février 25, 2021

Don’t Tell a Soul

De : Alex McAulay

Avec Fionn Whitehead, Jack Dylan Grazer, Mena Suvari, Rainn Wilson

Année: 2019

Pays: Etats-Unis

Genre: Thriller

Résumé:

Deux frères, voleurs à leurs heures perdues et dont la mère se découvre atteinte d’un cancer, doivent affronter l’esprit vengeur d’un agent de sécurité coincé au fond d’une citerne oubliée.

Avis:

Alex McAulay est tout d’abord écrivain. Son premier roman sort en 2005 et il va passer les années 2000 à écrire. Par la suite, intéressé par le cinéma, il va commencer à écrire des scénarios et c’est celui de « Flower » qui va sortir du lot. D’ailleurs, le script avait été placé sur la blacklist des scénarios à fort potentiel, mais qui n’ont toujours pas trouvé preneur. Finalement, le scénario trouvera preneur et un film, réalisé par Max Wink­ler, sortira en 2017.

Fort de cela, Alex McAulay décide de passer à son tour derrière la caméra pour mettre en images l’un de ses scénarios. Présenté dans la catégorie des avant-premières de Deauville, « Don’t Tell A Soul » est l’une des bonnes surprises de ce festival. S’il est vrai qu’Alex McAulay ne livre pas un film parfait, il en ressort toutefois un bon thriller efficace, un peu gros parfois, mais finalement prenant, bien fichu, et même imprévisible, ce qui fait du bien.

Joey et Matt sont deux frères issus d’une famille ouvrière du Ken­tu­cky. Ces adolescents per­tur­bés décident de s’introduire dans une maison laissée vacante afin de dérober une boîte pleine de billets qui serviraient à payer les frais médicaux de leur mère malade. En quittant le lieu du méfait, ils sont poursuivis dans le bois voisin par un agent de sécu­ri­té qui finit par tomber accidentellement dans un puits abandonné. Dès lors, un dilemme oppose les deux frères, car pour Matt il est absolument hors de question de sortir l’agent de puits, car il risquerait de tout perdre, alors que pour Joey, il a bien du mal à se faire à cette idée, car il est clair que le puis est si reculé, que personne ne viendra sauver le pauvre homme et si personne ne le sauve, cela voudrait dire qu’il est voué à une mort certaine…

« Don’t Tell A Soul« , c’est une histoire de frères, puis derrière ça, c’est l’histoire d’un cas de conscience, peut-on prendre le risque de laisser mourir un homme pour se protéger afin que certains actes commis ne nous retombent pas dessus ? Alex McAulay part avec cette ligne directrice et c’est très intéressant de voir ces deux frères réagir de manière totalement opposée. Les choix sont intéressants, et au-delà de ça, la relation (peut-être un peu caricaturale, c’est vrai) entre les deux frères est intéressante. Dominant, dominé, mal être, besoin d’exister, à travers ce rapport de force, à travers les choix, Alex McAulay dit plein de choses de ses personnages et il les rend surtout intéressants. Puis une fois qu’on pense que le film va s’axer sur ce cas de conscience, Alex McAulay casse ses règles et s’aventure autre part, ce qui fait que son intrigue va alors être en permanence imprévisible. Alors oui, on pourra lui reprocher d’offrir des rebondissements un peu gros et loin de toute subtilité, mais au final, le plus important, c’est que ça fonctionne et qu’on se laisse prendre au jeu (improbable) du duel de ces deux frangins qui sont loin d’être d’accord.

Si le scénario est donc efficace, il faut aussi compter sur la mise en scène d’Alex McAulay qui a son petit cachet. Bien filmé, rythmé et surtout accentuant le côté imprévisible, franchement, « Don’ Tell A Soul » marche bien et mieux encore, il arrive même à nous surprendre et nous angoisser par certains de ses rebondissements, dans lesquels Alex McAulay gère bien son ambiance et sa tension.

Puis « Don’t Tell A Soul« , c’est deux jeunes comédiens qui dégagent quelque chose de fort. Bien sûr, on peut citer Rainn Wilson dans un rôle à contre-emploi total ou encore la désormais très rare Mena Suvari, qui est assez sous-estimée ici, mais si « Don’t Tell A Soul » fonctionne si bien, s’il est si attachant et angoissant, c’est grâce à d’un côté Fionn Whitehead qui impressionnant dans le rôle d’une petite ordure, et de l’autre, Jack Dylan Grazer, acteur qu’on avait déjà remarqué dans les nouvelles adaptations de « Ca » et qui confirme ici tout le bien qu’on pensait de lui, en crevant l’écran.

« Don’t Tell A Soul » se pose comme une bonne surprise et surtout comme un bon petit thriller. Un thriller qui est parfois un peu facile, ou trop gros dans ses rebondissements, mais là où c’est agaçant chez d’autres, ici, ça fonctionne bien et l’on se laisse très volontiers prendre au jeu. Alex McAulay passe bien le cap du premier essai et l’on reste désormais curieux de voir ce que le jeune réalisateur nous réserve pour la suite.

Note : 15/20

Par Cinéted

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