là aussi un autre gros problème du film, il ne fait absolument pas peur. Cela est dû à deux facteurs. Des personnages insipides dont on se fout. Des situations grotesques qui ne sont la résultante que de la maladresse d’un personnage.

Et c’est certainement ça le pire dans un film d’horreur, ne pas réussir ni son ambiance, ni ses effets de peur. Dans Sentier Mystique, on n’aura rien à se mettre sous la dent. L’ambiance est morne. Il y a des arbres, des cactus, une rivière, quelques cailloux, mais rien d’angoissant. Les teintes sont ternes et le film ne compense même pas avec son manque de budget. Et forcément, les moments de terreur sont aux abonnés absents. Les affrontements sont ridicules. Le twist est imbitable. Quant à la psychologie des personnages, elle est aussi intéressante que la lecture d’un annuaire téléphonique. Reste une scène, une seule, qui vaut le coup d’œil. Un combat dans un bain de sang, avec quelques effets ralentis pas dégueu. Mais doit-on vraiment voir un film pour une seule scène ? Et surtout une scène aussi fugace que celle-ci…

Au final, il n’y a pas grand-chose à dire de plus sur Sentier Mystique. Le film veut se la jouer métaphysique de beauf sur son twist final, essayant vainement d’interroger sur l’espèce humaine et sa future survie dans un milieu hostile, mais rien ne marche. Relativement moche à regarder, sans aucun effort pour présenter des personnages intéressants, sans aucun intérêt dans le déroulement de son scénario. On peut clairement dire que nous sommes face à ce genre de film indépendant destiné très rapidement à un marché du DtV bas de gamme et sans âme. Bref, pour faire court, il s’agit d’un film pénible, sans intérêt, et qui n’a d’horrifique que le terme qu’on lui donne pour le ranger quelque part…

Note : 04/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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