avril 15, 2021

Bienvenue au Gîte

De : Claude Duty

Avec Marina Foïs, Jean-Louis Barcelona, Philippe Harel, Julie Depardieu

Année : 2003

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Couple en proie au stress de la vie urbaine, Caroline et Bertrand décident de tout quitter et de partir reprendre le gîte de leur amie Sophie en Provence. Une nouvelle vie commence :
le soleil, les cigales, les oliviers, les clients et les villageois. Ils découvrent la joie d’avoir tourné une page, mais ne l’auraient-ils pas tournée trop vite ?

Avis :

Claude Duty a une carrière assez étrange. Passionné de cinéma, il a très longtemps traîné dans l’univers du court-métrage, au point d’en devenir une figure très connue. Entre 1974 et 2000, il va tourner vingt-quatre courts-métrages, au point qu’il va finir par être surnommé le pape du court-métrage. En parallèle de ça, Claude Duty travaille à Rouen dans le design publicitaire. C’est en 2003 qu’il fait le grand pas en réalisant son premier long-métrage, « Fille perdue, cheveux gras« .

Sans être un échec, ce premier film ne sera pas non plus un succès, mais entre ces deux opposés, il permettre toutefois à Claude Duty de convaincre et de pouvoir se lancer dans un second film. Ainsi, Claude Duty enchaîne très vite et c’est tout un petit peu plus d’un an après ce premier film que le réalisateur revient sur les écrans. Toujours accompagné de Marina Fois et toujours avec une idée originale, cette fois-ci, le metteur en scène a l’idée de se moquer gentiment de ces parisiens qui se rêvent une vie loin de la capitale. Pas forcément très réussi, truffé de petits défauts, « Bienvenue au gîte » demeure une petite comédie sans prétention, qui amuse avec ce choc des mondes, entre l’esprit parisien et celui du Sud de la France. Tenu par des personnages hauts en couleurs, ce deuxième film pour Claude Duty n’est certes pas essentiel, mais si jamais vous vous y aventurez, entre qualité et défaut, finalement, cette petite comédie en vaut bien une autre.

Caroline et Bertrand n’en peuvent plus d’habiter sur Paris. Ils n’en peuvent plus de cette vie menée à cent à l’heure. Dans leur envie de changer de vie radicalement et pour aller avec ce qu’ils sont (ou ce qu’ils pensent être), Caroline et Bertrand rachètent le gîte d’une amie près d’un petit village de Provence. Entre le rêve, voire le fantasme, et la réalité, il va alors y avoir un monde…

Une envie de convivialité, d’un soupçon de cliché, de caricature et de moquerie, alors laissez vous tenter par « Bienvenue au gîte« , le deuxième film de Claude Duty. Certes, on n’a pas à faire ici à une immense comédie, mais sur son ensemble, cette petite comédie qui se moque gentiment de ce qu’on appellera bien des années plus tard, les bobos parisiens, dégage son petit charme, nous réserve de petits moments rigolos et surtout, elle est menée par des personnages assez attachants.

Partant d’une idée sympathique, Claude Duty se moque ici de ces parisiens qui ont décidé de changer de vie et arrivent avec tout un tas de certitudes. Il y a une part de fantasme dans ce « Bienvenue au gîte« , que Duty oppose à une certaine réalité. Dans cet emménagement provençal, notre petit couple de parisiens ne va pas être au bout de ses surprises et si on pourra reprocher à ce scénario de ne pas toujours être égal, d’avoir parfois des baisses de régime, ce qui donnera le sentiment que le film piétine un peu, ne sachant pas vraiment où aller, Claude Duty rattrapera tout ça avec des personnages qu’on aime suivre finalement. Un choc des cultures et des répliques qui bien souvent fusent. Et surtout, et c’est peut-être là le meilleur du film, un final qui est très loin des convenances habituelles. Entre baisses de régime, des clichés, et parfois des éléments quelque peu casse-gueules (le deuxième gîte passe limite limite), « Bienvenue au gîte » assemble plutôt bien sa sauce, et l’on se laisse prendre à son petit jeu. C’est vrai que ça ne marquera pas plus que ça les esprits, c’est vrai qu’on ne tient pas là une grande comédie, mais force est de constater que ça fonctionne plus ou moins bien, et que l’ensemble, l’espace d’un soir, est divertissant.

Le film de Claude Duty fonctionne bien aussi car il est mené par une actrice excellente dans la peau de son personnage. Si l’on émettra des réserves quant au jeu de Philippe Harel (qui tient néanmoins un très beau personnage), il est vrai que ce « Bienvenue au gîte » repose sur une Marina Foïs quasi parfaite dans la peau de cette parisienne imbuvable, qui arrive l’esprit plein de fantasmes et d’idées pour tout révolutionner. On adore la suivre dans ses découvertes, comme ses entreprises. Puis son duo avec Annie Grégorio fonctionne à merveille. C’est même un petit régal de voir ces deux personnages ensemble. Tout comme d’ailleurs le duo qu’elle formera avec Julie Depardieu en Porn Star en reconversion. À noter aussi le Britannique Michael Maloney en couple alors avec Sebastian Barrio, qui se lance ici dans le cinéma traditionnel.

Du côté de la réalisation, Claude Duty n’a jamais été un grand réalisateur, mais ce n’est pas pour cela qu’il n’a pas de bonnes idées, ou au-delà de ça, que son film est mauvais. Certes, comme je le disais plus haut, ce n’est pas incroyable, et son film est même truffé de petits défauts (baisses de régime, gags et caricatures qui tombent parfois à plat, éléments un peu grossiers), mais sur l’ensemble, ce sont bien les qualités que peut tenir « Bienvenue au gîte » qui l’emportent. Son film est amusant, joliment filmé et parfois, il nous offre de belles scènes, comme par exemple (et l’on y revient) ce final qui est franchement étonnant.

« Bienvenue au gîte » est donc une petite comédie qui ne s’en sort pas trop mal. Ce deuxième film pour le pape du court-métrage se laisse très gentiment regarder et s’il ne marquera pas les esprits, s’il reste assez anecdotique, il n’empêche que pour habiller une soirée, dans une certaine mesure évidemment, le film de Claude Duty est bien plus sympathique que bien des comédies françaises qui sortent tous les ans. « Bienvenue au gîte » n’est donc pas un essentiel, mais si l’envie vous en dit, quelques sourires et réflexions seront à la clef.

Note : 11/20

Par Cinéted

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