février 28, 2021

Le 51ème Etat

Titre Original : Formula 51

De : Ronny Yu

Avec Samuel L. Jackson, Robert Carlyle, Emily Mortimer, Rhys Ifans

Année : 2002

Pays : Etats-Unis, Angleterre, Canada

Genre : Comédie, Action

Résumé :

Elmo McElroy est vraiment un individu à part. Chimiste génial, il a mis au point le POS 51, LA drogue parfaite, celle qui vous donne l’impression que Dieu lui-même est venu vous faire signe. Bien décidé à commercialiser son petit chef-d’œuvre sans intermédiaire, Elmo se débarrasse de son encombrant patron, Le Lézard, pour rallier l’Angleterre – le 51e Etat – et s’associe avec Félix Desouza, un petit nerveux qui règne sur l’underground de Liverpool, parle tout le temps et ne supporte pas ce qui est Américain.
Ce qu’ignore Elmo c’est que son ex-patron est toujours vivant, déterminé à se venger et à mettre la main sur la formule chimique. Et en plus il n’est pas le seul : la superbe et dangereuse Dakota Phillips est également sur ses traces.

Avis :

Ronny Yu est un réalisateur chinois qui a connu un grand succès en Asie dans les années 80 avec ses films d’action. Pendant une quinzaine d’années, la renommée de Ronny Yu ne va faire que se décupler, au point qu’en 1993 avec « La mariée aux cheveux blancs« , il se fait repérer par les studios américains. Dès lors, Ronny Yu s’envole pour les États-Unis, où il va y faire carrière avec « La fiancée de Chucky« , « Freddy contre Jason« , « Warriors of Virtue » et bien sûr, le film sur lequel on va s’arrêter aujourd’hui.

Il y a des films comme ça, qui ont une idée, et certains réalisateurs pensent alors que cette idée suffira pour tenir un film et un divertissement sur la longueur. « Le 51e état« , c’est pile-poil ce cas-là et cette idée, c’est de monter un film autour d’un Samuel L. Jackson en kilt. Bon, bien sûr, il y a un peu plus que ça, dans « Le 51e état« , Ronny Yu s’aventurant dans un buddy movie où fusillades, cassage de gueules et acteurs en roue libre totale seront au programme. Avec ce film, Ronny Yu fait dans le divertissement pur et dur, il oscille entre la comédie et le film d’action déjanté, mais force est de constater que ce délire ne prend jamais et pire encore, il atteint un niveau de débilité assez affligeant, tant on nous prend pour des imbéciles.

Elmo McElroy est un chimiste de génie et l’homme en question vient de mettre au point une nouvelle drogue, la PO51, et cette dernière est bien plus puissante que tout ce qui se vend sur le marché. McElroy sait ce qu’il tient et il est bien décidé à faire fortune seul, et pour cela, il se débarrasse d’abord de son patron, le Lézard, puis prend un vol pour l’Angleterre afin de vendre son chef-d’œuvre. Or, le Lézard a survécu, et il est bien décidé d’une part à se venger et de l’autre, piquer la formule de McElroy.

N’importe quoi, c’est bien ce mot qui m’est arrivé en tête et je n’ai pas eu besoin d’attendre le générique pour finir par être obnubilé par ce mot. « Le 51e état« , c’est n’importe quoi de A à Z. Ronny Yu tient là un chef-d’œuvre de n’importe quoi qui n’a aucun sens et encore plus quand ce dernier révèle sa formule secrète. Si le film avait touché le fond, Stel Pavlou, le scénariste, s’est dit qu’il y avait moyen de creuser encore et comme le public est bête au possible et qu’il n’y verra qu’une comédie d’action cool parce que Samuel L. Jackson est en kilt et dégomme du Skin, de la pourriture et des ripoux, ça va fonctionner. Alors oui, mais non, pas du tout, cette histoire, si cool se veut elle, ne tient pas la route et ce n’est pas les rebondissements tordus, clichés et scatos qui vont sauver la chose.

Pourtant, « Le 51e état » commence de façon cool et drôle. L’ouverture amuse, la découverte de Samuel L. Jackson dans ce rôle est classe, tout comme Emily Mortimer en tueuse à gages. Puis très vite, le scénario veut faire de l’action et du gag, et pour cela, il va user tous les clichés et les caricatures possibles et imaginables, ce qui n’a aucun sens. Au programme, on découvrira que l’Angleterre, qui est « Le 51e état » des USA, n’est que racisme, beauferie, et misère. Se voulant drôle, le film fera des blagues en déglinguant les Anglais, les Américains, les Français. Toujours au programme, évidemment, sans plus d’explications que cela, l’Angleterre entière est au courant de la venue de ce chimiste et l’existence de cette formule, pourtant secrète. Mais bon, à la rigueur, le rythme est cool, et le film s’avère généreux en action. C’est parfois mal filmé, la caméra part dans tous les sens, mais à la rigueur, en mettant des œillères et surtout en prenant sur nous, ça peut se regarder.

Enfin ça, c’était jusqu’à ce que la formule nous soit révélée, et que le film tombe dans l’arnaque, dans tous les sens du terme. D’un coup, d’un seul, après s’être farci des blagues lourdingues, après s’être farci des personnages insupportables (coucou Rhys Ifans), après s’être farci des incohérences en veux-tu en voilà et des retournements de situations bien gros, le peu de crédibilité que tenait le film s’écroule et l’on se dit que Stel Pavlou est prêt à nous faire gober n’importe quoi. D’un coup, le peu qui marchait dans ce film ne tient plus et si ça se voulait drôle, chez nous, ça fait l’effet inverse, et l’on reste catastrophé.

On aurait adoré passer un petit moment cool devant « Le 51e état« . Sur le papier et dans la vitrine, il y avait de quoi faire, entre l’idée d’une comédie d’action, l’idée d’avoir Ronny Yu à la réalisation, puis ce casting, Samuel L. Jackson, Robert Carlyle, Emily Mortimer, Rhys Ifans, Sean Pertwee, mais au final, à l’écran, ça ne passe pas du tout et l’on a vraiment l’impression d’être pris pour des imbéciles prêt à tout gober. Reste alors cette idée de départ, qui sera cool tout le long du film, Samuel L. Jackson en kilt et il a sacrément la classe.

Note : 06/20

Par Cinéted

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