février 25, 2021

Mortifica – Atrocious Autopsy

Avis :

Dur, dur, dur de se faire un nom quand on s’amuse à jouer dans la cour underground d’un sous-genre du métal. Qui plus est quand on essaye de mélanger deux styles extrêmes qui ne font pas les beaux jours des producteurs. C’est pourtant le choix terrifiant de Mortifica. Groupe américain originaire du Connecticut, la formation commence à la toute fin des années 2000. Après une démo, un EP et un single dans les années 2010, le groupe se décide à enfin sortir son premier album en 2017. Ainsi donc, Atrocious Autopsy est le premier effort d’un groupe qui mélange le Technical Death avec une pointe de Black. Et dès la pochette, on se doute bien que l’on ne va pas avoir du Baudelaire dans les oreilles, mais plutôt une joyeuse ripaille d’intestins et de cris gutturaux. Pour autant, dans les faits, même si ce premier album est rugueux, on reste dans quelque chose d’assez intéressant.

D’ailleurs, le début de l’album risque d’en surprendre plus d’un. Redemption est une introduction instrumentale de moins d’une minute, mais c’est assez doux. Même si l’on ressent une pointe de noirceur en arrière-plan, on voit que le guitariste n’est pas un manche et qu’il pourrait bien nous surprendre par la suite. Alors oui, le groupe va vite faire parler la poudre avec One Eyed King (We are Nothing) et sa double-pédale destructrice, pour autant, ça reste presque accessible au profane. Malgré des moments déstructurés et un chant d’outre-tombe, on sent une volonté de rendre un travail à la fois riche et simple d’accès. Certes, ce n’est pas pour n’importe qui ce genre de musique. Surtout que ça tabasse fort, et comme tout premier album indépendant, ça ripe un peu sur les cordes. Mais l’intention est là et on se retrouve avec certains passages très intéressants.

Bien évidemment, on n’échappera aux morceaux qui se veulent bourrins pour être bourrin. Congealed Waste Product n’arrête pas un seul instant et contient ce son crasseux propre au style voulu. On peut ressentir le sang glisser le long d’une paroi sale et suintante. Le groupe ne fait pas dans la dentelle et il n’est pas là pour conter fleurette. On regrettera peut-être une façon trop hâtive de clôture un morceau qui arrache fort. Mais il rentre dans l’adage de tous ces groupes de Death/Black qui vont droit au but, livrant un album d’un petit peu plus d’une demi-heure. Avec Atrocious Autopsy, le chemin est le même que le titre précédent. La batterie tabasse sans s’arrêter (le batteur doit être épuisé à la fin d’une session), les riffs sont sur-saturés et le chant guttural à souhait tente parfois des élans plus aigus, mais c’est compliqué.

En fait, ce que l’on peut reprocher à ce groupe, c’est un petit peu sa redondance. Car même s’il reste presque accessible, on a vite fait le tour de ce premier effort. Perpetual Disdain ne fait pas dans la délicatesse et on s’attaque encore et toujours à la même structure avec des combos qui tabassent fort et un chant grave d’outre-tombe. Et c’est toujours pareil d’un titre à un autre, avec quelques différences, mais elles sont tellement minimes que cela en deviendrait presque ridicule. Mutilate the Invalid est le plus long morceau du groupe, dépassant les six minutes, mais ce n’est pas pour autant que la recette change. Batterie survitaminée, gratte à l’agonie sur un riff incessant et un chant nerveux à souhait (les cordes vocales qu’il faut avoir…). Et c’est encore une fois tout le problème d’un tel groupe, surtout lors d’un premier album.

Au final, Atrocious Autopsy, le premier album de Mortifica (qui commence à avoir trois ans bien tassés) n’est pas si mal que cela. Le groupe s’engouffre dans un genre extrême qui n’a pas les honneurs d’une grande diffusion, si ce n’est parmi les initiés et sur la scène underground. Pour autant, malgré la redondance de la violence, des riffs et de certains passages d’un titre à un autre, les américains tentent d’imposer leur patte dans un univers macabre presque délectable pour les habitués. Alors oui, ce premier effort ne chamboulera pas le genre et il manque peut-être de finesse (oui, oui), mais face à la générosité du groupe et à sa maîtrise technique, difficile de faire la fine bouche.

  • Redemption
  • One Eyed King (We are Nothing)
  • Congealed Waste Product
  • Atrocious Autopsy
  • Perpetual Disdain
  • Mutilate the Invalid
  • Lack of Remorse for the Unknowing
  • Cursed From Below

Note: 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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