décembre 1, 2020

Moby – Innocents

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Avis :

Difficile de se tailler une petite part dans la musique électro, surtout quand on essaye d’émerger actuellement, tant la place est prise par des pseudos pontes du genre. Néanmoins, Moby s’en fout un peu car Innocents est son onzième album et il s’éloigne très nettement de la concurrence, car son but n’est pas de faire de la musique qu’attend le public pour bouger son cul, mais plutôt de proposer des ambiances  et des sonorités travaillées. Son parcours et ses galères parlent d’elles-mêmes. L’arrière-arrière-arrière neveu de Herman Melville, l’auteur de Moby Dick, a bien galéré dans sa vie et a même commencé par du rock et du punk avant de se tourner vers la musique électro grâce à un matériel offert. Dormant dans des bouges dégueulasses, le compagnon de classe de Robert Downey Jr a connu des déboires avant le succès. C’est avec persévérance que le dj chauve a signé son premier contrat avec une maison de disque. Mais après moult changements de maison et de genre (il a fait aussi bien de l’ambient que du punk, désorientant ainsi ses fans), c’est en 1999 avec l’album Play que Moby connait la consécration. Toujours attendu au tournant, Innocents signe son retour deux ans après Destroyed. Alors que vaut cet album, Moby nous surprend-t-il encore ?

Bien évidemment, il est toujours intéressant d’écouter de la musique « ambiant ». C’est reposant et on trouve bien souvent des rythmiques agréables et novatrices. Et Moby s’était fait une spécialité là-dedans proposant toujours des mélodies à couper au cordeau et certaine technicité. Il faut dire que c’est surement l’un des seuls dj qui soit un tant soit peu musicien car il joue de la guitare ainsi que du clavier. Mais à force de tomber dans la musique ambiante, on risque de finir transparent, le genre de musique qui finit en fantôme derrière un diner. Et c’est ce qu’il se passe un peu avec Innocents. Après une écoute globale, on peut dire que l’album est assez réussi. Les mélodies sont très belles, il y a une réelle nostalgie qui se dégage du soft et c’est vraiment apaisant. Ainsi, Almost Home avec David Jurado est splendide, tout comme A Case for Shame avec Cold Specks. Mais le skeud possède un défaut majeur, il est toujours sur la même tonalité et le même rythme. Du coup, difficile de rester éveillé jusqu’au bout ou de rester concentré sur chaque titre dès la première écoute. C’est assez intelligent dans un sens car cela force à réécouter le skeud. Mais si on prend un titre comme Going Wrong, qui est très beau en soi, on se rend compte que l’on tourne en rond et que le but du musicien était juste de faire des belles mélodies sans pour autant prendre au dépourvu les auditeurs et les fans. Il en résulte quelque chose de mou du genou et qui fait presque office de musique d’ascenseur ce qui est dommage car au final, le skeud n’est pas raté. Il est juste impersonnel et froid.

Moby photo shoot, Sydney, Australia - 18 Sep 2013

Alors après le skeud n’est pas exempt de surprises comme en atteste le morceau The Perfect Life qui flirte bon avec le gospel et qui est un peu plus dynamique que tout le reste de l’album. The Last Day est typiquement dans la veine de ce que fait l’interprète, rappelant d’ailleurs ses précédents succès et ça fait plaisir à attendre. Don’t Love Me fait plus dans le jazz/soul mais malheureusement sans nous réveiller car le rythme reste très lent, très calme. On remarquera aussi aisément que les morceaux les plus lénifiants, ceux qui font partie de la discothèque idéale pour se coucher sont ceux où Moby est seul. Bizarrement, le fait d’amener d’autres interprètes semble aider l’inspiration ou tout du moins l’ingéniosité du dj. Alors c’est vrai que l’on est un peu mauvaise langue sur ce skeud, mais pourquoi faire un disque sur la même tonalité ? Pour qu’un album soit réussi, il faut de la variation, des morceaux calmes, mais aussi des morceaux énergiques, des ballades, des prises de risque. Et vraisemblablement, ce n’est pas ce qu’à fait ce bon vieux Moby.

Au final, Innocents, le dernier album de Moby n’est pas un mauvais album en soi et si vous attendez un skeud ambient et calme, alors vous serez heureux. Pour ceux qui en attendent davantage avec de la variation, il faudra passer son chemin. Continuellement sur un rythme mou et lent et surtout dans la même tonalité, l’album finit par endormir et ne possède pas de véritables moments marquants.

  1. Everything That Rises
  2. A Case For Shame feat Cold Specks
  3. Almost Home feat Damien Jurado
  4. Going Wrong
  5. The Perfect Life feat Wayne Coyne
  6. The Last Day feat Skylar Grey
  7. Don’t Love Me feat Inyang Bassey
  8. A Long Time
  9. Saints
  10. Tell Me feat Cold Specks
  11. The Lonely Night feat Mark Lanegan
  12. The Dogs

Note: 08/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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