avril 16, 2021

Le Viager

De : Pierre Tchernia

Avec Michel Serrault, Pierre Tchernia, Claude Brasseur, Michel Galabru

Année : 1972

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Au début des années 30, condamné à terme par son médecin, un célibataire de 59 ans met en viager une propriété à Saint-Tropez. Mais il s’obstine à ne pas mourir, ce qui ne fait pas l’affaire de tout le monde…

Avis :

Pierre Tchernia, c’est Monsieur Cinéma. Il est l’un des pionniers de la télévision française. Animateur, créateur d’émission, on peut aisément dire que Pierre Tchernia est une légende de la télé. Amoureux de cinéma, évidemment qu’il a joué l’acteur, mais ici, ce qui nous intéresse, c’est qu’il fut aussi réalisateur. Certes, il a peu réalisé, quatre films entre les années 70 et 90, mais il est un réalisateur qui a connu le succès et ça, dès son premier film, qui a ramené plus de deux millions de spectateurs en salle et qui se pose aujourd’hui comme un film culte.

« Le viager » est donc cette comédie culte. Drôle, fou, intéressant dans sa façon de nous être raconté, plein de malices et de coups du sort, le premier film de Pierre Tchernia est un excellent moment de cinéma. Un moment de cinéma qui se fait aussi intéressant, car derrière les drôleries, ce « … viager » pointe du doigt avec une certaine intelligence toute la cruauté finalement de ce type d’achat. Le tout est tenu par des comédiens géniaux, écrits par un certain René Goscinny entre autres… Bref, cette idée qu’a eue Pierre Tchernia de se mettre à la réalisation est vraiment drôle et excellente.

Paris, 1930, Léon Galipeau est médecin généraliste, et parmi ses patients, il a Monsieur Martinet, un homme seul de cinquante-neuf ans qui a pour seul « fortune », une petite maison qu’il s’est achetée près de Saint-Tropez. Le Dr Galipeau étant persuadé que monsieur Martinet n’en a plus pour très longtemps, il convainc son beau-frère d’acheter la maison de Martinet en viager, le vieux en ayant pour moins de deux ans… Deux ans, disait-il…

Pour son premier film, Pierre Tchernia s’est associé à son ami René Goscinny et pendant près de deux ans, ils ont écrit ensemble le scénario de ce « … viager » en très grande partie dans un train entre Paris et Bruxelles, car les deux hommes se rendaient dans la capitale belge pour surveiller les avancés de l’animé « Lucky Luke« .

Ainsi, les deux hommes se sont imaginé une famille cupide, qui rachète une maison en viager à un vieil homme dans l’espoir que ce dernier casse sa pipe au plus vite. Or, ce dernier, comme on l’imagine, est bien plus coriace que ça. « Le viager« , c’est un film qui tient une idée aussi simple qu’elle est terrible et surtout qu’elle est drôle, et Pierre Tchernia nous offre un film redoutable.

Redoutable dans sa comédie dont l’écriture est finement menée. Tchernia et Goscinny nous amusent en permanence avec tous les coups tordus, les quiproquos, les traquenards et surtout, les coups du sort qui se retournent toujours contre la famille Galipeau.

Évidemment, chacun des membres va y passer et le vieil homme va survivre à ses débirentiers et si cette idée est courue d’avance, le plus intéressant et le plus drôle sera bel et bien de voir comment le coup du sort se retourne et « s’acharne » sur les Galipeau. Et la manière dont les deux scénaristes font partir les membres de la famille relève du génie, tant c’est bien vu, c’est fin et souvent hilarant. Puis derrière toute cette comédie, il faut dire aussi que Pierre Tchernia montre du doigt l’hypocrisie, et même la cruauté, d’un viager, le but étant tout de même l’espoir que le rentier casse sa pipe au plus vite, pour moins payer et quand on tombe sur une famille comme les Galipeau, certes, c’est drôle à l’écran, mais dans le fond, c’est aussi terrible et à travers la drôlerie, Pierre Tchernia dit certaines choses de notre société.

Pour revenir à cette drôlerie, on la trouve aussi grâce à l’excellence de ses acteurs et plus particulièrement chez les Galipeau. Franchement, entre Michel Galabru excellentissime en médecin cupide, Rosy Varte qui n’a qu’une envie, c’est que le vieil homme parte au plus vite, Jean-Pierre Darras, Madeleine Clervanne ou encore Claude Brasseur, prêt à venger toute sa famille, Tchernia a réuni de quoi nous éclater. Et que dire de Michel Serrault en vieil homme gentil, attachant et surtout increvable !

Si « Le viager » se fait divertissant et très drôle, c’est aussi un film qui va se faire très étonnant dans sa mise en scène. Pierre Tchernia se révèle être un réalisateur bourré d’idées, et ça, on le découvre dès son générique d’introduction, qui est, il faut bien le dire, assez fou. Et alors que ça n’aurait pu être qu’un détail tape à l’œil pour entrer dans son film, Pierre Tchernia ne va cesser d’innover, de créer, de tenir son rythme, et entre surprises et petit spectacle, ce « … viager » réussit parfaitement son coup.

Quelle bonne idée a donc eu Pierre Tchernia de s’essayer à la réalisation. Et même s’il faut quand même le dire, l’ensemble a pris un petit coup de vieux, son « … viager » reste une adorable et tordante comédie. Drôle, populaire, intéressante sur son fond, et divertissante en permanence, nous offrant un joli bouquet garni de quiproquos, de méchanceté, de désespoir, d’impatience, de traquenards et autres dénonciations calomnieuses. Bref, comme dirait Léon Galipeau, « Fais-moi confiance ! »…

Note : 14/20

Par Cinéted

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