novembre 28, 2021

Les Nouvelles Aventures de Sabrina Partie 4

D’Après une Idée de : Roberto Aguirre-Sacasa

Avec Kiernan Shipka, Ross Lynch, Miranda Otto, Lucy Davis

Pays: Etats-Unis

Nombre d’Episodes: 8

Genre: Fantastique

Résumé:

Le coven affronte de terrifiantes menaces menant toutes… au néant. Alors que les sorcières luttent, Nick se rapproche peu à peu de Sabrina, mais est-ce trop tard ?

Avis :

C’est devenu maintenant une sorte d’attente fébrile, l’annulation des séries diffusées sur Netflix. Et au préalable, produite par la plateforme de streaming. Parmi la flopée de programmes qui auraient pu sauter, Netflix va surprendre tout le monde en mettant Les Nouvelles Aventures de Sabrina. Sans être exceptionnel, le show proposait pourtant une imagerie gothique et horrifique plaisante au sein d’une romance adolescente qui avait, semble-t-il, pas mal de succès. D’ailleurs, la nouvelle de l’annulation donnera lieu à des pétitions pour que le show continue malgré tout. Néanmoins, c’est avec l’idée que la série devait se conclure que le showrunner apporte un terme aux mésaventures de Sabrina. Est-ce une bonne chose ? Peut-être, car malgré tout le talent visuel de la série, on ne peut pas dire que l’intrigue soit intéressante et il fallait bien donner un tour de vis à ce show qui commençait sérieusement à sentir le roussi.

Sabrina sonne le glas

Cette quatrième partie débute là où on avait laissé le show. C’est-à-dire que Faustus Blackwood fabrique sa propre église, et il s’amuse à convoquer les abominations pour détruire le monde. Dans quel but ? Se venger de Sabrina Spellman. C’est un peu gros comme excuse, mais visiblement, sa colère est telle qu’il veut détruire toute la Terre. Maintenant dédoublée et régnant à la fois sur Terre et en Enfer, Sabrina va devoir conjuguer sa vie amoureuse et son sens du sacrifice pour sauver la planète et ceux qu’elle aime. En gros, rien de neuf à se mettre sous la dent. La sorcière va évoluer dans un décor macabre pour fournir son lot de thématiques adolescents sans saveur et avec des pirouettes scénaristiques accablantes. Et pourtant, durant ses trois premiers épisodes, la série va faire illusion, se révélant même meilleure que les trois autres parties.

Ici, le schéma narratif est simple, un épisode, une abomination. On commence avec l’obscurité, qui construit des mineurs zombies, avant de faire rentrer le pestiféré, qui s’amuse à arracher les cœurs de ceux qui refusent de l’aider. Malgré un schéma redondant, on reste intéressé par l’évolution de l’intrigue et par les quelques astuces pour vaincre ces monstres immémoriaux. Entraide, recherche dans des livres, références à gogo, cette quatrième partie puise son essence même dans la littérature gothique et horrifique, n’oubliant jamais Lovecraft en cours de route. Néanmoins, on va vite se rendre compte, en milieu de saison, que la série ne sait pas vraiment où aller, ni comment y aller. On fait vite mourir quelques personnages, on joue sur la corde sensible, et le final, presque logique et couillu, arrive bien trop vite, n’arrivant jamais à susciter l’émoi chez le spectateur. Et le twist final est ridicule.

Lovecraft et compagnie

Tout au long de cette partie, on va voir les multiples références faites à Lovecraft. Outre le fait que son nom soit cité, on verra beaucoup de liens vers ses écrits, notamment lors du troisième épisode avec l’étrange et sa créature en forme de Cthulhu. Et on comprend bien les intentions des showrunners de miser sur une figure connue de l’horreur et de tenter de planter un décor lugubre, mais globalement, cela ne suffit pas. Il manque à cette quatrième partie un cœur. La série oublie de brasser des thèmes intéressants et de placer ses personnages dans des sous-intrigues qui ont du sens et un lien avec l’intrigue originale. Ici, on va avoir droit aux sempiternelles histoires d’amour entre ados, avec Roz qui se découvre sorcière et Harvey qui doute. Theo qui doit laisser partir Robin s’il ne veut pas qu’il meurt plus vite.

Ou encore Sabrina qui se sent seule et qui va revenir dans les bras du bad boy beau gosse. La solitude sera un thème important dans cette partie. La sorcière ne se sent à sa place nulle part, ni sur Terre, ni en enfer, et de ce fait, elle a la sensation de rater sa vie. Cela aura un impact qui va minimiser la toute fin, rendant l’ensemble fade et sans réelle originalité. D’ailleurs, la série jouera avec de nombreuses incohérences. Notamment la toute fin, qui oublie les pouvoirs sacrés de la terre des Spellman, et qui, de ce fait, laisse peut-être un porte ouverte pour une hypothétique cinquième partie. Mais on mise plus sur un oubli des scénaristes… Et que dire des sous-intrigues et autres personnages secondaires. Le segment de Lilith est d’une paresse abyssale. Les amours des tantes sont peu évoqués, voire éludés d’un claquement de doigts.

Néant

Même les abominations sont plutôt ratées. Si on peut y croire le temps des premiers épisodes, bien vite on se rend compte que l’ensemble se joue autour de la dernière entité, le néant. Qui est très mal exploité. Misant sur un contraste entre deux mondes différents, faisant des références à gogo sur le tout premier show des années 90, la série s’enfonce un peu plus dans le clin d’œil paresseux et passif. D’ailleurs, même les acteurs n’y croient pas un seul instant, tant ils sont peu investis dans leur rôle. A un tel point que même le final n’est pas touchant, alors qu’il devrait l’être, au moins un peu. Il est presque triste de dire autant de mal d’un série qui a pourtant des qualités. Les visuels sont dingues, il y a un vrai travail graphique et l’ambiance morbide, pas très loin du film d’horreur, est soignée. Mais cela ne sauve pas le show d’un naufrage presque obligatoire.

Au final, cette quatrième et dernière partie des Nouvelles Aventures de Sabrina est une belle déception. Si, d’un point de vue global, la série reste très moyenne et à destination d’un public jeune, elle en oublie des enjeux intéressants et précipite sa chute dans ce dernier tour de manivelle. A l’image de cette reprise de Sweet Child O’Mine catastrophique, il était vraiment temps que la série s’arrête, et ce malgré une imagerie plaisante et quelques fulgurances gores bienvenues.

Note : 10/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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