avril 15, 2021

L’Ultime Souper

Titre Original : The Last Supper

De : Stacy Title

Avec Cameron Diaz, Ron Eldard, Annabeth Gish, Bill Paxton

Année : 1995

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie, Thriller

Résumé :

Cinq étudiants de gauche se réunissent dans un agréable pavillon autour d’une table choisie, pour refaire le monde. Ce soir comme chaque semaine, ils invitent un hôte, soigneusement sélectionné, à partager leur table et à exposer son point de vue sur un sujet donné.

Avis :

Réalisatrice américaine, Stacy Title fait partie de ces très nombreux réalisateurs et réalisatrices qui mènent leur barque sans vraiment faire de bruit. Stacy Title commence sa carrière au début des années 90 et directement avec son premier et unique court-métrage, la jeune femme se fait remarquer et « Down on the Waterfront« , le court-métrage en question, fera même partie des films présentés à l’Oscar du meilleur court. Cette nomination assurera alors à Stacy Title de pouvoir réaliser son premier long-métrage. Depuis, Stacy Title réalise peu, et s’aventure bien souvent dans le genre de l’horreur.

Comédie noire, critique sociétale acerbe, drame fou et jubilatoire, « L’ultime souper » est un film que je n’attendais pas et qui fut un redoutable moment de cinéma !

Cinq amis, tous étudiants, se retrouvent pour refaire le monde autour d’un bon dîner. Ce soir-là, Pete est en retard, et pour cause, sa voiture est tombée en panne. Par chance, il est ramené à son dîner par Zack, un homme d’une quarantaine d’années. Pour le remercier, le groupe d’amis invite Zack à partager leur table. Aucun d’eux ne pensait que ce soir-là, leur vie allait changer à jamais et qu’une spirale infernale (et politique en un sens) allait se mettre en place.

Jubilatoire, « L’ultime souper » est un film tout simplement jubilatoire de bout en bout. Pour son premier film, Stacy Title livre-là une œuvre étonnante, politique, et surtout très intéressante, aussi bien dans ce qu’il raconte de la société que dans son suspens, car on ne sait pas jusqu’où cet « … ultime souper » peut aller.

« L’ultime souper« , c’est donc un scénario qui est intéressant. Partant d’un dîner entre amis, Stacy Title nous concocte un film qui va totalement partir en vrille. Après une introduction assez terrifiante, la jeune metteuse en scène va s’aventurer sur des sentiers inattendus. Si on pourrait reprocher à cet « … ultime souper » d’avoir un côté répétitif, avec un schéma qui se met en place et qui va tourner en boucle sur une heure et demie de film, on restera surpris que finalement, ça ne dérange pas plus que cela, car la cinéaste sait comment employer à bon escient la dite boucle.

Pour cela, Stacy Title va renouveler les discours tenus à ces dîners, et ainsi, à travers eux, aborder tout un tas de sujets et dévoiler les cotés sombres de l’Amérique contemporaine, racisme, religion, homophobie, misogynie, environnement, le sida et ses horribles clichés, et bien sûr la notion de justice, vont être servis au menu de ce dîner, évidemment mortel. Mais Stacy Title ne renouvelle pas que les sujets abordés, puisqu’elle va aussi beaucoup s’amuser avec le style de son film et finalement, entre humour noir, drame, critique, suspens et réflexions, chacun des invités apportera et transformera le film pour que jamais on ait cette impression que le film est une boucle. Une boucle qui d’ailleurs trouvera l’une des meilleures conclusions de film que j’ai pu voir. Un dernier instant, un dernier travelling sur une peinture qui conclura jubilatoirement cet « … ultime souper« .

Ce travelling nous amène alors à la réalisation de Stacy Title, qui a décidé de faire très simple, mais terriblement efficace. Gérant son film parfaitement, arrivant à nous faire oublier qu’il tourne en rond sur une très grosse partie de son temps, Stacy Title livre là un petit bijou. Un bijou qui mêle parfaitement humour noir et suspens, rendant chaque dîner et chaque réflexion particulièrement intéressant. De plus, l’ensemble est inattendu et la réalisatrice nous accroche, car on ne sait pas jusqu’où elle va mener ses dîners, et plus largement son film, et à chaque fois qu’on pense avoir deviné quelque chose, on se fait avoir, ce qui est encore mieux du coup.

Enfin, c’est un vrai plaisir coupable et dérangeant de dîner avec cette bande d’acteurs et toutes les victimes (ou pas) qui sont invitées. Là encore, Stacy Title fait un petit tour de force, arrivant à faire exister et cohabiter beaucoup de personnages en peu de temps de film. Ainsi, le groupe de cinq est terrible (dans tous les sens du terme), Ron Eldard, Annabeth Gish, Cameron Diaz, Courtney B. Vance et Jonathan Penner y sont excellents. Du côté des victimes, là encore la réalisatrice a fait les choses très bien, choisissant un casting impeccable, où l’on trouve Bill Paxton, Ron Perlman, Mark Harmon, Charles Durning, ou encore Jason Alexander. À noter aussi pour les plus « avisés », ceux qui aiment chercher, un petit rôle pour une toute jeune Elisabeth Moss.

Pour son premier film, Stacy Title frappe fort et livre une œuvre aussi hilarante que dérangeante et intéressante. Intelligente et critique sur son fond, jouissive dans sa forme, et particulièrement prenante, car la réalisatrice gère très bien son suspens et sa tension. Franchement, cet « … ultime souper » est un film que je n’ai pas vu arriver et qui m’a fait passer un moment mortel de cinéma. J’ai presque envie déjà de le revoir histoire d’être sûr de ne pas être passé à côté de toutes les subtilités que peut avoir le film.

Note : 16/20

Par Cinéted

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