janvier 19, 2021

AC/DC – Power Up

Avis :

Qui aurait pu prédire que les australiens les plus connus du monde reviendraient sur le devant de la scène en 2020 ? Et c’est pourtant le cas, AC/DC revient, six après son précédent album, Rock or Bust. Un retour surprenant, puisque le groupe était en hiatus, avec les problèmes de surdité de Brian Johnson et le départ du bassiste Cliff Williams avec la tournée du précédent album. De plus, le groupe était dans une passe complexe avec le décès de George Young, et trois semaines plus tard de Malcolm Young, un vilain coup pour Angus qui, malgré cela va trouver l’inspiration, et une sorte de rédemption à jouer de bons gros riffs. Il le dit lui-même, Power Up est né d’un hommage voulu à son frère, comme Back to Black l’était pour Bon Scott. Du coup, Power Up, dix-septième effort du groupe qui a le plus influencé la culture pop, vaut-il vraiment le coup, ou faut-il que les australiens prennent leur retraite ?

Parce qu’il faut bien le dire, la moyenne d’âge du groupe frôle les 70 piges, avec un Brian Johnson qui a soufflé ses 73 bougies en Octobre. Et autant le dire tout de suite, avoir une telle pêche à cet âge, c’est tout simplement incroyable. Le groupe débute d’ailleurs son album avec Realize, qui pourrait faire penser à du Thunderstruck dans la structure et la mélodie. Entrainant, pêchu, le groupe ne fait pas dans la nouveauté, mais offre un pur concentré de Hard Rock comme l’aime. Et c’est d’ailleurs ce sentiment qui va prévaloir, à savoir une absence de prise de risque, mais un bonheur communicatif à chaque écoute. Un plaisir que l’on aura à chaque fois que retentira Rejection, avec ses élans bluesy dans ses chœurs ou encore avec ce solo final qui rappelle de belles années. Les australiens n’ont rien perdu de leur feeling et de leur groove.

Et parmi les bonnes pistes assez nerveuses, on retrouvera Shot in the Dark. Simple mais redoutable d’efficacité, le morceau reprend tout ce qui fait le sel d’AC/DC, avec un démarrage assez calme, allant chercher des références dans le blues, pour mieux faire monter la sauce par la suite. Encore une fois, le groupe fait ce qu’il sait faire de mieux, ne surprend pas, mais communique une belle énergie. On aura aussi cela dans Witch’s Spell qui donne immédiatement envie de bouger sa tête grâce à une mélodie ultra efficace qui rentre très vite en tête. Il en sera de même avec Demon Fire qui lorgne vers un bon gros Hard Rock ricain qui sent le sable et la chaleur du désert. Dégraissé au maximum, le morceau est catchy à souhait, bien véloce comme il faut, et il sera bien difficile de ne pas remuer sur ce titre. Bien évidemment, on ne peut passer à côté de Money Shot, classique mais imparable, ou encore Code Red, qui clôture l’album de la plus belle des façons, avec un riff qui évoque Back to Black.

Après, tout n’est pas parfait dans ce nouvel opus. Si on se réjouira d’une énergie communicatrice et d’un respect éternel face à ces monstres de scène, certains morceaux sont un peu en dessous. Notamment après les trois premières pistes. Through the Mists of Time s’octroie un petit mid-tempo qui dénote de l’ensemble, et qui pourrait presque faire penser à du Bruce Springsteen. La comparaison est flatteuse, mais pour du AC/DC, on est un peu hors-sujet. Après, le titre fonctionne très bien sur son refrain. On peut aussi parler de Kick When You’re Down, un bon morceau, plutôt rigolo, mais qui manque de nerf et peut se voir plus comme un morceau de Southern Rock que comme un vrai titre Hard. Alors oui, cela amène de la variété à cet album, mais ils leur manquent un petit truc en plus pour vraiment marquer. Il en va de même avec Wild Reputation, très sympathique, mais ça s’arrêtera là. Et No Man’s Land suit ces traces, c’est-à-dire un morceau tout à fait honorable, mais qui ne reste pas en tête.

Au final, Power Up, le dernier album d’AC/DC, même s’il n’est pas parfait, reste un excellent moment qui démontre que le groupe n’est pas encore mort et qu’il en a sous la pédale. Produire un tel disque à plus de 70 balais, ça force le respect et montre que les australiens sont tout simplement des légendes vivantes. Classique mais efficace, AC/DC n’a plus rien à prouver et délivre une bonne galette, à l’ancienne, qui fait un bien fou en 2020.

  • Realize
  • Rejection
  • Shot in the Dark
  • Through the Mists of Time
  • Kick When You’re Down
  • Witch’s Spell
  • Demon Fire
  • Wild Reputation
  • No Man’s Land
  • Systems Down
  • Money Shot
  • Code Red

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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