avril 16, 2021

Make a Scene – Stay Gold Bleed Black

Avis :

Le monde de la musique est une mer peuplée de requins. C’est d’ailleurs pour cela que les deux frères qui ont fondé le groupe Make a Scene ont pour patronyme Sharks. Et même si le métal reste un style un peu « underground » en fonction des styles, il n’est jamais évident de faire son trou et de survivre. La preuve en est avec Make a Scene. Peu d’éléments circulent sur le net à propos de ce groupe américain, si ce n’est une page Facebook et une Lyrics vidéo sur Youtube peinant à dépasser les mille vues. Bref, si on aime farfouiller sur internet pour trouver des groupes méconnus, Make a Scene semble être ce genre de formation dont la carrière n’a jamais éclaté. Et histoire d’en rajouter une couche, Stay Gold, Bleed Black, le seul album du groupe, est sorti en 2017 dans l’anonymat le plus total.

Nu-Métal teinté de quelques fulgurances Groove et d’une pointe de Punk, Make a Scene semble suivre un chemin tout tracé par des acolytes qui ont déjà près de vingt ans d’existence. Si ce n’est plus. Sans jamais véritablement affirmer son style et tenter à diverses reprises des mélanges pas toujours justes, on comprend asse vite où le bât blesse chez ce groupe. Un classicisme sans réel savoir-faire technique et des paroles vulgaires dignes d’un enfant de dix ans, c’est un peu le crédo de la formation… Pour autant, on peut y trouver du plaisir, comme sur l’introduction, Halos and Hurricanes, qui est un pot-pourri de tout ce que peut proposer le groupe. A savoir un chant clair, du growl, un peu de rap et des riffs bien lourdingues. Mais on va vite déchanter par la suite, la faute à une propension à un chant clair nasillard sans âme.

Mommy’s Little Monster entame réellement les hostilités et le moins que l’on puisse dire, c’est que le mélange, de façon musicale, fonctionne plutôt bien. Si c’est surprenant au début, on va se laisser prendre au jeu et chantonner le refrain. Le problème vient par contre de la voix claire, qui est bien trop nasillarde. On a l’impression que le chanteur s’est mis une pince à linge sur le nez, c’est dire ! Et même avec un temps d’adaptation et plusieurs écoutes, ça reste tout de même très limite. I Wanna Fuck you on the Hollywood Sign en est un exemple concret, notamment avant de lâcher le refrain (très efficace au demeurant) où la voix semble même transformée tant elle part dans un aigu incompréhensible et même pénible. Fort heureusement, les riffs bien lourds sont présents et donnent envie de headbanger dans tous les sens.

D’ailleurs certains titres sortent du lot, à l’image de The Doomsday Diaries qui s’engage sur une petite guitare sèche avant de lâcher les vannes et de même proposer un break guttural. Alors certes, ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais ça reste efficace dans l’énergie et le mélange des genres est assumé. On peut aussi évoquer Black Lace Romance et sa mélodie un poil gothique sur les bords qui marche à plein régime. Là aussi, ce n’est pas la panacée, mais ça reste quelque chose d’assez sympathique qui oscille constamment entre le Métalcore et le Punk-pop californien. My Beautiful Black essaye d’instaurer une ambiance dans son démarrage avec une belle voix féminine et même si le morceau reste très conventionnel, on sent que le groupe tente des choses pour varier les plaisirs.

Malheureusement, toutes ces bonnes intentions sont noyées dans un album finalement très classique dans son genre. Les titres dépassent rarement les quatre minutes et le tout s’enchaine un peu comme un fast-food en ressassant la même recette. Du chant clair, quelques parties virulentes en growl, un break puis un refrain en guise de final, bref, une structure simple reprise de nombreuses fois. Et avec ça, on compte bien évidemment un nombre conséquent de titres transparents comme Kill the Lights, Burials, Pretty in Ink ou encore I Don’t Take Baths Cause I’m Afraid of Sharks. Des morceaux qui manquent d’identité et de punch. Seul Porn Star sort du lot car on fait face à un vrai titre punk déjanté, court et assez drôle.

Au final, Stay Gold, Bleed Black, le premier et dernier album en date de Make a Scene, peut se voir comme une découverte à la fois décevante et exaltante. Groupe insouciant et mélangeant les codes sans se soucier de leur image, Make a Scene ne marque pourtant pas l’essai, la faute à des morceaux trop inconstants et à une redite qui frôle à chaque fois l’indigestion. Bref, un album sympathique sur l’instant, mais qui ne tient pas la route sur la durée et c’est bien dommage. De ce fait, il n’est guère étonnant de ne plus retrouver de nouvelles du groupe depuis 2019…

  1. Halos and Hurricanes
  2. Mommy’s Little Monster
  3. I Wanna Fuck You on the Hollywood Sign
  4. The Doomsday Diaries
  5. Kill the Lights
  6. Burials
  7. My Beautiful Black
  8. Black Lace Romance
  9. Pretty in Ink
  10. I Don’t Take Baths Cause I’m Afraid of Sharks
  11. Porn Star

Note: 11/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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