janvier 19, 2021

Bloodshot

De : Dave Wilson

Avec Vin Diesel, Eiza Gonzalez, Guy Pearce, Sam Heughan

Année : 2020

Pays : Etats-Unis

Genre : Action, Science-Fiction

Résumé :

Ray Garrison est un soldat tué en mission, et ramené à la vie par RST Corporations, l’entreprise qui l’a transformé en super-humain. Des nanotechnologies coulent désormais dans ses veines, ce qui le rend invincible. Il est plus fort que jamais et capable de guérir instantanément de ses blessures. Mais RST Corporation ne contrôle pas que son corps… Ils ont également la main sur son esprit et ses souvenirs. Ray ne peut distinguer ce qui est réel de ce qui ne l’est pas – mais sa mission est désormais de le découvrir.

Avis :

Les films de super-héros ont eu la belle vie avant l’épidémie. Entre Marvel et DC, on en a eu pour notre grade et on a bouffé du capé à toutes les sauces. On aurait pu croire que la pandémie allait nous permettre de se recentrer sur d’autres films, et 2020 est l’année sans aucun film Marvel. Une première depuis près de onze ans. Pour autant, les producteurs n’ont pu s’empêcher de fournir du super-héros, soit en salles avec des sorties timides, soit sur les plateformes de streaming. A l’image de Bloodshot, porté par Vin Diesel, produit par le responsable de Fast & Furious, et déboulant sur Pirme Video plutôt qu’au cinéma. Tout cela sent bon n’est-ce pas ? Surtout que Bloodshot est un super-héros méconnu du grand public, mélange de Wolverine et Punisher, mais qui va être édulcoré ici. Retour sur un échec cuisant annoncé.

Baboulinet pas content

Ray Garrison est un militaire qui est en mission en Afrique. Il dessoude quelques terroristes, puis rentre en Italie tirer un coup avec sa nana. Manque de bol, elle disparaît, il se fait agresser et fait face à un type qui tue sa femme sous ses yeux et le tue aussi. Il se réveille alors dans un centre d’expérimentation où son sang a été remplacé par des nanites. Il devient alors une véritable machine à tuer qui voue sa vie à la vengeance. Sauf qu’en fait, il se fait manipuler par le chef de la cellule d’expérimentation, qui manipule ses souvenirs pour assouvir une vengeance personnelle. Bref, Bloodshot est une vengeance dans un vengeance, et le tout va bien évidemment mal tourner.

Pitch basique et sans surprise, ce qui est le premier film de Dave Wilson est une purge qui n’a aucun sens, en plus d’être moche et avec des acteurs qui sont aussi investis que des condamnés à mort. Déjà, au niveau de l’intrigue, le film possède de fortes lacunes. S’il veut jouer sur le fait que l’on ne sait plus ce qui est vrai de ce qui est faux, le film sur-explique tout ce qu’il entreprend, prenant clairement son spectateur pour un imbécile. Mais au-delà de cette sorte de manipulation factice, le film ne raconte qu’une vengeance de la part d’un scientifique jaloux qui veut faire la peau à ses concurrents et ex-associés. C’est très faiblard et ne contient finalement aucun message derrière. Bloodshot ne se veut être qu’un divertissement bas de gamme, avec des bagarres et un Vin Diesel qui fracasse tout ce qui se trouve à portée.

Beignes en pixels

Si d’un point de vue scénaristique, on est dans du très médiocre, il en va de même au niveau de la mise en scène. Bloodshot est un conglomérat informe de CGI mal branlé et de plans qui ne riment à rien, empruntant les codes couleurs à Michael Bay. On baigne souvent dans le jaunâtre ou le vert quand il faut évoquer les souvenirs. Puis le film vire au bleu/gris pour les moments au présent et lorsque Baboulinet se transforme en machine de guerre. C’est triste comme c’est pas permis, et surtout, ça évoque à demi-mot un futur proche, avec des évolutions technologiques qui sont assez impressionnantes. Le film ne se situe jamais vraiment et ne fait quasiment rien de ces prouesses technologiques. Une femme qui respire mieux, un type qui a des jambes mécaniques, ou encore un aveugle qui voit à travers des caméras situées sur ses épaules, c’est faible.

Et les personnages sont infects. Non seulement ils ne sont pas travaillés, mais en plus de ça, ils n’ont aucun enjeu. Même les antagonistes ne le sont pas vraiment et on ne comprend pas trop leurs ambitions. Sam Heughan (Outlander) joue le méchant qui se veut badass mais il est aussi convaincant qu’un manchot dans le désert. Eiza Gonzalez est le side-kick sexy mais ne sert à rien. Quant à Guy Pearce, il est méchant parce qu’il faut bien un méchant. Bref, c’est totalement à côté de la plaque. Et que dire des effets spéciaux… Ils sont tout simplement catastrophiques. On fait face à un film qui accumule des années de retard et qui est déjà vieux avant l’heure. La séquence finale avec la baston dans l’ascenseur est absolument hideuse. La mise en scène se veut impressionnante, mais elle reste tellement vilaine que l’on dirait une cinématique de jeu vidéo.

Au final, il n’y a pas grand-chose à dire autour de ce film qui est d’une nullité crasse. Si les super-héros sont en pause en ce moment chez Marvel, on sent bien que le niveau ne suit pas vraiment chez la concurrence. D’autant plus qu’ici, on fait face à un personnage totalement incompris par les scénaristes. Bloodshot est un cas d’école. C’est un ratage à cause de producteurs qui veulent se faire du fric sur une nouvelle franchise. Mais c’est aussi un échec à cause d’un scénario indigeste, d’une origin story bâclée, d’une mise en scène sans âme et d’acteurs pas du tout investis. Bref, l’un des pires films de 2020.

Note : 05/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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