février 25, 2021

Cobra Kai Saison 2

D’Après une Idée de : Josh Heald, Jon Hurwitz et Hayden Schlossberg

Avec Ralph Macchio, William Zabka, Courtney Henggeler, Tanner Buchanan

Pays : Etats-Unis

Nombre d’Episodes : 10

Genre : Action, Drame

Résumé :

Johnny reconstruit sa vie, mais un fantôme du passé risque de perturber ses projets d’avenir. Pendant ce temps, Daniel ouvre son Miyagi-do pour rivaliser avec Cobra Kai.

Avis :

C’est en 2018 qu’un petit évènement va se produire sur Youtube. En effet, c’est plus de trente ans après la sortie de Karaté Kid que les deux acteurs principaux se décident à sortir une suite sous forme de série. Baptisé Cobra Kai en référence au dojo de Johnny Lawrence, le méchant du premier volet, la série va devenir un succès inattendu et presque inespéré. Dès lors, il était logique qu’une deuxième saison voit le jour. Néanmoins, avec un budget serré et une plateforme de streaming qui a moins le vent en poupe que Netflix ou Prime Video, fallait-il s’attendre à un nouveau miracle ? La réponse est oui. Car non seulement la série continue son ascension en creusant ses personnages, mais elle ajoute un bel élément perturbateur, John Kreese.

Rivalités

La saison reprend là où on l’avait laissée. C’est-à-dire que John Kreese, l’ancien sensei de Johnny, fait son apparition et semble vouloir revenir dans la vie de son ancien élève. De son côté, Daniel voit cette venue d’un mauvais œil et décide d’ouvrir son propre dojo en hommage à M. Miyagi. Dès lors, les rivalités vont bon train. Miguel se fait de plus en plus agressif et jaloux, tandis que Daniel prend sous son aile le fils de Johnny. Tout ce petit monde va alors aller de quiproquos en règlements de compte, pour un final… explosif. Et c’est bien là que cette saison engrange des points sans problème, en créant une tension qui ne fait que croitre, notamment grâce à la venue d’un véritable méchant. John Kreese va être un élément tempétueux, qui ne va faire que semer le chaos au sein de la vallée.

Véritable serpent qui ne connait pas la pitié, il va être l’élément déclencheur de toutes les guerres et de tous les malheurs. Mais là où la série est très intelligente, c’est qu’elle ne l’introduit pas comme un méchant de base. Il s’insinue dans le dojo de Johnny, observe, semble avoir mis de l’eau dans son vin et a une vie bien misérable. La série joue avec nos sentiments, et avec nos nerfs. On a constamment le doute sur les intentions de cet homme et sur sa vie. Enigmatique, patibulaire, le doute plane tout le temps et seule la fin de saison aura raison de nos jugements sur ce personnage. Mais les rivalités ne viendront pas seulement de ce personnage, parfaitement interprété par un Martin Kove en pleine forme. D’autres rivalités vont voir le jour à cause de mauvais choix et de comportements tumultueux.

School’s Out

Cette deuxième saison s’appuie toujours sur la rivalité entre Daniel et Johnny. Ce dernier continue de prendre soin de Miguel, mais le jeune garçon émet des doutes et prend aussi en compte les directives de Kreese, devenant ainsi une des brutes qu’il détestait tant. De son côté, Daniel prend soin du fils de Johnny, lui inculquant de belles valeurs et lui apprenant à mieux maîtriser les techniques de défense. Bien entendu, cela va créer des tensions, puis Johnny accepte mal que Daniel s’occupe de son fiston. Bref, on comprend vite pourquoi les deux hommes en arrivent souvent aux mains. Les enfants prennent le pas sur leur parent, et certains refont les mêmes erreurs que leur paternel. Et histoire d’en rajouter une couche, les lycéens ne seront pas en reste dans la bagarre et les désaccords.

Outre le triangle amoureux qui tourne mal entre Miguel, Sam et Robby, de nouveaux arrivants vont créer la discorde. On pense bien sûr à Tory, jeune fille incendiaire et complètement frappée qui va faire fondre un Miguel perclus de doutes. Encore une fois, la série n’oublie pas de bien développer son personnage, lui octroyant un passé compliqué et une situation de vie peu reluisante. Cela excuse-t-il son comportement ? On verra aussi comment la rivalité entre les deux dojos va pourrir une ambiance au sein du lycée. Les jeunes se tournent autour, se cherchent et la tension monte crescendo au fil des épisodes. Jusqu’à arriver à un final absolument incroyable. Un final qui joue avec nos nerfs, nos sentiments, chose que sait faire la série de façon brillante. Car elle sait se faire touchante quand il le faut, ravivant des souvenirs doux et parlant de l’amour avec justesse.

Dramaturgie

Et le plus impressionnant dans tout ça, c’est que ça fonctionne à plein régime. La série trouve un équilibre parfait dans les sentiments évoqués. On rit, on pleure et on sera touché par certains discours qui trouvent un bel écho dans nos vies. Le souvenir, le passé, mais aussi le futur se rencontrent pour à chaque fois faire avancer les personnages dans leur quête de bien faire. Sauf pour Kreese, véritable serpent de l’histoire. Mais le plus fort dans cette saison reste son effroyable conclusion. Techniquement déjà, on aura droit à quelques plans-séquence inspirés qui force le respect. Mais au-delà de ça, il y a, dans ce dernier épisode, un sens de la dramaturgie, du tragique, qui frôle le chef-d’œuvre. On est pris dans un maelström de violence qui oscille entre euphorie et fureur, pour terminer sur un dernier plan qui nous foudroie sur place.

Au final, cette deuxième saison de Cobra Kai est tout aussi réussi que la première. On sent qu’il y a plus de budget, plus de liberté dans la mise en scène, mais ce n’est pas pour autant que la série délaisse son écriture. Bien au contraire, tous les personnages sont travaillés, ont un background et des raisons d’être là. Et c’est ce qui fait la force de Cobra Kai, qui joue sur la fibre nostalgique, certes, mais qui arrive à s’en extirper avec des thèmes contemporains et intelligents. Bref, les showrunners ont encore fait un boulot de dingue sur cette série, qui continue de surprendre. Et si la première saison donne envie de se mettre au karaté, autant dire que ce deuxième opus donne envie de ne pas s’y mettre, surtout si c’est pour avoir des sensei comme Kreese !

Note : 18/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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