avril 15, 2021

Epica – Omega

Avis :

Fondé en 2002 sous le nom de Sahara Dust avant de réellement percer un an plus tard en tant qu’Epica, on peut dire que les néerlandais sont l’un des fers de lance du Métal Symphonique. Car même s’ils sont apparus six ans après Nightwish ou leurs confrères de Within Temptation, le groupe n’en demeure pas moins l’un des plus importants de ces dernières années. Et pour cause. Chaque album est un gros morceau, avec une orchestration solide et l’ensemble est porté par une Simone Simons charismatique en diable. Et il aura fallu attendre un long moment avant de voir débouler le nouveau Epica. Cinq ans, c’est le temps de maturation dont a eu besoin le groupe pour sortir Omega. Et c’est un album dense, long et épique que le groupe nous offre. Un album puissant, touchant, qui est une parfaite synthèse de ce que l’on attend du groupe.

L’album débute avec une introduction, Alpha – Anteludium, et on ressent déjà toutes les bases d’un métal sympho. Orchestration majestueuse, l’ensemble est très cinégénique et annonce pour la suite un grand moment. Et c’est ce que l’on va avoir. Abyss of Time – Countdown to Singularity est un long titre qui se révèle très addictif. Alternance des chants masculin graveleux avec la voix divine de la chanteuse, riffs accrocheurs et puissants, refrain enchanteur et bien catchy, tout est réuni pour en faire un énorme titre. Le groupe ne s’y trompe d’ailleurs pas en proposant ce morceau comme premier hit pour vendre l’album. Et techniquement, il n’y a rien à redire. Au contraire, on aura droit à notre petit solo des familles, rajoutant un aspect orgasmique au titre. Alors oui, le reproche que l’on peut faire dès le début, c’est son côté classique et sans surprise. Mais c’est tellement bien fichu…

En abordant The Skeleton Key, on vire vers tout autre chose. Comme bien souvent, Epica se scinde en deux, avec un côté lumineux (qui bien souvent correspond à la chanteuse) et un aspect plus sombre (la growl du chanteur). Ici, on retrouve cet univers de la plus belle des façons, avec un début tonitruant et sombre, des riffs gras et lourds, portés par un growl tortueux qui donne une belle image de l’enfer. Seal of Salomon annonce un gros début avec un chœur féminin puissant et des sonorités arabisantes, qui seront un peu le fil rouge du titre. Un morceau là aussi puissant, qui tape fort et qui donne une forte envie de bouger le cou dans tous les sens. Sur ce titre, le groupe joue à fond la carte de l’orchestration épique et on se retrouve avec un morceau qui nous transporte clairement en Orient.

Concernant Gaia, mais aussi Code of Life, le groupe opère une sorte de synthèse des deux morceaux entendus précédemment. Entre introduction tonitruante et long titre qui tabasse bien tout en y apportant une certaine finesse, Epica livre ce qu’il sait faire de mieux, sans jamais susciter de l’ennui. Mieux, certains moments restent encrés dans nos mémoires pendant un long moment. Avec ces titres, et plus globalement avec cet album, les néerlandais ont réussi un pari un peu osé, faire un long album, mais qui contient de longues plages ultra catchy. Freedom – The Wolves Within en est une preuve de plus, alternant des moments éthérés avec des passages très virulents où les guitares sont bien mises en avant avec un rythme rapide et une mélodie qui fonctionne à la perfection. Ici, le morceau est peut-être le plus mainstream, mais il est d’une redoutable efficacité.

Puis, sans vraiment crier gare, le groupe nous balance la pièce maîtresse de l’album, Kingdom of Heaven Pt. III – The Antediluvian Universe. Plus de treize minutes d’un bonheur intense et dense. Le groupe va nous faire passer par toute une palette d’émotions, jouant avec les rythmes, les humeurs et les rythmes. Le début est d’une rare beauté, annonçant une guerre à venir qui va taper fort à partir de la cinquième minute. Très clairement, rarement un long morceau n’aura été aussi bien maitrisé, aussi bien dans le temps que dans sa rythmique ou sa construction, complexe, mais pour autant accessible. Par la suite, plus rien ne sera vraiment pareil. Si les autres titres sont bons, ils n’auront pas cette saveur si particulière d’un titre énorme, épique.

Mais on peut tout de même citer Rivers et sa douceur faisant office de ballade ou encore Omega – Sovereign of the Sun Spheres, qui clôture l’album de la plus grandiloquente des façons.

Au final, Omega, le dernier album d’Epica, est un très gros morceau. Le groupe fait honneur à son statut, à son image, et accouche d’un très beau bébé. Après cinq ans d’absence, on n’en attendait pas moins d’un tel groupe et on peut dire que la formation ne déçoit pas. Omega est clairement l’un de leur meilleur album, une parfaite synthèse de toute une carrière qui alterne entre violence, douceur et grandiloquence. Et pour le coup, le groupe n’a pas usurpé son nom, tant cet album est… épique !

  • Alpha – Anteludium
  • Abyss of Time – Countdown to Singularity
  • The Skeleton Key
  • Seal of Salomon
  • Gaia
  • Code of Life
  • Freedom – The Wolves Within
  • Kingdom of Heaven Pt. III – The Antediluvian Universe
  • Rivers
  • Synergize – Manic Manifest
  • Twilight Reverie – the Hypnagogic State
  • Omega – Sovereign of the Sun Spheres

Note : 18/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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