janvier 19, 2021

Une Vie Inachevée

Titre Original : An Unfinished Life

De : Lasse Hallström

Avec Robert Redford, Morgan Freeman, Jennifer Lopez, Josh Lucas

Année: 2006

Pays: Etats-Unis, Allemagne

Genre : Drame

Résumé :

Le Wyoming, de nos jours. Fermier à la retraite, Einar Gilkyson est un homme endurci qui a tiré un trait sur son passé. Encore affecté par la mort de son fils unique, survenue dix ans plus tôt, il a laissé son ranch, tout comme son mariage, partir à vau-l’eau. Il n’a désormais d’estime que pour son vieil ami et employé Mitch, grièvement blessé par un grizzli.
Alors qu’Einar compte bien finir ses jours reclus dans la solitude et la tristesse, sa belle-fille Jean, qu’il tient pour responsable de la mort de son fils, arrive en ville sans un sou. Fuyant son petit ami, la jeune femme est accompagnée par Griff, âgée de 11 ans, qu’elle affirme être la propre petite-fille d’Einar – et dont il ignorait l’existence. Du jour au lendemain, Einar voit sa vie paisible bouleversée et les vieilles rancœurs refaire surface…

Avis :

Réalisateur suédois, après une jolie carrière dans son pays, comme beaucoup d’autres Lasse Hallström a succombé aux sirènes de l’Amérique et son cinéma. Si pour beaucoup de réalisateurs l’aventure s’est révélée décevante, et après un ou deux films, ils sont repartis, Lasse Hallström à lui très bien su trouver sa place dans le paysage. Filmant une Amérique pleine d’humanité, le metteur en scène nous livre depuis une vingtaine d’années maintenant de jolis morceaux de cinéma, comme « Gilbert Grape« , « Amour et mensonge« , « Chocolat« , « L’Œuvre de Dieu, la part du Diable  » ou encore « Terre neuve« .

D’ailleurs « Terre Neuve« , sublime film sur le pardon, était le précédent métrage du réalisateur et trois ans après nous avoir beaucoup touchés, Lasse Hallström déplace sa caméra, l’emmenant de l’île de Terre Neuve au Wyoming, pour y filmer là encore une jolie histoire sur le pardon. Pudeur, émotion et humanité vont être de rigueur, mais si « Une vie inachevée » est un joli film, et si de surcroit, on passe un joli moment de cinéma, il est vrai aussi qu’il sonne quelque peu comme une redite de « Terre Neuve« . Certes, l’histoire et les personnages ne sont pas les mêmes et pourtant, on ne peut s’empêcher d’y penser et on lui préférera alors « Terre Neuve« .

Jean vient de quitter son petit ami qui est un homme violent. Ne sachant où aller avec sa fille d’une dizaine d’années, elle prend une décision qu’elle n’aurait pas pensé possible, celle de retourner dans le Wyoming, demander de l’aide à son ex-beau-père, le temps de se retourner. Or, Einar hait Jean, car elle est responsable de la mort de son fils, et cela fait une dizaine d’années que l’homme vit reclus dans la souffrance, avec pour seul confident, son meilleur ami et voisin, Mitch, un vieil handicapé, lacéré par un grizzly voilà quelques années. D’ordinaire, Einar n’aurait même pas accepté Jean chez lui, mais il ne savait pas qu’il était grand-père et ça change bien des choses…

La vie est douce dans le cinéma américain de Lasse Hallström et c’est ce que j’apprécie avec l’auteur suédois. Certes, la vie est peuplée de drames, de souffrances, d’épreuves, mais le réalisateur a une façon de filmer l’Amérique et plus largement ses personnages, qui fait qu’il y a une sorte d’humanité très vraie qui s’échappe de ses films et cette « … vie inachevée » n’échappe pas à cette règle.

« Une vie inachevée » est un film qui s’enfonce dans l’analyse du pardon. Comment vivre et pardonner à celle qu’on tient comme responsable et comment se pardonner un accident qui a coûté la vie à l’être aimé ? En une heure quarante, c’est le sujet que va explorer en long en large et en travers Lasse Hallström. Jouant la carte de la simplicité, ne tirant jamais dans le tire-larmes ou la note de trop, le réalisateur suédois va suivre la reconstruction de chacun de ses personnages avec une sorte de vérité à fleur de peau. La construction de ses personnages est jolie et au-delà de ça, elle est solide et logique. Certes, c’est assez simple et prévisible dans l’ensemble, mais en même temps, nous n’aurions pas voulu autre chose. Ainsi au gré des disputes, des découvertes et des acceptations, on se surprend à sourire et être touché par ce que le réalisateur nous raconte, notamment en ce qui concerne le pardon de ce père et grand-père, ou encore ce moment où le personnage de Jean peut comprendre la colère et la tristesse de ce grand-père, au détour d’une simple conversation. On sera aussi touché par tout ce qui tourne autour de la relation d’amitié entre les personnages tenu par Robert Redford et Morgan Freeman. D’ailleurs, il faut dire que les deux comédiens sont très bons dans ces deux rôles, tout comme Jennifer Lopez qui est touchante, ou encore les personnages secondaires comme Camryn Manheim ou Josh Lucas et bien entendu, la petite Becca Gardner, qui est merveilleuse.

« Une vie inachevée » est aussi un joli film visuellement parlant. C’est un film assez dépaysant que nous offre là le réalisateur. Lasse Hallström profite de ces grands espaces qui entourent ses personnages et sait très bien les employer. Ainsi, le réalisateur nous offre un joli drame assez intime quand il resserre sa caméra sur ses personnages, tout en nous offrant un dépaysement qui nous évade le temps d’un joli film.

Après, comme je le disais plus haut, « Une vie inachevée » est un film qui fait penser à « Terre Neuve« , les deux métrages ayant beaucoup d’éléments en commun, le pardon, la reconstruction de personnages, des rencontres qui bouleversent une vie, le rapport à la perte d’un être aimé, ou encore les grands espaces ou plutôt la nature toujours omniprésente et le fait de faire deux films coup sur coup avec toutes ses thématiques en commun, donne un sentiment de redite et plus largement, ça amène assez peu de surprise, et même si l’on passe un joli moment devant cette « … vie inachevée« , on aurait une tendance à lui préférer « Terre Neuve« , ne serait-ce que pour l’émotion peut-être plus présente, puis la découverte et l’évasion dans ce lieu quasiment jamais filmé.

Bref, quoi qu’il en soit, malgré un petit manque de surprise, « Une vie inachevée » demeure un joli film et un joli moment de cinéma. Simple, tendre et beau, Lasse Hallström nous livre encore une fois un beau portrait d’une Amérique dont on parle peu et au-delà de ça, il nous touche encore une fois, alors que demander de plus ?

Note : 13/20

Par Cinéted

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