septembre 28, 2020

Drive

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De : Nicolas Winding Refn

Avec Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston, Ron Perlman

Année: 2011

Pays: Etats-Unis

Genre : Thriller/Action

Résumé:

Un jeune homme solitaire, « The Driver », conduit le jour à Hollywood pour le cinéma en tant que cascadeur et la nuit pour des truands. Ultra professionnel et peu bavard, il a son propre code de conduite. Jamais il n’a pris part aux crimes de ses employeurs autrement qu’en conduisant – et au volant, il est le meilleur !
Shannon, le manager qui lui décroche tous ses contrats, propose à Bernie Rose, un malfrat notoire, d’investir dans un véhicule pour que son poulain puisse affronter les circuits de stock-car professionnels. Celui-ci accepte mais impose son associé, Nino, dans le projet.
C’est alors que la route du pilote croise celle d’Irène et de son jeune fils. Pour la première fois de sa vie, il n’est plus seul.
Lorsque le mari d’Irène sort de prison et se retrouve enrôlé de force dans un braquage pour s’acquitter d’une dette, il décide pourtant de lui venir en aide. L’expédition tourne mal…
Doublé par ses commanditaires, et obsédé par les risques qui pèsent sur Irène, il n’a dès lors pas d’autre alternative que de les traquer un à un…

Avis :

Il ya des réalisateurs qui se font souvent remarquer dès le début de leur carrière. Je pense par exemple à Darren Aronofsky, avec des films intimistes, mais qui ont toujours quelque chose à raconter, à démontrer. Nicolas Winding Refn, le réalisateur de Drive fait partie de cette génération de surdoué de la caméra et dont la plupart des films, s’ils n’ont pas fait un carton au box-office, ont su convaincre les critiques et les spectateurs. Remarqué pour sa trilogie Pusher qui se déroule en milieu carcéral, le réalisateur enchaîne avec Valhalla, le guerrier silencieux puis sort Drive, un film que l’on n’attend pas vraiment au tournant. Sauf que la rumeur sur le talent de Winding Refn lui colle à la colle, et le scénario plus qu’alléchant promet un grand moment. Et là, c’est la claque, la grosse baffe dans la gueule qui laisse une marque pendant un long moment. En effet, Drive, c’est une tuerie, un film qui se regarde avec le souffle coupé, un film sans emballage, sans fioritures, et qui fait passer un moment inoubliable. Alors pourquoi un tel succès ? Comment le film fait-il pour happer le spectateur ? Accrochez votre ceinture, on démarre fort !

Le scénario de Drive est assez simple en soi, et ce n’est pas forcément ce qui va le plus marquer les esprits. Pour la petite histoire, on va suivre un homme qui est cascadeur et garagiste le jour, mais travaille pour la mafia la nuit, se contentant d’être conducteur et de faire uniquement ce job sans poser de questions. Conducteur émérite, son producteur veut le faire conduire dans des courses de stock-cars professionnelles. Il demande l’aide d’un mafieux local pour subventionner la voiture. Entre-temps, notre héros tombe sous le charme de sa voisine dont le mari est en prison. Lorsque le mari revient, des liens d’amitié se créent, mais le mari en question doit faire un dernier boulot pour avoir la vie tranquille, faire un braquage. Bien évidemment ce braquage se passe mal et l’homme est tué. Sauf que les mafieux menace de s’en prendre à la femme et à son fils. Amoureux et surtout loyal, notre héros va traquer ses malfrats et leur faire payer les uns après les autres. Quand on regarde le pitch, on pense être tombé sur un film d’action lambda où ça va aller vite et défourailler dans tous les sens. Mais ce n’est pas le cas ! En effet, le réalisateur installe une sorte de faux rythme dans le film et on lieu d’entre prendre plein la gueule tout le temps, on va être complètement absorbé par cette histoire, par tous ces personnages et on va prendre de temps à autre une grosse gifle sur la tronche. Volontairement lent pour balancer plus de scènes chocs, le film possède une ambiance monstrueuse, presque crépusculaire qui laisse le spectateur béat devant son écran. D’ailleurs, le film ne s’embête pas avec des fioritures ou des histoires d’à coté, on va droit au but, on montre des personnages fébriles, au bord de la rupture, dans un contexte angoissant et vraiment réaliste. Et c’est là que le film est très fort, c’est que malgré ce rythme lancinant, on ne s’ennuie jamais et on reste concentré. Le film est d’ailleurs très avare en dialogues, ne se concentrant que sur l’essentiel, et laissant ainsi exploser le talent de Winding Refn sur des plans d’une magnificence  incroyable. Tous les plans sont d’une beauté incroyable, les phases les plus belles sont aussi les plus pures, côtoyant des scènes d’une violence inouïe et crédible. Bref, on est vraiment devant un chef d’œuvre. La bande originale, de l’électro lounge signé Kavinsky, est juste sublime, donnant un air planant au métrage, mystifiant cette histoire si terre à terre, et montrant aussi un personnage central énigmatique, borderline, mais vraiment attachant. Bref, que ce soit par son histoire ou encore par son ambiance, Drive marque le coup et donne un grand coup de balai aux autres productions de ce genre.

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Quand je vous dis que tous les plans sont sublimés !

Mais que serait le film avec des acteurs médiocres ? Pas grand-chose et il faut dire que le metteur en scène sait manier les comédiens. Bien évidemment, on va s’arrêter cinq minutes que la référence du film, la révélation de l’année, Ryan Gosling. Déjà vu dans plusieurs métrages pas dénués d’intérêt, dont La Faille où il donne la réplique à Anthony Hopkins, Ryan Gosling livre tout son talent dans Drive. Ne parlant presque pas, affichant un joli minois qui ferait presque bander un hétérosexuel, il incarne parfaitement son rôle, cette espèce de personnage mystérieux, presque mystique, qui semble intouchable et qui pourtant éprouve des sentiments. Ne parlant presque pas, l’acteur crève l’écran et donne une prestation sans faille, alternant colère (la scène de l’ascenseur est juste énorme), sérénité et bonheur (le magnifique passage dans les canaux géant avec sa voisine et son fils). Bien évidemment, il fallait quelqu’un de tout aussi mystérieux pour être à ses côtés, et Carey Mulligan entre parfaitement dans son rôle de femme discrète. Simple, d’une beauté naturelle, disant très peu de chose, elle forme avec Gosling le couple parfait pour ce film. La scène du baiser dans l’ascenseur est juste un grand moment du film. On retrouve aussi Bryan Cranston, le père de Malcolm et monsieur Breaking Bad, dans le rôle du producteur. Un rôle qui lui va à ravir et qu’il endosse avec un naturel incroyable. Enfin, on pourra applaudir la prestation de Ron Perlman en salaud de première, avec sa tronche simiesque. Un rôle qui lui va comme un gant et dans lequel il prend un pied terrible. Bref, on peut dire que le casting director est parfait. L’autre point marquant du film, c’est que l’aspect action n’est pas si marqué que cela. Bien sûr, il y a des scènes chocs, comme la bagarre dans l’ascenseur, mais finalement, le film est assez avare en fusillades. Mais quand il y en a une, elle défouraille sec, comme celle dans le motel. Les scènes sont crues, réalistes, et font parfois froid dans le dos. La fin reste, à l’image du film, lente, triste et surtout réaliste, presque poignante.

Au final, Drive est une tuerie visuelle, une claque cinématographique comme on en voit que trop rarement. Visuellement splendide, se délestant de tout le superflu, le film va droit au but tout en instaurant une ambiance mélancolique. Drive, c’est un peu un hymne à l’amour du septième art par un réalisateur à part et qui promet de belles choses. Bref, si vous n’avez pas encore vu ce film, jetez vous dessus et laissez vous porter par cette histoire.

Note : 19/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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