janvier 19, 2021

Jingle Jangle – Un Noël Enchanté

Titre Original : Jingle Jangle – A Christmas Journey

De: David E. Talbert

Avec Forest Whitaker, Keegan-Michael Key, Madalen Mills, Hugh Bonneville

Année: 2020

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie, Fantastique

Résumé :

Jeronicus Jangle est un grand inventeur et fabricant de jouets mais il a perdu toute confiance en lui et dans ses inventions. Une seconde chance s’offre à lui ; une nouvelle invention magique. Sa petite-fille doit venir le voir durant les vacances de Noël. Jeronicus va tout mettre en œuvre afin que sa nouvelle création fonctionne pour l’arrivée de cette dernière.

Avis :

C’est désormais une habitude, la plateforme de streaming Netflix propose à chaque Noël des films produits pour les fêtes de fin d’année. En plus d’un catalogue blindé de téléfilms à la guimauve où les sapins colorés deviennent omniprésents, le service s’amuse à fournir son lot de métrages avec des budgets plus ou moins conséquents et des castings plus ou moins alléchants. Et avant de retrouver Chris Columbus et Kurt Russell pour Les Chroniques de Noël 2, la plateforme propose Jingle Jangle – Un Noël Enchanté avec Forest Whitaker. S’éloignant des films sirupeux à l’eau de sucre d’orge, le film signé David E. Talbert promettait un univers steampunk agréable, avec une quête enfantine plutôt plaisante. Mais est-ce vraiment le cas ? Pas vraiment, et quand on regarde la carrière, encore toute fraîche du réalisateur, on comprend aisément pourquoi.

  • La course au jouet

Dès le départ, le film nous place dans l’atelier magique de Jeronicus Jangle, inventeur de jouets génial et inspiré. Alors qu’il reçoit, le jour de Noël, une formule magique qui donne vie aux jouets qu’il fabrique, il se fait tout voler par son apprenti. Se murant alors dans un silence morbide et perdant sa femme au passage, il ne devient plus que l’ombre de lui-même durant des années. Jusqu’à ce que sa petite-fille arrive, possédant le même don que lui, et lui redonnant foi en sa création. Tout l’univers de ce film faisait envie. Un joli casting avec un rôle un peu à contre-emploi pour Forest Whitaker, des décors steampunk superbes, et une histoire magique qui s’installe pile poil dans la magie de Noël, tout était réuni pour passer un bon moment. Et le constat est beaucoup moins joyeux.

Il faut dire que le scénario se traine vite en longueur. Durant deux heures, le métrage n’arrive pas à maintenir son suspens ou son intérêt. Cela provient tout simplement de la simplicité du scénario et de son manque d’aventures et de tension. Ici, on va juste suivre une jeune fille qui retrouve son grand-père et qui tente de lui redonner du mojo pour créer de nouveaux jouets. Malheureusement, entre une longue introduction maladroite, des interludes en images de synthèse qui veulent faire passer ça pour des bonhommes en bois, ou encore une seule séquence qui bouge un peu, on restera très vite sur notre faim avec ce film. Il n’y a pas de tension, très peu d’émotions, et surtout, on va rester de marbre face à un univers qui n’est pas du tout exploité, le film semblant sclérosé autour d’un seul et unique décor. Vendu comme une grosse production Netflix, on verra vite les limites d’un budget qui gravite autour d’une simple place.

  • Et la magie dans tout ça

Le film se veut magique et il tente d’en imposer avec ses effets spéciaux. Notamment lorsque les inventeurs de génie cherchent des formules pour stabiliser leurs jouets. On retrouvera aussi un peu de magie en la présence d’un robot qui va permettre aux humains de voler. Cependant, derrière cette « magie », il y a juste de la technologie et le film n’arrive jamais à se défaire d’une ambiance plus mécanique que fantaisiste. Alors oui, on est dans un film Steampunk et qui se doit d’explorer les mécaniques, sauf que c’est très factice et qu’hormis imposer une petite ambiance, cela ne sert quasiment jamais le film. Pire, il s’engonce dans un délire visuel cracra dès qu’il faut se rendre chez le grand méchant, où la couleur verte prédomine au sein d’un décor factice mal fichu. Et c’est bien là toute la dichotomie de Jingle Jangle, qui tente de proposer un film enchanteur mais qui n’est pas fichu d’instaurer une ambiance un peu magique.

Ajoutons à cela une empathie aux abonnées absentes. Pourquoi ? Tout simplement parce que les thématiques ont déjà été vues mille fois dans d’autres films, et qu’en plus de cela, elles sont sous-exploitées. Le coup de la petite-fille qui redonne de l’espoir à son grand-père, et qui va permettre à sa fille de revenir renouer des liens, cela est très attendu et le film n’arrive pas à rendre cela attendrissant. La faute à des personnages qui semblent aussi inexistants que la magie du métrage. Le grand-père timide et mutique, maladroit dans ses relations humaines, n’est pas touchant. Il ne possède pas un background très intéressant, et Forest Whitaker ne lui donne pas une épaisseur intéressant. D’ailleurs, l’acteur n’a jamais été aussi peu investi dans un film. Il est mille fois plus touchant en deux minutes dans le clip « In the Dark » de Bring me the Horizon…

Mais ce n’est pas le seul personnage qui manque d’identité. Journey, la petite fille, malgré la joie qu’elle dégage, n’arrive pas à nous émouvoir. Son histoire n’est ni triste ni exaltante, elle n’est là que pour une fonction bien précise, redonner foi à son grand-père. L’actrice joue plutôt bien, mais elle est à l’image du film, factice. Et que dire de Michael-Keegan Key, qui joue un grand méchant et qui en fait des caisses et des caisses. Il cabotine sans arrêt, conférant un aspect cartoon à son personnage dans un décor qui dénote avec le reste du film. Là aussi, on n’éprouvera aucun attachement à ce personnage, ni même de l’animosité. On vrai, on s’en foutra joyeusement. Et il en va de même avec certains personnages secondaires inutiles, comme la factrice envahissante ou encore le petit garçon couard qui veut devenir inventeur.

  • Noël à bas prix

Enfin, ce qu’il faut savoir avec Jingle Jangle – Un Noël Enchanteur, c’est qu’il s’agit aussi d’une comédie musicale. De ce fait, il y a des tableaux avec des chants. Il y en a trois ou quatre, pas plus, dans le film, mais ces tableaux sont longs et surtout, n’apportent rien l’intrigue. Ils sont juste là pour appuyer les sentiments des personnages, comme la joie de Jeronicus au début du film quand il reçoit la formule magique. Les chants sont sirupeux au possible, et les tableaux ne sont pas forcément beaux, le réalisateur préférant par exemple filmer à plusieurs reprises un type qui fait des pirouettes plutôt que de faire un plan aérien d’ensemble. Mais aussi, le film peut se targuer d’avoir des idées nanardesques en son sein. Le coup du robot qui parle et qui fonctionne à la joie, faisant voler les gens autour de lui, est d’une ringardise rarement atteinte. On pourrait croire à une vieille comédie de Noël produite par The Asylum. D’autant plus que les effets sont relativement moches.

Et pour terminer sur un mauvais point (un de plus), il y a des incohérences temporelles au sein du film. Car si on ne sait pas vraiment à quelle époque évolue le film, on devine au détour d’une lettre, l’année 1880, et cela correspond au visuel voulu pour le film, avec quelques assertions steampunk. Sauf que durant une des chansons, on nous parle de… Lady Gaga. Une preuve que le film n’a pas été fait avec sérieux et qu’il ne souhaite qu’une chose, faire de l’argent sur les fêtes de Noël, et s’assurer une maximum de vues sur la plateforme. Oui, c’est peu de chose, mais c’est un détail agaçant.

Au final, Jingle Jangle – Un Noël Enchanteur est un film de Noël qui avait des ambitions mais se plante généreusement à cause d’un aspect lisse et totalement factice. Les émotions sont absentes du métrage, la faute à des personnages peu empathiques et à une histoire qui traine en longueur et qui parfois sombre dans des délires nanars imbuvables. Qui aurait pu croire que Forest Whitaker tombe dans ce genre de film ? En bref, un film très moyen, voire carrément décevant, qui possédait pourtant un joli cachet, mais qui n’en fait rien…

Note : 08/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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