janvier 19, 2021

Alice in Borderland Saison 1

D’Après une Idée de : Shinsuke Sato

Avec Kento Yamazaki, Tao Tsuchiya, Nijiro Murakami, Yuki Morinaga

Pays : Japon

Nombre d’Episodes : 8

Genre : Horreur, Science-Fiction

Résumé :

Un jeune homme passionné de jeux vidéo se retrouve avec ses deux amis dans un Tokyo alternatif où ils doivent disputer de dangereuses parties pour survivre.

Avis :

Si on a l’habitude de voir des mangas se faire adapter en animé, il est plus rare de voir des mangas devenir des séries en live-action. Rebaptisé drama, ces adaptations sont pourtant de plus en plus nombreuses à traverser les frontières, notamment grâce aux plateformes de streaming. Si on peut critiquer la présence de ces plateformes qui détruisent un petit peu le marché physique (dvd, bluray), elles permettent une ouverture sur le monde qui n’existait pas avant. C’est un plus indéniable et cela met en avant de nouvelles cultures et de nouvelles histoires. La preuve encore avec Alice in Borderland, manga édité chez Delcourt et qui devient une série sur Netflix. Sorte de mélange incongru de Lost, Battle Royale et Saw, ce drama japonais en huit épisodes est une belle réussite. Pourquoi ?

On va jouer à un jeu

Le film débute avec Arisu, un jeune homme qui semble doué en géométrie, mais qui passe son temps à jouer aux jeux vidéo. De ce fait, il se fait virer de chez lui. Il contacte alors ses deux meilleurs amis et ils se retrouvent à Shibuya. Impliqués dans un accrochage, ils se planquent dans des toilettes pour échapper à la police. Après une coupure de courant, ils sortent de la cabine et se retrouvent dans un Shibuya vide. Après avoir cherché en vain du monde dans les rues, un écran s’illumine et invite les trois garçons à se rendre dans une arène pour un jeu. Ils comprennent alors qu’ils sont dans une sorte de réalité alternative où il faut participer à des jeux dangereux pour gagner des crédits de vie. Réussir une épreuve en quatre de cœur fait gagner quatre jours de vie sans avoir à participer à un jeu.

C’est à partir de ce pitch que va débuter la série. Une sorte de mélange étrange et enivrante entre un Saw pour les jeux sadiques, et un Battle Royale où bien souvent, c’est chacun sa gueule. La première épreuve met dans l’ambiance, avec des portes à ouvrir et si jamais les joueurs ouvrent la mauvaise, un rayon transperce leur crâne. Bien évidemment, la série va mettre en exergue des relations exacerbées entre les différents protagonistes. Tout d’abord entre Arisu et ses deux meilleurs amis, puis avec d’autres personnages rencontrés au fur et à mesure des jeux. On en apprendra d’ailleurs plus sur les types de jeu, sur les épreuves, et sur une mystérieuse communauté qui s’entraide constamment. Alice in Borderland est très riche, mais tient surtout la route grâce à un savant équilibre entre stress, action et moments tendus qui peut mettre en péril n’importe qui.

Tensions et rivalité

Cet équilibre, on le retrouve dans le rythme de la série. En effet, en huit épisodes, Shinsuke Sato nous tient tout le temps en alerte. Non seulement grâce à une jolie alternative qui commence avec un épisode, une épreuve, mais qui va s’étirer par la suite, surprenant dès l’épisode trois. Un épisode pivot qui va faire preuve d’audace et bien nous montrer que rien n’est acquis dans Alice in Borderland. La mort est à chaque tournant, à chaque épreuve, et personne n’est à l’abri. Les épreuves deviennent alors plus lourdes, la trame de fond s’épaissit et on va voir comment les participants s’entraident ou s’entre-déchirent. Car oui, le stress est constant et les personnages deviennent tous plus troubles au fur et à mesure du temps passé dans le jeu. Des personnages intéressants, qui ont du background et qui gagnent en force à chaque épisode.

En faisant cela, la série brasse de nombreuses thématiques. Si on retrouve le don de soi, l’amitié ou encore l’égoïsme quand il faut se sortir seul d’une épreuve, on aura aussi une multitude de thèmes sociétaux. Avec Alice in Borderland, il n’y a plus de nivellement social, puisque tout le monde est à la même enseigne, mais on retrouvera un semblant de société, avec ses dissensions, ses convoitises et ses confrontations. Les groupes armés forment une milice dissidente. Le chapelier tente de créer une utopie qui ne viendra jamais. Et certains vont tenter de vivoter dans leur coin et de profiter. Bref, une société se met en place et délivre finalement des thèmes universels et intéressants. On pourra y voir celui qui y trouve une deuxième chance, celui qui tient sa revanche sur la vie, ou encore celle qui mettra à profit ce qu’elle a appris dans le monde réel.

Des pièges et des hommes

Comme tout adaptation de manga en live-action, on va retrouver un jeu d’acteur qui est parfois un peu dans la démesure. Les sentiments sont décuplés, les phases de pleurs sont nombreuses et on aura droit à des scènes d’hystérie. Néanmoins, avec le contexte du jeu, cela peut aisément se comprendre et ne dérange point ici. D’autant plus que tous les acteurs sont bons. Les rôles sont bien distribués et il se dégage de chaque groupe une certaine osmose. Arisu et Usagi forment un duo qui se complète bien. Niragi joue un tyran à la perfection, cachant une douleur profonde et voulant en finir avec la vie. On retrouvera aussi des personnages plus atypiques, comme le bouc émissaire qui tient sa revanche et devient une ordure de première, ou encore celui qui n’a jamais percé dans la vraie vie et qui devient un tueur au sabre sans cette nouvelle société.

On pourrait croire que tout ce petit monde est en trop. D’autant plus si on ajoute la flic sexy, la transexuelle, le type mystérieux qui manipule ou encore le mystère sur les meneurs du jeu. Mais finalement, tout s’imbrique parfaitement pour former une série qui lorgne constamment vers le sensationnel sans en faire des caisses. On aura droit à un aspect gore aussi. La série ne se limite pas à quelques morts éparses, mais livre parfois un joli carnage, avec ce qu’il faut de fusillades, sévices et autres brûlures. Mais à chaque fois cela a un sens et interroge sur notre humanité. Sommes-nous prêts à tuer pour survivre ? Quelles sont nos limites pour vivre ? Derrière ses atours de série un peu horreur, un peu SF, Alice in Borderland est plus profonde qu’il n’y paraît.

Au final, Alice in Borderland est une excellente série. Bien loin des clichés des dramas japonais que l’on peut avoir, on fait face ici à une série qui sait ménager son suspens, distille des indices au fur et à mesure des épisodes, et dévoile des personnages intéressants aux backgrounds travaillés. Sorte de mélange bien dosé entre horreur, science-fiction et mystère, Alice in Borderland est la bonne surprise du moment, et on a hâte de voir une deuxième saison !

Note : 16/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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