janvier 19, 2021

Il y a un Robot dans le Jardin – Deborah Install

Auteure : Déborah Install

Editeur : J’ai Lu

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Dans un monde où acquérir un androïde fonctionnel est devenu tout à fait possible, Ben est peut-être en train de laisser passer le train de sa vie. Vivant sur l’héritage de ses parents, il regarde, impuissant, sa femme avocate s’éloigner de lui. Loser ?
Mais, un matin, Ben trouve un robot dans son jardin. Un adorable petit machin de ferraille qui, assis dans l’herbe, contemplant des chevaux, éprouve toutes les peines du monde à expliquer ce qu’il fabrique ici.  » Débarrasse-nous de ce truc !  » exige sa femme en substance.
Contre toute attente, Ben s’embarque alors avec Tang dans une quête à travers tout le pays afin de ramener le robot à son propriétaire. Tendre et malicieux, drôle et manipulateur, Tang apprend vite. Et si, sous le vernis écaillé de l’intelligence artificielle, se cachait un vrai cœur ? Et si, au bout du chemin, Ben trouvait bien plus que ce qu’il pensait chercher ?

Avis :

Lorsque l’on termine Il y a un robot dans le jardin, d’agréables sensations nous traversent. Les personnages attachants, accompagnés d’une histoire émouvante, nous offrent une lecture plaisante, toute en douceur, poésie, et réflexions sur un futur proche sombre, où les androïdes prennent de plus en plus le monopole de toutes les activités humaines. Univers déjà vu et revu, mais une histoire unique en son genre.

Contrairement à d’autres romans sur ce thème, l’auteure s’accapare ici le point de vue d’un robot non moins intelligent, mais qui a tout à jalouser aux androïdes, notamment concernant son apparence. Pari risqué et pourtant très efficace : le lecteur s’attache vite à ce robot étrange qui, de prime abord, nous procurait plutôt de la pitié. Pas à pas, il se dévoile, s’ouvre à nous ; son secret de fabrication devient alors le mystère que le lecteur souhaite à tout prix découvrir, tout comme l’autre personnage principal, Ben l’humain.

Ce suspense nous tient les trois quarts du roman. Le dernier quart nous absorbe par d’autres biais. D’ailleurs, le roman aurait pu se terminer avant ces chapitres, sans que cela ne soit gênant. L’auteure ne nous offre pas seulement une enquête ! Elle nous partage avant tout des instants de vie simples, des tranches de vie de famille somme toute banales, qui nous transportent. Il y a un robot dans le jardin dépeint certes un futur saisissant, utile pour critiquer notre propre société, mais s’intéresse davantage aux états d’âme et réflexions de ce qui nous définit, de ce qui nous rattache au genre humain. Bien malgré lui, le robot de ce roman ressemble plus à un humain qu’à un androïde.

Mixte étrange entre passé, à cause d’un drôle assemblage de ferrailles peu élégant, et futur, le robot, qui se prénomme lui-même Tang, ne finit pas de nous étonner et de nous faire rire. Rapidement, il apparaît comme un enfant : il boude, s’excite vite, parle mal, râle à tout bout de champ, craint la solitude, et ressent un énorme besoin d’amour.

Le duo Tang/Ben forme une alliance improbable. Ils ne se comprennent pas et mettent du temps à s’apprécier. Ben, qui ne se sentait pas capable d’être père, se voit s’occuper d’un robot-enfant difficile, qui lui mène la vie dure. Exigeant, manipulateur, et sournois, Tang ne démérite pas pour obtenir ce qu’il souhaite. Voyages après voyages, découvertes après découvertes, ils se découvrent d’abord eux-mêmes, pour finir par former une véritable famille.

Le duo voyage en Amérique puis au Japon, en passant sur des îles paradisiaques. Les décors sont magnifiquement mis en scène ; les personnalités sur place, sans cliché, mettent en scène des détails culturels qui nous plongent complètement dans ces différentes atmosphères. En plus de ces escapades, nos héros s’intéressent aux avancées technologiques de la robotique et de l’intelligence artificielle. Les théories scientifiques mises en avant s’avèrent prenantes et au goût du jour. Bien que l’idée de l’intelligence artificielle reste clairement fantasmée dans ce roman, cela ne gêne pas. Le tout reste cohérent et prenant.

Les chapitres courts, les dialogues vivaces, les descriptions succinctes et énergiques, s’enchaînent avec souplesse, de sorte que l’on ne voit pas le temps passer. Les pages défilent, notre attachement se déploie, et le mystère de la naissance de Tang nous tend les bras. Son grand secret comble nos espoirs ; la révélation s’accompagne de rebondissements et d’actions géniales, qui clôturent le cycle de Tang avec satisfaction.

L’histoire ne s’encombre pas de passages à rallonge, de scènes sans intérêt. Chaque passage apporte son lot de réflexions sur Ben, Tang, la robotique ou l’humanité. Le roman ne contient que peu d’actions, préférant s’intéresser aux ressentis des personnages, et à leurs voyages intérieurs et initiatiques. L’auteure sait parfaitement nous contenter avec ce genre de scènes magiques, pleines d’émotions ou, au contraire, emplies d’images tragiquement sombres sur un futur qui nous dépasse.

Il y a un robot dans le jardin constitue un roman de science-fiction émouvant, qui nous partage rêves et évasions, sentiments et sensations, tout en pointant du doigt les inquiétudes d’une part de la population concernant un futur trop machiniste, où les androïdes détiendraient une place omniprésente. La relation père-fils se voit également portée en images, tout comme la recherche presque éternelle de la personne que l’on est véritablement à l’intérieur, ou de notre place dans l’univers.

Note : 20/20

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Par Lildrille

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