janvier 19, 2021

Unbelievable

D’Après une Idée de : Susannah Grant

Avec Kaitlyn Dever, Toni Collette, Merritt Wever, Annaleigh Ashford

Pays : Etats-Unis

Nombre d’Episodes : 8

Genre : Drame, Policier, Thriller

Résumé :

L’histoire vraie de Marie, une adolescente accusée d’avoir menti sur le fait d’avoir été violée, et de l’enquête menée par deux détectives.

Avis :

Susannah Grant est une grande scénariste américaine. Si son nom est assez peu connu, Susannah Grant tient pourtant une filmographie assez impressionnante. Elle commence sa carrière au milieu des années 90, en écrivant plusieurs épisodes de « La vie à cinq« . Par la suite, elle va énormément s’occuper d’écrire pour le cinéma. Dans sa filmographie, on retrouve « Erin Brokovitch« , « Pocahontas, une légende indienne« , « Ma vie sans lui » (dont elle est aussi la réalisatrice), « 28 jours en sursis« , « Le soliste« , « Burlesque » et d’autres encore. En 2011, Susannah Grant revient à la télévision et cette fois-ci, elle revient en tant que Showrunner et présente sa première série, la confidentielle « A Gifted Man » avec notamment Patrick Wilson.

Huit ans après cette première série, Susannah Grant revient cette fois-ci sur Netflix pour sa deuxième création, « Unbelievable« , une mini-série en huit épisodes d’une cinquantaine de minutes chacun. Après le surnaturel, Susannah Grant a décidé de revenir avec quelque chose de plus ancré dans la réalité. Inspirée de faits réels, « Unbelievable » est une série qui suit trois femmes sur deux timelines, pour une enquête autour d’un violeur en série. Prenante, sombre, et très intéressante pour tout ce qu’elle dit du système policier américain, « Unbelievable » est de ces séries qu’on ne peut arrêter une fois commencée.

Lynnwood, état de Washington en 2008, Marie Adler, seize ans, a été violée. Or, pour quelques-uns, la jeune fille n’a pas « l’attitude » de quelqu’un qui vient de subir un tel traumatisme. Son attitude pousse alors à croire que la jeune fille ment. Après plusieurs interrogatoires et après avoir relevé des incohérences, Marie finit par dire qu’elle a menti, et que son viol n’est qu’une invention. Mais Marie ne mentait pas. À l’autre bout du pays, en 2011, l’inspecteur Karen Duvall enquête sur un viol qu’une jeune femme de vingt-trois ans a subi. Par un coup de chance, alors qu’elle parle de son affaire à son mari, ce dernier la dirige vers l’inspecteur Grace Rasumussen, qui travaille dans un district différent et qui elle aussi enquête sur un viol dont le mode opératoire est très proche…

Pour ce passage à la case série policière, on peut dire que Susannah Grant nous offre une série qui tient son intrigue jusqu’à son dernier épisode. Relatant une histoire vraie, « Unbelievable » est une série qui suit donc deux timelines différentes qui s’entremêlent parfaitement. Ainsi, dans une première timeline, la série nous invite à suivre le parcours chaotique d’une jeune femme que personne n’a voulu croire. Comment passer à autre chose quand l’injustice frappe plusieurs fois ? De ce côté-là, et comme pas mal de fois d’ailleurs, la série se place du point de vue de la victime, ce qui donne un axe tout autre de ce qu’on a l’habitude de voir, et par conséquent, ça donne un relief en plus à cette série.

Dans la deuxième timeline, Susannah Grant propose de suivre d’abord une enquêtrice, puis deux, qui vont, à force de travail, d’indices, et de coup de chance, arriver à réunir des affaires qui auraient eu très peu de chance d’être reliées les unes aux autres. De ce côté-là aussi, la série est particulièrement intéressante, car en plus de tenir une bonne enquête, « Unbelievable » pointe du doigt les dysfonctionnements internes du système, ou plutôt des systèmes de police américains. Souvent à peine croyable, notamment dans le manque de communication, « Unbelievable » tient en intérêt, car avec toute la richesse et l’engagement que peut avoir la série, elle intrigue, passionne et fait froid dans le dos. Susannah Grant a un tel souci du détail et donne une telle notion de réalisme à sa série (réalisme souligné par Lisa Cholodenko, Michael Dinner et Susannah Grant, pour la réalisation) qu’on est totalement immergé et au-delà de ça, chaque épisode appelle le suivant.

Si la série est aussi intéressante et passionnante c’est grâce à ce casting qu’a réuni Susannah Grant. Que ce soient les têtes d’affiches, Merritt Wever, Toni Collette, Kaitlyn Dever ou toutes les actrices et acteurs qui peuplent cette série pour lui donner du fond et de l’âme, tous sont exceptionnels de vérité. Toutefois, il faut mentionner un immense coup de cœur pour Danielle Macdonald, qui est bouleversante et incroyable.

Côté réalisation, ils sont trois à s’occuper des différents épisodes et franchement, c’est une belle réussite. Que soit du point de vue de l’esthétisme, de l’ambiance, des timelines qui s’entremêlent, ou encore du timing, tout est très bien tenu, très bien pensé, et très bien orchestré. C’est sombre et prenant, la série arrive toujours à « se renouveler » dans le sens où même vers la fin, quand on croit qu’elle n’a plus rien à ajouter, non seulement, elle ajoute quelque chose d’important, mais en plus de ça, ça prolonge cette histoire de manière évidente. On sera étonné, et même en admiration, qu’avec un sujet si dur et un angle d’attaque parfois si proche des victimes, « Unbelievable » réussit avec brio à éviter les pièges du pathos, du larmoyant ou encore du féminisme poussif.

En huit épisodes, Susannah Grant et toutes ses équipes nous livrent une excellente série, qui entre émotions, terreur et originalité, passionne de bout en bout. Excessivement bien mise en abîme, terrible dans son fond, tenue par d’excellents comédiens… Bref, « Unbelievable » est une réussite, et des séries de cette qualité-là, on en redemande.

Note : 16/20

Par Cinéted

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