février 25, 2021

The Pretty Reckless – Death by Rock and Roll

Avis :

Que de chemin parcouru pour Taylor Momsen en seulement quelques années… Actrice, mannequin, mais surtout chanteuse, elle forme The Pretty Reckless en 2009 alors qu’elle n’a que seize ans. S’entourant rapidement de musiciens de qualité, elle va alors fournir un premier effort remarqué avec Light me Up en 2010. Dès lors, la jeune femme délaisse actorat et mannequinat pour se consacrer uniquement à la musique et le succès sera au rendez-vous avec Going to Hell, le deuxième album de son groupe. Alimentant les ragots des culs bénis la présentant comme une sataniste, Taylor Momsen ne se laisse pas démonter et continue son petit bonhomme de chemin avec Who you Selling for, troisième album de The Pretty Reckless. Un album plus doux, plus soul, mais tout aussi rock dans l’âme. Bien évidemment, le groupe était attendu au tournant avec le quatrième effort, Death by Rock and Roll.

Cinq ans de gestation, d’écriture et de production pour aboutir à un beau bébé qui ne demande qu’à être exploré. D’autant plus que les trois premiers morceaux choisis pour vendre l’album laissaient supposer un bon moment bien puissant et très rock and roll. Est-ce le cas ? Très clairement, dans la première partie, oui. Le skeud débute avec le titre éponyme de l’album, et ce n’es guère une surprise, puisque c’est le premier titre attendu sur les réseaux sociaux. Taylor envoie du lourd. Les riffs dégomment, le refrain est très puissant et surtout, il rentre immédiatement en tête. Tout se combine parfaitement pour donner un premier titre percutant et qui donne une bonne patate. C’est alors que déboule Only Love can Save me Now, et la recette ne change pas vraiment. Les sonorités sont bien grasses, le rythme est lent et lourd et on retrouve une patte bien identifiable.

Ajoutons à cela un refrain qui cartonne bien et surtout, une construction assez complexe avec une ambiance éthérée assez dark qui correspond parfaitement à l’image que l’on se fait du groupe. Par la suite, The Pretty Reckless accouche de deux titres déjà entendus, le très puissant And so it Went avec un solo de Tom Morello, et 25 qui pourrait presque se voir comme un générique de James Bond. Et c’est bien là que l’on voit toute l’évolution du groupe, qui tire plusieurs références, dont celle d’un rock plus sombre, plus lent, mais tout aussi impactant. D’autant plus que la chanteuse possède un bel organe qu’elle exploite parfaitement. Avec My Bones, le groupe cherche plus quelque chose de bouillonnant, de plus organique et il y parvient. La batterie, sauvage, scande un rythme qui prend aux tripes et qui donne une forte envie de danser. Une belle réussite.

A partir ce titre, la colère va retomber un petit peu avec Got so High. Morceau tout calme qui peut se voir comme la première ballade de l’album, on se range ici dans un cocon bien douillet et on se laisse bercer par la douce voix de Taylor. Certes, le titre n’invente rien, mais il reste doux et dévoile une facette déjà connue du groupe, mais pas encore entendue sur cet album. Broomsticks fait aussi d’interlude avant d’attaquer avec Witches Burn, qui amorce à quelque part un léger changement dans l’album. En effet, on délaisse l’aspect rock and roll rugueux pour aller voir du côté du Hard plus classique. Un Hard qui baigne du côté de la Louisiane et des sorcières. Encore une fois, le morceau marche à plein régime et met l’accent sur des sonorités différentes, mais tout autant envoûtantes.

Cette deuxième partie d’album va être assez différente de la première. Car si on avait de l‘énergie à revendre et un côté assez sombre, dans cette suite, on sera dans quelque chose de plus calme et de plus lumineux. Voire même de plus country dans l’âme. Ce n’est pas le cas de Standing at the Wall, la deuxième ballade de l’album et qui est assez plaisante malgré son aspect un peu sirupeux, ni même de Turning Gold, même si le titre amène quelque chose de plus clair, de plus ensoleillé. On retrouvera l’aspect très ricain de l’album avec Rock and Roll Heaven ou encore Harley Darling, deux titre sympathiques, différents, très marqués par leurs origines, mais qui restent de bons tubes. Néanmoins, on reste dans deux morceaux moins marquants, qui manquent de mordant et d’une envie d’en découdre. Mais pouvons-nous reprocher au groupe de faire autre chose et de citer ses racines ?

Au final, Death by Rock and Roll, le dernier album en date de The Pretty Reckless, est une belle surprise. Teinté de deux couleurs, l’effort commence avec la partie la plus sombre et la plus réussie, pour ensuite aller vers quelque chose de plus clair, de plus doux, mais aussi de plus soft. Sans jamais se trahir, le groupe de Taylor Momsen offre un quatrième album fort plaisant, qui oscille entre les deux facettes d’une frontwoman charismatique, un peu bipolaire sur les bords, jetant un regard sur la partie sombre de sa personne, mais revenant constamment vers une chaleur réconfortante. Bref, un album varié, riche et solide.

  • Death by Rock and Roll
  • Only Love can Save me Now
  • And so it Went
  • 25
  • My Bones
  • Got so High
  • Broomsticks
  • Witches Burn
  • Standing at the Wall
  • Turning Gold
  • Rock and Roll Heaven
  • Harley Darling

Note : 16/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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