novembre 30, 2020

Final Storm

Titre Original : The Final Storm

De : Uwe Boll

Avec Steve Bacic, Lauren Holly, Luke Perry, Cole Heppell

Année: 2010

Pays: Canada, Allemagne

Genre: Thriller

Résumé:

Silas prend la fuite face à une tempête dévastatrice et trouve refuge dans la ferme de Tom et Gillian. Le trio va devoir affronter une catastrophe météorologique de taille…

Avis:

Quand on évoque le cinéma, on évoque bien évidemment les grands réalisateurs qui ont marqué cet art. Steven Spielberg, James Cameron, David Fincher, pour les plus récents, mais on pourrait remonter à bien plus loin, voire même aux prémices du cinéma avec Georges Méliès ou Frank Capra. Bref, en règle générale, on aime le cinéma pour ses bons films. Mais il existe une tranche obscure du cinoche, celle des nanars, des navets et des mauvais réalisateurs. Ceux qui se complaisent dans une fange malodorante et qui, malgré tous les efforts du monde, n’arrivent pas à faire ne serait-ce qu’un bon film. Si on pense immédiatement à Ed Wood, il ne faut pas oublier ce bon vieux teuton d’Uwe Boll. Incapable de fournir un seul bon film de toute sa carrière, insinuant constamment du mauvais goût et des réflexions bas du front, le réalisateur a préféré jeter l’éponge.

Cependant, on peut tout de même imputer à l’auteur quelques titres plutôt plaisants. On pense bien sûr à Rampage – Sniper en Liberté qui, malgré un mauvais goût assumé, plongeait le spectateur dans les déviances d’un tueur de masse en colère contre le système. On peut aussi citer Final Storm, qui nous préoccupe aujourd’hui. Vendu comme un film catastrophe avec une tornade qui signerait la fin de la planète, le métrage d’Uwe Boll n’est pas vraiment cela. Le réalisateur allemand nous sert plutôt un thriller confidentiel, à hauteur d’homme, où un type mystérieux va s’intégrer dans une famille et semer la discorde alors que le monde semble aller à vau l’eau. Bref, un thriller banal sur fond de mysticisme et même si ça ne vole pas bien haut, cela reste le haut du panier pour sa cinéaste.

Comme un ouragan

Le pitch du film est relativement simple et il démontre à quel point son marketing est mensonger. Une grosse tempête fait rage. La famille Grady se retrouve coupée du monde dans sa ferme. Surgit alors un homme malade et fatigué dans leur jardin que la famille accueille et soigne. A son réveil, l’homme, étrange et manipulateur, va se sentir très vite à l’aise au sein de cette famille, au point de rendre jaloux le mari. Voilà le point de départ du métrage qui ne promet rien d’autre qu’un thriller en quasi huis-clos à la fin d’une tempête monumentale. Il faut bien comprendre qu’ici, nous ne sommes pas en présence d’un film catastrophe comme le laisse sous-entendre la jaquette ou le synopsis. On va y voir une famille qui va perdre ses repères, la faute à un homme mystérieux et à un monde qui semble partir en eau de boudin.

Et c’est bien là tout le problème du film. Si à la rigueur on peut exclure la promesse d’un métrage qui ne viendra jamais, il sera difficile de ne pas y voir les grosses ficelles d’un scénario bâclé et fainéant. Le script joue énormément sur cette arrivée qui va semer la discorde au sein d’un couple déjà fragile. Les éléments de réponse viendront au compte-goutte et les vicissitudes du mari vont refaire surface, comme une énorme propension à la boisson. Uwe Boll va tenter de faire jouer des coudes les deux hommes, avec au milieu une femme qui ne sait plus où donner de la tête. Doit-elle faire confiance à cet homme qu’elle trouve attirant? Ou bien doit-elle rester fidèle à son homme, alcoolique et ultra protecteur? Une dichotomie qui sera mise en avant mais de façon vulgaire et sans une once de finesse. La pauvre Lauren Holly ne sera à quel saint se vouer et nous d’attendre que le temps passe.

Le Fin est Proche

Bien évidemment, production relativement fauchée, Uwe Boll va se contenter de filmer les mêmes décors de façon redondante et de placer son intrigue dans une petite maison familiale au milieu des chants. Néanmoins, cela montre l’intelligence du réalisateur de ne pas viser plus haut que son cul et de tenter de faire monter la pression à grands coups de testostérone pour couper un arbre ou aller chercher des victuailles. Mais, encore une fois, le cinéaste allemand n’arrive pas à se défaire de ses tics maladroits et de resservir des moments gênants et des passages relativement ennuyeux. Le coup de Lauren Holly qui rentre dans la salle de bains avec un Luke Perry à poil, tout ça pour discuter avec le mari qui rentre à ce moment-là, c’est d’une grande tristesse.

Il en va de même avec le côté enquête, qui ne mène qu’à un combat final discutable et bien trop soudain. La sauce n’a pas vraiment le temps de prendre. Pour autant, le film a quelques idées qui ne sont pas désagréables. L’exploration de la ville pour faire le plein de nourriture est plutôt plaisante. On y retrouve tous les poncifs du genre, avec son lot de rednecks et de moments un peu angoissants. Même si ça reste une production au ras des pâquerettes au niveau du budget, Uwe Boll s’en sort plutôt bien. On peut aussi évoquer le combat final qui, même s’il reste téléphoné et parfois maladroit, essaye de faire les choses correctement. Et une fois n’est pas coutume avec ce réalisateur. On y retrouve de la tension, de l’action et c’est plutôt pas mal.

Ça fait mal de dire ça sur un Uwe Boll, mais c’est la vérité. Alors oui, le film est perclus de défauts, mais il faut avouer que c’est moins pire que ce à quoi on peut s’attendre, surtout venant d’un réalisateur à la carrière comme celle-là. Par contre, il y a une chose qui semble immuable chez Uwe Boll, c’est la direction des acteurs. Ils sont catastrophiques. Si l’atout est la présence de Luke Perry, celui-ci surjoue à mort et semble peu concerné par tout ce qui arrive. Pire, il est aussi crédible qu’une huître dans les phases d’action et le final montre tout son non potentiel, jusque dans les petits cris de douleur qu’il pousse. On nous sort aussi la carte Steve Bacic qui joue les gros bras en en faisant des caisses. Puis Lauren Holly fait les gros yeux sans jamais faire grand-chose. Bref, c’est la loose.

Au final, Final Storm est un film qui pourrait sembler complètement raté si l’on ne connaissait pas le nom du réalisateur qui est derrière le projet. Uwe Boll, grand habitué des navets ayant raccroché les gants depuis un bon moment maintenant, signe là un film clairement pas bon, mais qui a de bons atouts et se révèle moins pire que prévu. Mensonger sur son côté marketing, mal fichu dans sa narration et tout pété sur son scénario, le film arrive tout de même à se rendre sympathique sur certains moments. Reste la toute fin, d’un mauvais goût total, qui démontre que malgré tout, Uwe Boll reste fidèle à son image.

Note: 08/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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