janvier 19, 2021

Black Butterfly

De : Brian Goodman

Avec Antonio Banderas, Jonathan Rhys-Meyer, Piper Perabo, Abel Ferrara

Année: 2017

Pays: Etats-Unis

Genre: Thriller

Résumé:

Un homme invite chez lui un vagabond qu’il soupçonne d’être un tueur en série…

Avis:

Acteur américain, Brian Goodman a commencé sa carrière en 1998, après sa sortie de prison. Il était tombé pour trafic de drogue et c’est en prison qu’il a eu une révélation, celle de devenir acteur. Très vite, Brian Goodman s’est installé comme un second couteau solide. On aura vu sa tête chez Spielberg, Neil Jordan, Ted Demmes et dans une pelletée de séries. En 2008, Brian Goodman passe à la réalisation avec « Boston Streets« , un film qu’il a lui-même écrit. Emmené par Ethan Hawke et Mark Ruffalo, ce premier film s’avère un petit divertissement accrocheur. Après cette première réalisation, pendant près de dix ans, Brian Goodman va traîner sa tête de séries en séries, jusqu’à cette deuxième réalisation qui, comme sa première œuvre, sortira directement en DVD chez nous.

Parmi le nombre incalculable des direct to DVD qui sort chaque année, il y en a certains qu’on sent mieux que d’autres. Certains dont une jaquette, un synopsis, ou encore un casting, laisse ce sentiment que ce film-là mérite qu’on s’y arrête. Et c’est typiquement ce que j’ai ressenti à la découverte de « Black Butterfly« , et j’ai bien fait de m’y arrêter, car ce deuxième film pour Brian Goodman est une sacrée bonne surprise. Entre thriller et huis clos, tenu par d’excellents acteurs et surtout ayant le sens de la surprise, « Black Butterfly » m’a tenu en intrigue pendant toute sa durée, au point qu’il semble même trop court, c’est dire.

Paul Lopez est un écrivain qui peine à se refaire. Cela fait des années qu’il s’est retiré dans un chalet perdu au milieu de nulle part. Chalet qu’il essaie de vendre par ailleurs, histoire de changer de région et d’air, afin de, peut-être, retrouver l’inspiration. Un jour, après une altercation, il prend en stop un jeune homme du nom de Jack. Le jeune homme ayant aidé Paul quelques minutes plus tôt, ce dernier lui propose de passer la nuit chez lui afin de se reposer. Or, un tueur rode dans la région depuis quelques années et très vite, Paul va émettre des doutes sur son invité, qui se fait de plus en plus étrange et oppressant.

« Black Butterfly » est donc le deuxième film de Brian Goodman et ce qui fut très bien avec ce petit thriller, c’est qu’il a été au-delà de mes attentes.

Commençant comme un banal fait où l’on imagine très bien que l’un va séquestrer l’autre, Brian Goodman va livrer un film qui va être tout autre. « Black Butterfly« , c’est un huis clos malin, qui ne cesse de piquer notre attention. Brian Goodman prend le temps pour installer son ambiance, il prend le temps pour distiller le doute dans nos esprits, car dans un sens, on connaît le schéma de ces films et dès lors, plusieurs scénarios nous viennent en tête et c’est avec plaisir qu’on se laisse emmener et surtout qu’on se laisse « se faire avoir ». « Black Butterfly » surprendra devant la crédibilité de son script qui tient pourtant des rebondissements assez osés. C’est très plaisant de se laisser embarquer comme ça. J’irais même jusqu’à dire que c’est un film assez jouissif, car dès qu’on pense avoir cerner les personnages et le schéma, en quelques scènes, Brian Goodman nous dit clairement que c’est lui le maître de cette histoire et il en aura le dernier mot… ou presque, car malgré tout, avec ce final, je me plais à imaginer quelque chose d’autre, un peu comme si, dans un sens, ce final est solide, et dans l’autre, le réalisateur nous laisse libre d’imager ce qu’on a envie. Bref, c’est surprenant comme film.

Oscillant entre le thriller et le huis clos, Brian Goodman tient parfaitement son ambiance qui ne fait que se tendre au fur et à mesure du film. Pourtant, « Black Butterfly » demeure un film assez simple, voire même basique, mais il est si maitrisé par Goodman qui sait exactement quoi faire avec son histoire, que cette simplicité est d’une redoutable efficacité.

On appréciera aussi le côté déconnecté et le calme de sa première partie, tout comme le côté paranoïaque de la deuxième est très bien mené, jusqu’à ce final qui, comme je le disais, est assez osé.

« Black Butterfly« , c’est la confrontation entre deux acteurs excellents. D’un coup, on trouve un excellent Antonio Banderas, perdu en écrivain qui perd peu à peu le contrôle et de l’autre, un tout aussi excellent Jonathan Rhys-Meyers, mystérieux, intriguant et sur les nerfs. Reste une déception avec une Piper Perabo sous-exploitée. Franchement, on aurait pu mettre n’importe qui à sa place, que le résultat aurait été le même. A noter un petit rôle pour le réalisateur Abel Ferrara.

Etonnant et bien foutu, j’ai vraiment passé un bon moment devant ce petit film qui comme ça ne paye pas de mine et qui au final, est un bon huis clos. L’ambiance est tendue et intrigante comme il faut, l’intrigue tient sacrément la route et arrive sans mal à surprendre, et enfin ses acteurs sont au top. Franchement, je ne m’attendais pas à un résultat comme ça. « Black Butterfly » ne mérite pas son anonymat et au-delà de ça, je suis curieux d’un autre film signé Brian Goodman et celui-ci, je me le referais avec grand plaisir.

Note : 14/20

Par Cinéted

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