avril 15, 2021

Accept – Too Mean to Die

Avis :

Quand on demande à un groupe aussi culte que Metallica ses influences, ils n’hésiteront pas à citer les allemands de chez Accept. Fondé en 1968 sous le nom Band X, le groupe n’a cessé d’évoluer et de chercher à affiner son Heavy pour en faire une référence mondiale. Plus de cinquante ans plus tard, le groupe est toujours debout et continue à fournir son lot d’albums de manière régulière. Seizième effort de la part des teutons, Too Mean to Die marque le quatrième album sous l’ère du chanteur Mark Tornillo et l’arrivée d’un nouveau bassiste et d’un nouveau guitariste. Seul membre actif depuis les quasi-débuts, Wolf Hoffmann assure toujours à la gratte (cité comme référence par Kirk Hammett). Alors, on pourrait croire qu’avec le temps, le groupe s’est calmé, ou n’a plus rien à proposer. Mais c’est clairement se foutre le doigt dans l’œil jusqu’au coude.

Car si les précédents albums étaient bons, sans pour autant être grandioses, Accept a décidé de se lâcher complètement et d’ouvrir grand les vannes. Ainsi, avec ce seizième album, on a droit à du grand art. Du Heavy teinté de Hard Rock que ne renierait AC/DC, avec des titres ultra efficaces et quelques variations qui font du bien. Le premier titre, Zombie Apocalypse, n’est pas forcément le meilleur. Le titre s’écoute. Le refrain est catchy comme il faut. Mais il lui manque ce petit truc en plus pour qu’il marque vraiment les esprits. Accept démarre timidement, avec un morceau efficace mais qui reste très conventionnel. Fort heureusement, pour la suite, on va en prendre plein les oreilles. Et cela commence véritablement avec Too Mean to Die. Le titre éponyme dépote, ne fait pas dans la dentelle et contient tout ce que l’on aime chez Accept.

Mais le plus surprenant viendra de titres comme par exemple Overnight Sensation. Beaucoup moins Heavy, bien plus Hard, on ressent l’influence énorme des australiens d’AC/DC dans un tel morceau (et fait étonnant, un titre d’AC/DC retrouvé aurait été enregistré par Accept dans les années 70/80). Le morceau est tout simplement envoûtant et ultra efficace. Les solos s’enchainent comme un rien et tout le titre est un véritable petit bonheur. Avec No Ones Master, le groupe renoue avec un bon Heavy des familles. Le titre est simple, efficace, rapide, avec des riffs qui restent un long moment en tête. Si ça reste très classique dans l’exécution, ça donne une pêche d’enfer, et on sent que le groupe a pris un malin plaisir à enregistrer cela. Et puis beugler No Ones Slaves est un pur bonheur.

The Undertaker viendra marquer la première variation. En effet, si jusque-là l’album était un peu sur des rails sur la grande voie ferrée de l’enfer, Accept va ralentir son rythme pour nous raconter une histoire. Plus d’ambiance donc, une construction plus complexe, et pourtant, ça reste hyper fédérateur et très porteur. Certes, le titre n’est pas forcément taillé pour la scène, mais il reste très réussi. Et le groupe de nous récupérer avec Sucks to be You. Dès les premiers riffs, on a juste envie de headbanger dans tous les sens. Simple et terriblement addictif, le groupe propose un morceau lourd tout en étant rapide et qui déboîte sévère. Titre qui se couple parfaitement avec Symphony of Pain et son Heavy classique mais percutant. Difficile de résister au refrain qui rentre immédiatement en tête, ou encore à ce rythme infernal. Encore une fois, le groupe est en pleine forme.

Fait surprenant au sein de cet album, on aura droit à… une ballade. Ou tout du moins une sorte de ballade. L’occasion de montrer un chant clair et posé pour Mark Tornillo, ainsi qu’une facette méconnue du groupe. Et vous savez quoi ? C’est tout simplement parfait. A la fois beau et emporté, on y retrouvera même des zests de Metallica dans certaines séquences. Bref, c’est superbe. How do we Sleep demeure un titre relativement classique, mais qui a le mérite de relancer la machine vers quelque chose de plus Heavy, de plus rapide et de plus nerveux. Mais on reviendra à une vraie vitesse avec Not my Problem, qui revient à un Hard’n’Heavy parfaitement maîtrisé et qui va faire des ravages sur scène. Enfin, Samson and Delilah est le titre instrumental de l’album, et que dire de plus si ce n’est que ça dépote, démontrant une technique ahurissante.

Au final, Too Mean to Die, le seizième effort du groupe, est certainement leur meilleur album depuis belle lurette. Car si les précédents étaient bons, ils n’avaient pas une telle variété, une telle maîtrise dans la construction de l’album. Et ils n’avaient pas aussi des titres aussi marquants et aussi catchy. Avec cet album, les allemands démontrent leur très grande forme et leur statut de fer de lance du Heavy, de monstre sacré qui continue à en imposer après pourtant plus de cinquante ans de carrière.

  • Zombie Apocalypse
  • Too Mean to Die
  • Overnight Sensation
  • No Ones Master
  • The Undertaker
  • Sucks to be You
  • Symphony of Pain
  • The Best is Yet to Come
  • How do we Sleep
  • Not my Problem
  • Samson and Delilah

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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