février 25, 2021

La Sainte Victoire

De : François Favrat

Avec Clovis Cornillac, Christian Clavier, Sami Bouajila, Vimala Pons

Année : 2009

Pays : France

Genre : Thriller, Drame

Résumé :

Xavier Alvarez est un petit architecte d’Aix-en-Provence en recherche perpétuelle de reconnaissance sociale. Il s’est fait tout seul et prospère, mais ne parvient pas à décrocher de gros marchés publics pour assouvir ses rêves de grandeur. Il décide donc de se lancer corps, âme et biens dans la campagne de Vincent Cluzel, le candidat outsider à la mairie, persuadé qu’il renverra l’ascenseur en cas de victoire. À force d’énergie et de ruse, il parvient à discréditer le favori et à faire élire son protégé. Mais leur amitié sincère, nouée dans la conquête du pouvoir, se heurte alors aux limites des intérêts et de l’ambition.

Avis :

Réalisateur français, François Favrat est un cinéaste qui a peu tourné. Il commence sa carrière en 2001 avec son seul court-métrage, « Mon meilleur amour« . D’emblée, le réalisateur séduit, et trois ans plus tard, il dirige son premier long-métrage, « Le rôle de sa vie » avec Agnès Jaoui, Karin Viard et Jonathan Zaccaï, pour un résultat plutôt sympathique, sans pour autant être un fabuleux moment de cinéma.

Cinq ans après ce premier film, François Favrat revenait dans les salles avec « La sainte victoire« , et le réalisateur changeait radicalement de cap, troquant la petite comédie qui se situait dans le monde des acteurs, pour un thriller politique accrocheur et tenu par d’excellents acteurs. Efficace, juste et surtout très intéressant pour ce qu’il raconte de la construction d’une campagne politique et d’une image politique, « La sainte victoire » est aussi l’occasion de voir un Christian Clavier étonnant pour l’une de ses dernières grandes compositions.

Xavier Alvarez est le genre d’homme qui s’est fait tout seul. Venant d’une cité de Marseille, venant d’en bas, Xavier est aujourd’hui à la tête d’une agence d’architecte qui fonctionne très bien. Pourtant, malgré tout, pour Xavier, sa réussite n’est pas complète. Pour être entièrement satisfait, il faudrait à ses yeux qu’il décroche un marché public et malgré les efforts et les très bons projets proposés, Xavier échoue tout le temps. Puis un jour, il voit une opportunité, alors que des élections pour la maison de sa ville sont en cours, il lui suffirait de se rapprocher du candidat opposé au maire actuel et de le faire élire.

Deuxième film pour François Favrat et assurément encore aujourd’hui, « La sainte victoire » se pose comme ce que le metteur en scène a fait de mieux (oui, par la suite, il a fait « Boomerang » avec Mélanie Laurent et Laurent Laffite en autre et c’est très décevant).

Thriller politique, « La sainte victoire » est un film qui se fait très intéressant, notamment parce qu’il est tenu par un excellent scénario. Écrit par François Favrat, « La sainte victoire » est un film qui tient plusieurs films en un seul. « Coupé » en plusieurs parties très distinctes, « La sainte victoire« , c’est tout d’abord la présentation d’un jeune plein de rêves. Un jeune qui va se donner les moyens pour réussir et à force de boulot, il va faire fonctionner l’ascenseur social. Le portrait que nous propose François Favrat est intéressant et assez loin des clichés habituels, ce qui fait du bien et surtout rend son film accrocheur d’emblée.

Par la suite, le réalisateur change de cap et fait « entrer » son personnage en politique. Loin du thriller politique qu’il va devenir, cette deuxième partie se fait encore meilleure que la première. Crédible et juste, cette plongée en plein cœur d’une campagne politique est vraiment prenante. François Favrat soulève beaucoup de sujets et peint toute une cour qui entoure le candidat député avec beaucoup de relief. Honnêteté, magouille, espoir, prise d’intérêt, non-dits, activisme, construction d’une image politique, jeu avec les médias… Bref le scénario est riche, et François Favrat rend le tout intéressant.

Puis enfin, peu à peu, le film vire au thriller et ce dernier acte, même s’il est parfois confus, n’en demeure pas moins prenant, intéressant et efficace. Si la conséquence des actes et les réactions en chaîne qui en découlent sont déjà vues, ça n’empêchera pas cette « … sainte victoire » d’être prenante jusqu’à son générique de fin. Surtout que François Favrat sait parfaitement conclure son film. Avec « La sainte victoire« , François Favrat tient là son meilleur scénario et il l’a vraiment bien mis en scène.

Si on pourrait reprocher un côté assez classique à l’ensemble, ce dernier reste bien maîtrisé par François Favrat. Le réalisateur ne brille pas par l’originalité qu’il n’injecte pas dans son œuvre, mais il tient cette « … sainte victoire » du début à la fin, rendant le tout particulièrement intéressant, lui insufflant suffisamment d’intérêt et de suspens pour nous tenir. On aime le portrait de cet homme, tout comme on aime cette plongée dans les coulisses d’une campagne politique. L’ensemble est efficace, et l’on ne voit pas l’heure quarante-cinq que François Favrat lui consacre.

« La sainte victoire« , c’est un film qui est très bien tenu par d’excellents d’acteurs, parmi lesquels on retrouve Sami Bouajila, Vimala Pons, Eric Berger, Valerie Benguigui, Michel Amont, Maryline Canto ou encore Marianne Denicourt. Tous sont excellents et apportent du relief à l’ensemble, mais il est clair que si le film fonctionne si bien, c’est grâce à ces deux acteurs principaux, qui brillent dans des rôles opposés. Ainsi, Clovis Cornillac est excellent en jeune qui a une soif folle de reconnaissance. Le personnage est plus complexe et intéressant qu’il n’en a l’air. Puis, il y a un Christian Clavier étonnant de justesse dans la peau d’un politicien bien loin de tous les clichés et les caricatures. Clavier en impose et tient là son dernier bon rôle, et c’est bien dommage, car ce rôle nous fait redécouvrir Clavier et il nous rappelle que bien dirigé, il est un grand acteur et on aimerait tellement le revoir ainsi.

« La sainte victoire » est donc un film aussi étonnant qu’intéressant. Arrivant avec un sujet qu’on connaît par cœur, n’essayant pas de réinventer le genre, François Favrat tient sa barre et malgré quelques petites faiblesses, sa « … sainte victoire » s’impose comme un bon film qui mérite bien plus de lumière. C’est intéressant, c’est prenant, et l’on passe un bon moment… Bref, cette « … sainte victoire« , c’est bien le meilleur film de son réalisateur.

Note : 14/20

Par Cinéted

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.