janvier 19, 2021

Les Enfants de d’Hara T.03 – Le Désert des Supplices – Terry Goodkind

Auteur : Terry Goodkind

Editeur : Bragelonne

Genre : Fantasy

Résumé :

Traqués par la Déesse d’Or, capable de les espionner à travers les yeux de tous les résidents du Palais du Peuple – excepté les détenteurs du don -, Richard et Kahlan décident de partir pour la Forteresse du Sorcier. Là-bas, en Aydindril, ils pourront compter sur l’aide des Soeurs de la Lumière et sur les défenses surnaturelles de l’ancien fief de Zedd – car la menace des Carnassiers de la Haine est plus présente que jamais.

Hélas, même les plans les mieux conçus comportent des failles. Enceinte de jumeaux, Kahlan ne pourra voyager dans la sliph : ni elle ni les bébés à venir n’y survivraient. Une impasse mortelle pour le Sourcier et la Mère Inquisitrice ?

Avis :

Le 17 septembre 2020, un grand auteur de fantaisie mourrait, laissant derrière lui de nombreux fans meurtris. Auteur célèbre de multiples best-seller, notamment avec sa saga L’épée de vérité, Terry Goodkind avait enchanté des millions de lecteurs à travers le monde. Perdus sans leurs héros mythiques Richard Rahl et Kahlan Amnell, les fans avaient réclamé une suite, et l’auteur avait répondu à l’appel. La série Les enfants de d’Hara vit alors le jour, et se terminera au tome numéro cinq, que l’auteur a pu terminer avant de rejoindre le Gardien du royaume des morts. Cette chronique, outre le fait de donner un avis sur le tome trois de cette saga, rend également hommage à un homme incroyable et à un auteur non moins exceptionnel, qui aura marqué la fantaisie à sa manière, et qui restera dans le cœur de ses fans à tout jamais.

Le désert des supplices nous plonge dans le quotidien terrible des Mord-Siths, ces femmes impitoyables à l’éducation violente, dévouées à leur seigneur. L’auteur nous avait caché cette facette de leur apprentissage. Contrairement aux deux autres tomes, qui mettaient en scène de nouveaux magiciens et ennemis, ce livre nous étonne par ses singulières révélations, concernant un univers que l’on pensait connaître mais qui ne cesse de nous surprendre. L’auteur se renouvelle et nous accroche encore plus profondément à son monde.

Le désert des supplices nous rappelle également à quel point le système de magie créé par Terry Goodkind, s’avère complexe. Le personnage de Richard Rahl se lance dans des explications géniales, laissant tous ses camarades de route pantois. Le raisonnement du jeune homme, ses réflexions et ses mimiques nous font sourire. Un fan de la première heure se rappellera les instants intenses de L’épée de vérité, durant lesquels Richard soliloquait, alors seulement compris, quoique, par son grand-père extravagant Zeddicus Zu’l Zorander.

Intelligent, courageux, téméraire et juste, Richard Rahl reste le héros typique d’heroic-fantasy que l’on adore suivre, et qui nous émeut. Il trouve toujours les bons mots d’encouragement, les bonnes paroles de consolation et les expressions idéales pour pardonner et avancer. L’un des passages du roman les plus extraordinaires le met en scène : ses pouvoirs font des ravages, tuant et brisant nombre d’ennemis. Terry Goodkind chante la magie, la poétise et la rend encore plus sublime qu’elle ne l’est déjà. Le lecteur est littéralement happé par la scène grandiose et épique qui se joue devant ses yeux déjà conquis. Ces pages distribuent du divertissement à l’état pur.

Ce tome trois traîne quelque peu en longueur, notamment dans ses scènes d’action qui s’enchaînent à tour de rôle. Kahlan en fait les frais, et survit à une terrible chute qui aurait dû la tuer. Terry Goodkind s’amuse à exagérer les traits de ses personnages, les rendant toujours plus beaux et plus forts, et capables de vaincre tous les dangers qui croisent leur chemin. La Mère Inquisitrice nous éblouit par sa force de caractère, sa détermination et son courage. Avec Richard, ils forment décidément un couple héroïque de haut vol, que la Déesse d’Or combat en vain. Alors que Kahlan peine à rester à la surface d’une eau noire et puante, emplie d’insectes répugnants, le lecteur s’inquiète et panique avec elle, en proie à des visions dégoûtantes. La scène dure, dure et dure encore, jusqu’à ce que son mari vienne enfin la délivrer.

La scène finale n’épargne pas les lecteurs. Violence, sang à perte de vue, torture, hurlements, menaces, monstres… Tous les éléments se réunissent pour former une vision d’horreur, et nous donner envie de lire la suite. Comme à son habitude, l’auteur nous promet de belles aventures et clôt son histoire avec panache. L’intrigue principale avance lentement dans ce tome. Cet aparté fait tout de même plaisir, et nous rapproche des Mord-Siths, souvent reléguées en arrière-plan. Le nouvel ennemi fait écho à une figure du passé redoutée : il nous rappelle le diabolique seigneur Darken Rahl, le père de Richard, qui régnait sans partage avant d’être assassiné par son fils. Le désert des supplices rend également hommage au Palais du Peuple, un bâtiment extraordinaire à l’architecture riche et variée, et aux grands pouvoirs insoupçonnés.

Le désert des supplices constitue un labyrinthe magique complexe. Méfiez-vous des surprises cachées derrière chaque porte, et des monstres invisibles attirés par vos dons…

Note : 18/20

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Par Lildrille

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