février 25, 2021

Hunger Games – La Ballade du Serpent et de l’Oiseau Moqueur – Suzanne Collins

Auteure : Suzanne Collins

Editeur : Pocket

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Dévoré d’ambition
Poussé par la compétition
Il va découvrir que la soif de pouvoir a un prix
C’est le matin de la Moisson qui doit ouvrir la dixième édition annuelle des Hunger Games. Au Capitole, Coriolanus Snow, dix-huit ans, se prépare à devenir pour la première fois mentor aux Jeux. L’avenir de la maison Snow, qui a connu des jours meilleurs, est désormais suspendu aux maigres chances de Coriolanus. Il devra faire preuve de charme, d’astuce et d’inventivité pour faire gagner sa candidate.
Mais le sort s’acharne. Honte suprême, on lui a confié le plus misérable des tributs : une fille du district Douze. Leurs destins sont désormais liés. Chaque décision peut les conduire à la réussite ou à l’échec, au triomphe ou à la ruine.
Dans l’arène, ce sera un combat à mort.
Pour assouvir son ambition, Coriolanus parviendra-t-il à réprimer l’affection grandissante qu’il ressent pour sa candidate, condamnée d’avance ?

Avis :

Une certaine nostalgie

Lorsque l’on se plonge dans cette préquelle d’Hunger Games, les souvenirs de la trilogie originelle remontent d’un coup à la surface. S’installe alors une certaine nostalgie, qui nous transporte au sein de l’arène, aux côtés de Katniss et Peeta, le couple héroïque qui a réussi à survivre à pas moins de deux cessions terrifiantes ! Une trilogie mythique, magique, qui a su remettre au goût du jour les dystopies pour les jeunes publics.

Les passages les plus captivants de cette préquelle se trouvent inévitablement dans les chapitres mettant en scène un nouvel Hunger Games. Bien moins technologiques que ceux de la trilogie ou des films, bien moins suivis par la population de Panem, ces jeux restent néanmoins violents. Les morts des jeunes recrues donnent des frissons de dégoût, voire terrifient. Des visions dignes de cauchemars parcourent ces pages. Les instants dans l’arène apportent également un fort suspens. Qui sera le ou la gagnant.e ? Comment va-t-il ou elle remporter la victoire ? Le lecteur est littéralement happé par cet Hunger Games monstrueux, très bien écrit et rythmé à la perfection.

L’atmosphère de cette dystopie pour adolescents ne cesse de surprendre. Les jeunes personnages du Capitole font montre de mépris et de bassesse envers ceux des districts, les scientifiques fous prennent plaisir à torturer, et les plus riches ne perdent pas un instant pour assouvir leurs moindres désirs. Contrairement à la trilogie, toute la préquelle se déroule au Capitole, quelques dizaines années auparavant. Ce changement de point de vue et d’époque s’avère une réussite, tant pour les détails qui se recoupent, que pour l’atmosphère qui se dégage de ce livre.

Un héros ambigu

Le talent de l’auteure réside ici dans le choix et la construction complexe de son héros. Le personnage principal, anciennement le méchant de la trilogie, nous montre plusieurs facettes, dont certaines indubitablement positives et sympathiques. Bien que le lecteur finisse par s’y attacher, il ne reste pas dupe quant aux désirs et besoins primaires enfouis de Snow. La relation entre le lecteur et le héros reste ambiguë tout au long du récit.

De plus, les premiers chapitres dépeignent un environnement de guerre, une atmosphère bien sombre, faisant suite à la rébellion des districts. La famille Snow a souffert, certains de leurs membres ont été tués par les insurgés. Le lecteur se trouve ainsi attendri par la détresse et la peine d’un jeune Snow, affaibli par la perte des siens, ainsi que par l’effondrement radical de son niveau de vie. Il ne mange pas à sa faim, doit porter de vieux vêtements rapiécés, et ne pense qu’à l’argent qu’il ne possède plus. Le confort qu’il a perdu lui manque cruellement. Comment ne pas avoir pitié de lui dans ces circonstances ?

La musique

Cette préquelle contient nombre de passages musicaux. La chanson de l’arbre du pendu vous parle-t-elle ? Elle provient en fait des films. Pourtant, elle se trouve aussi dans ce roman. En fait, l’auteure se la réapproprie, la faisant ainsi entrer plus encore dans l’univers Hunger Games, lui donnant même une certaine légitimité littéraire. Une autre chanson, celle que Katniss a chantée à Rue avant qu’elle ne meure, toujours dans les films, réapparaît également dans cet ouvrage.

Suzanne Collins n’a pas tari d’éloge sur ces musiques géniales, qu’elle aurait aimé inventer elle-même pour ses histoires, et a désiré les associer à son œuvre de manière durable. Un coup de maître ! Surtout que la préquelle met en scène une héroïne musicienne, ce qui donne encore plus de crédit à cette action.

Les paroles des chansons cachent nombre de messages codés, ou ne sont que des passages poétiques assumés. Ils apportent des instants touchants et calmes à une histoire palpitante, et s’intègrent parfaitement à l’univers.

Déception

La dernière partie du roman traîne en longueur. Elle ennuie même, jusqu’à ce que l’on arrive aux toutes dernières pages où, de nouveau, un suspens prenant s’installe. Après des Hunger Games incroyables, la dernière partie s’avère terne et sans saveur. Le quotidien de Snow nous fatigue, même si quelques passages éveillent notre intérêt, comme celui où les soldats doivent surveiller les geais moqueurs, ces créations accidentelles étranges, ou ceux où certaines références à la trilogie pointent leur bout de leur nez.

La fin réanime heureusement notre intérêt pour cet univers génial, qui continuera aussi au cinéma, avec l’adaptation de cette préquelle.

Note : 14.5/20

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Par Lildrille

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