janvier 19, 2021

Cello

Titre Original : Cello hongmijoo Ilga Salinsagan

De : Lee Woo-Cheol

Avec Seong Hyeon-a, Da-An Park, Ho-Bin Jeong, Jin Woo

Année: 2005

Pays: Corée du Sud

Genre: Horreur

Résumé:

Après un terrible accident de voiture, une brillante violoniste tente d’oublier la mort de son amie. Mais les souvenirs les plus douloureux refont surface peu à peu. D’événements étranges en scènes sordides, un esprit surnaturel et sadique va lui faire vivre l’enfer…

Avis:

A la fin des années 90, le cinéma d’horreur japonais va venir s’exporter en France pour nous ébranler un petit peu. Hideo Nakata va créer un petit bouleversement avec Ring et son horreur rampante. Du coup, les producteurs ont rapidement senti le filon doré et entre la distribution de films asiatiques et des remakes américains, on va bouffer du yurei à toutes les sauces. Et si certains films deviendront des licences à part entière (Ring ou The Grudge), d’autres auront des sorts plus discrets, à l’image de Cello, sorti en 2005 mais qui ne sortira pas dans les salles obscures. La raison est toute simple, il s’agit du premier film de Lee Woo-Cheol, c’est sud-coréen et pas japonais, et à cette époque, le genre commence un peu à s’essouffler. Pour autant, est-ce que cela signifie que le film est mauvais? Non.

C’est l’horreur

Comme bien des films d’horreur asiatiques, on démarre ici avec un drame. Une violoncelliste va avoir un accident de voiture relativement grave qui va coûter la vie à son amie. Alors qu’elle se remet de son drame, une élève la menace suite à de mauvaises notes. Dès lors, des évènements paranormaux se produisent et tout le monde semble péter un câble dans la baraque. Entre la petite fille autiste, le mari tout le temps au travail, la belle-sœur qui vit mal sa séparation ou encore la gouvernante mutique, il y a de quoi frémir. Le pitch de base de Cello rejoint bon nombre de ses confrères. C’est-à-dire un drame, une situation familiale étrange et un fantôme qui vient jouer les trouble-fête. Tout cela dans l’espoir de rétablir une vérité concernant le personnage principal. On se doute bien que pour être hantée, elle a dû faire quelque chose de mal.

Et si on ressent une véritable intention de faire peur en insistant sur cette famille dysfonctionnelle, le métrage va mettre beaucoup trop de temps à s’installer. Le réalisateur souhaite vraiment nous partager le quotidien de cette maison, avec les deux petites filles totalement différentes, avec des relations factices et parfois étranges ou forcées. Si cela permet de rentrer dans cette famille pour mieux craindre par la suite, force est de constater que cela ne marche pas vraiment. La faute à des personnages mal écrits qui remplissent des cases préétablies. On sent la belle-sœur constamment borderline et très enfantine. On voit le père qui se préoccupe de peu de choses. On va aussi deviner les aspects paranormaux de la fille autiste ou encore de la gouvernante qui a vécu un drame. Tout cela est trop appuyé pour marcher pleinement. Et c’est sans compter sur un twist qui ne fonctionne qu’à moitié.

Cello fâne

Car on ne va pas se leurrer, le retournement de Cello manque cruellement d’intensité et de recherche. On se doute tout le temps que ce fantôme est là pour une bonne raison et le twist ne surprendra pas les rompus au cinéma de genre. Si peut saluer l’intention, le réalisateur n’arrive pas vraiment à tenir son suspens, tout du moins dans son histoire. Tout comme il a du mal à tenir l’intérêt de certains de ses personnages. Prenons par exemple la fille aînée de la famille qui est autiste. Au final, elle ne sert à rien dans l’intrigue, si ce n’est à demander un violoncelle maudit et à récupérer une cassette qui fait transpirer sa mère. Et c’est un peu cela avec tous les personnages. Ils manquent d’épaisseur et d’intérêt au sein de l’histoire. Ils sont là pour rajouter de la consistance à la trame principale et à la fin du film (qui se termine en jeu de massacre), mais c’est tout.

Et le film n’est pas constant sur sa gestion de la peur. Le metteur en scène souhaite faire monter la pression petit à petit. Dès le début, on va avoir droit à de petites apparitions, des distorsions d’images et de temps. Cela va créer un climat anxiogène qui trouvera son point d’orgue à la toute fin du film, dans une joyeuse tuerie. Et tout le monde y passera, des adultes aux enfants. Et si cette fin est délectable, car elle est bien faite et trouve tout son sens avec le scénario, elle va être démontée par un deuxième twist qui, pour le coup, ne servira pas à grand-chose. Les éléments horrifiques s’enchainent sans pour autant parvenir à nous toucher. La faute à des personnages pénibles ou sans envergure. J’en veux pour preuve avec cette héroïne qui est une belle saloperie quand on a tous les éléments en main pour comprendre le scénario.

L’autre défaut de ce film, même s’il est mineur, provient de sa mise en scène. C’est assez sobre, mais c’est presque trop sobre. Il n’y a pas d’effets de lumière, pas de plans vraiment marquants, si ce n’est le tout dernier, et rien n’impacte vraiment la rétine. D’un côté, cette sobriété sert à inclure cette horreur dans un quotidien banal, mais d’un autre côté, elle n’apporte pas une ambiance prégnante et glaçante. On retrouvera même des tics de réalisation un peu kitsch, à l’image de cette pluie qui tombe au moment de la mort d’un personnage. Ou encore le coup de la cave bien sombre où il va se passer quelques malheurs. Même les acteurs semblent peu investis dans leurs rôles, évitant le surjeu et les réactions disproportionnées, mais restant sur un encéphalogramme plat.

Au final, Cello est un film plutôt intéressant dans son pitch et dans sa manière de l’aborder. On va y trouver tous les poncifs du film de yurei, avec le fameux fantôme aux cheveux noirs et longs, mais cela est contrebalancé par une volonté de bien faire. Si on sent le manque de budget au sein de la mise en scène, on ne peut nier les efforts pour faire monter la pression au fur et à mesure. En bref, Cello est un film imparfait, mais qui reste honnête et qui tente des choses, quitte à parfois se louper.

Note: 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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